ACTE TROISIÈME
HUBERT, étonné.
Volontiers.
fl ^éloigne.
A N N A y le nppdant.
Mon ami, c'est probablement la dernière fois que nous sommes seuls. Quittons-nous bien. Je ne garde contre vous aucune espèce de sentiment pénible. Donnez-moi la main et adieu.
HUBERT lai donne la main.
Adieu... Anna, moi non plus, je... Le passé est effacé... CZ
ANNA
C'est entendu!... Quand vous désirerez voir vos filles, demandez-moi l'hospitalité. J'ai accepté la vôtre, ainsi ne faites pas de façons. Adieu.
HUBERT, indéds.
Je vais donc avertir Hector. (Faune sortie.) Vous m'avez bien lout dit?
ANNA
Pour Hector?... Mais je compte qu'il va descendre et, s'il est aimable, nous conduire à la gare...
HUBERT
il s'agit bien de lui!... je parle pour moi... Vous n'ou« bliez rien?...
ANNA
Rien que je sache... Si vous voyez quelque chose...
HUBERT
Nous allons nous séparer comme cela... sur un simple adieu... sans une parole de...
98 L*INyiTÉB.
^ ANNA
I I Hubert, nous pouvons vivre l'un sans l'autre... Des phrases / n'empêcheront pas cette vérité d'être éclatante... Moi qui croyais vous être agréable en tournant court.
HUBËRt.
. Tenez, vous êtes méchante de ne pas vouloir comprendre. ••
; Quand une femme innocente se donne pour coupable à son
; mari, qu'elle le couvre d'un faux ridicule, qu'elle se plaît
l à récraser sous un déshonneur ûclif, le moins, c'est qu'elle
lui rende la tranquillité lorsqu'elle ne l'aime plus... Or, vous
ne m'aimez plus!... Eh bien, avant cet adieu tout sec, vous
; deviez me dire : « Hubert, Je ne vous ai jamais trompé ! »
et ajouter pourquoi.
ANNA, souriant.
Pouniuoi je ne vous ai jamais trompé?
HUBERT
Hé non!... Pourquoi vous vous értes laissée accuser faussement.
ANNA
Ainsi vous savez... Mon Dieu, qu'Hector est donc bavard!... Je suis désolée, ayant à ma portée un moyen si facile de vous être agréable, que l'idée ne m'en soit pas venue... On . ne pense pas à tout!... Et vraiment^ cette histoire de tù^" vertu semble si peu importante!...
HUBEBT.
Peu importante!... Pour moi, passe!... Vingt ans après, on s'est fait une philosophie. Mais pour vousl.i» U y a des hontes qui restent la vie entière.