‹ La figurante, comédie en trois actes (volume 2)Chapitre 61 sur 80 · SCENE IX IIEMII, HÉLÈNE, FRANÇOISE · texte numérisé non relu

SCENE IX IIEMII, HÉLÈNE, FRANÇOISE

FR.\Xi;0[SE, avec beaucoup de bonne grâce.

Je suis confuse, ma tante... Si vous aviez vu ma chevelure ébourillée, vous me pardonneriez...

H K L È X li .

Ebouriffée, toi Françoise!... Je ne reconnais plus mi nièce !...

FR.VXÇOrSK, avec un soupir.

Elle est bien changée, allez !...

En si peu de temps?

FR.VXOOISE.

Ilélas! oui... Oii est l'existence paisible que je menais chez vous? Mes frisons étaient irréprochables et je ne molestais personne. Aujourd'hui, j'ennuie le gouvernemsnt et ne puis plus discipliner ma crinière... Le uKmde renversé.

ACïli DEUXIÈME 93

HÉLÈNE

Ta crinière, c'est un petit mallienr ! Muant augouvernement, pourquoi le harceler? Henri, j'avais précisément une communicatioa à vous faire de la part de Guillerand.

HENUI, vivoMicut.

Vous avez vu (iuillerand?...

HÉLÈNE

Ce matin même.

HEXKI,

Et vous savez?...

FRANÇOISE, souriant.

Chull... Laissez parler ma tante.

HÉLÈNE, avec iniportanr^e, à Henri.

Je sais qu'il est tout surpris de l'hostilité dont vous poursuivez le ministère. Tant mieux que l'occasion se présente de le dire devant toi, Françoise... Tu viens de t'exprimer avec une légèreté qui serait coupable, si tu n'étais pis si jeune... On ne fait pas de l'opposition pour le plaisir d'ennuyer le gouvernement... C'est un jeu dangereux... (iuillerand est très alfecté... 11 ne comprend pas quel aveuglement vous pousse, cher Henri, à renverser des hommes (pii représententsibien vos idées... D'ailleurs ils'est jilaint sans amertume... Crand admirateur de votre talent, il gémit de le voir au service d'une mauvaise cause !

94 LA FIliURANTE

lIliNUT, souriant.

C'est tout?

HKLKXE.

(Jiic faut-il donc (le plus pour vous ouvrir les yeux?

FUAXÇOISE.

Alors, vous conseille/ à Henri de reprendre ses anciennes traditions de sagesse?

HÉLÈNE

Hardiment 1

FHANÇOISE.

Sans conditions?

HÉLÈNE, avec emphase.

Un homme de sa valeur ne pose pas de conditions. Il attend... certain qu'on sera trop heureux de se ranger tôt ou tard sous sa bannière.

FRAN'i.'.orSE, d'un ton délibéré.

Je ne suis pas de cet avis.

HÉLÈNE, sècliemont.

Tu es libre.

FRANÇOISE

Plus la valeur d'un homme est grande, moins iï doit tolérer qu'on la néglige.

HÉLÈNE, ironique.

Cette maxime est le fruit de ta longue expérience ?

FRANÇOISE, avec une grâce moqueuse.

J'ai le plaisir de vous annoncer que depuis un

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