ALICE, THÉRÈSE, ANNA
ANNA, à Thérèse.
De très fortes!... Madame de Raon sort de chez moi!... Quand vous vous y mettez, ma petite Thérèse!... Lui proposer de déguerpir poui* que je trouve la maison attrayante et m'y installe!...
THÉRÈSE
Nous avons bien cherché ce qui vous déplaisait ici...
ANNA embrasse Thérèse.
Ce n'est pas vous, sûrement!... Elle vient de me parler sans beaucoup de ménagements, cette bonne Marguerite.
THÉRÈSE
Oh ça!... je m'en rapporte!...
ANNA
Elle m'accuse d'être l'âme de vos noirs complots, quand, au contraire^ si quelque chos3 m'enthousiasme en eux, c'est ma complète innocence. Elle s'en est aperçue et en a profité pour frapper plus juste.
ALIGB.
De quelle façon?
En disant du mal de vous.
THÉRÈSE
Quel mal?
ANNA
Vous êtes sans cœur, dépourvues de nobles sentiments, et je puis ni'attendre aux pires déceptions.
ALICE
Vous avez répondu ?
ANNA
En. la remerciant, avec une eiïusion très ironique, de me montrer un danger.
ALICE
Oh! c*est gentil de ne pas y croire.
ANNA
J'y croirais... On ne se défend pas quand on est triste à
: pleurer... Je songe à votre jeunesse humiliée, à cette
science du mal qui renferme à vos yeux le secret de la
vie... Je pense qu'au lieu d'une maman pour vous chérir,
vous aviez une camaraderie odieuse...
Les jeunes fllles lombcnt dans ses bras.
THÉRÈSE
Vous ne nous abandonnerez pas?
Non, certes I... Votre père m'a proposé de vous prendre... J'accepte .. Dans une heure, au lieu de partir seule, je vous emmène.