ACTE DErXIÉMF. G
THÉODORE
G lie comme un pinson ! ... En y réfléchissant même, trop gaie!... Je lui ai servi depèro, je l'aime comme une enfant, et pas la moindre émotion en me revoyant... Elle pensait à autre chose... Et puis des bizarreries... (se frappant le front.) Tiens!... j'ai trouvé ! . . .
HEXPtI.
La raison de ces étrangelés?
THÉODORE
Oui. (Grave.ncnt.) Mon chcf, je demande à être parrain.
HENUI, gène.
Vous n'y êtes pas... Hélas, non!...
THÉODORE
Diable!... alors je ne sais plus... Non, réellement, je ne sais plus... ou plutôt, si, je sais, mais cela ne se peut pas.
HENRI
Qu'est-ce qui ne se peut pas?
THÉODORE
Vous ne l'avez donc pas regardée?
HENRI
Tout le temps!
THÉODORE
Pas possible!... Et rien ne vous a frappé, vous, gaillard expérimenté? Vous n'avez pas vu ses yeux,
06 LA FliilHANTE
ses terribles yeux qui m'empêchaient de la reconnaître quand je suis entré? Si Françoise était votie fiancée, rien qu'à la voir, je dirais : a Ne les laissez pas seuls »... Si Françoise était votre compagne depuis dix ans, je penserais : — « Gare à lui !... » Mais en pleine lune de miel... Oue croire?...
iiENiir.
Ainsi, Françoise a la mine d'une femme bonne à surprendre.
THÉODORE
Ne me faites donc pas dire ce que je ne dis pas... Vous êtes au comble du bonheur, hors des impatiences, loin des regrets... En toute autre circonstance, ma foi, oui, la mine de Françoise voudrait dire : « Je succombe, il me tient, prends-moi!... »
HENRI, retenant à peine un cri de joie.
Ah!.,. Cher monsieur, vous avez le regard perçant!
THÉODORE
Appelez-moi donc votre oncle!... Le regard perçant?... Oui, mon neveu?... Et maintenant, si nous changions de conversation. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, entre parents, j'éprouve une véritable gêne à constater certaines choses. Quand cela m'arrive, je me mets k radoter. C'est ce qui vient d'avoir lieu dans mon saisissement de retrouver Françoise toute autre... tandis que le contraire serait étonnant... Pourquoi riez-vous?