‹ La figurante: comédie en trois actesChapitre 120 sur 198 · ALICE, THÉRÈSE, ANNA · texte numérisé non relu

ALICE, THÉRÈSE, ANNA

ANNA, à Thérèse.

De très fortes!... Madame de Raon sort de chez moi!... Quand vous vous y mettez, ma petite Thérèse!... Lui proposer de déguerpir poui* que je trouve la maison attrayante et m'y installe!...

THÉRÈSE

Nous avons bien cherché ce qui vous déplaisait ici...

ANNA embrasse Thérèse.

Ce n'est pas vous, sûrement!... Elle vient de me parler sans beaucoup de ménagements, cette bonne Marguerite.

THÉRÈSE

Oh ça!... je m'en rapporte!...

ANNA

Elle m'accuse d'être l'âme de vos noirs complots, quand, au contraire^ si quelque chos3 m'enthousiasme en eux, c'est ma complète innocence. Elle s'en est aperçue et en a profité pour frapper plus juste.

ALIGB.

De quelle façon?

En disant du mal de vous.

THÉRÈSE

Quel mal?

ANNA

Vous êtes sans cœur, dépourvues de nobles sentiments, et je puis ni'attendre aux pires déceptions.

ALICE

Vous avez répondu ?

ANNA

En. la remerciant, avec une eiïusion très ironique, de me montrer un danger.

ALICE

Oh! c*est gentil de ne pas y croire.

ANNA

J'y croirais... On ne se défend pas quand on est triste à

: pleurer... Je songe à votre jeunesse humiliée, à cette

science du mal qui renferme à vos yeux le secret de la

vie... Je pense qu'au lieu d'une maman pour vous chérir,

vous aviez une camaraderie odieuse...

Les jeunes fllles lombcnt dans ses bras.

THÉRÈSE

Vous ne nous abandonnerez pas?

Non, certes I... Votre père m'a proposé de vous prendre... J'accepte .. Dans une heure, au lieu de partir seule, je vous emmène.

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