ACTE QUATRIÈME
détoono le moins du monde de ce bat unique. Le serment qu'elle 4n*a fait, j*avais le droit de Texiger en retour du
pardon que je lui accorde. (Hélène tomb« à g«no<ix protterofinr le toi.)
» Dès que le petit Henri atteindra Tâge de quinze ans, j'autorise Hélène à le conduire habiter Paris pour y chercher les ressources d'éducation qu'on ne trouve que là. Il faut que le futur duc de Chantemelle soit élevé dans la conviction que son rang ne le dispense pas d'avoir une ^ valeur personnelle. Qu'on ne néglige rien pour en faire un, h omme j nodeme au sens profond du mo t. Qu'il aime son temps erèncomprenne la grandeur. Nous'lious perdons à éterniser des haines, très légitimes lorsque le sang versé par la Révolution fumait encore, mais qui ne marqueront bientôt plus qu'une tendance avilissante à Tégoïsme et à l'oisiveté. La Révolution a guillotiné nos grands - parents d'abord si enthousiastes d'elle, n'en tirons pas un prétexte pour être hostiles à toute amélioration sociale. Restons au contraire dans la tradition en payant de nos vies de gêné- ^ reuses erreurs ; afllrmant en cela le devoir d'une noblesse / d'être une école de désintéressement, montrant le chemin à son siècle, audacieuse d'esprit et dupe de cœur! Lorsque les malheureux et les humbles réclament une plus large part au soleil, sachons marcher à leur tête avec le scepticisme de nous dire que nos propres troupes nous tireront dans le dos. Pour nous c'est un moyen de bien fînir. Il me semble que la noble^e a lait son temps. On Ta trop recrutée par l'or, trop peu par le talenT.'EÎÎCH toujours été fermée aux hommes éminenta que luj en voyàmè peuple, à son tour, le peuple lui est fermé. Avant qu'elle disparaisse; il faut que, par 'un pieux mensonge, ses derniers représentants, laissent la même impression de grandeur que les gigantesques fossiles qui font rêver aux âges disparus.
» Plus tard, quand l'héritier du nom sera un homme, j'exige que Glaire lui conte comment je suis mort, corn-
LES F08SILBS.
ment ses grands-parents, sa tante, sa mère se sont immolés, pour que lui, petit être chétif, garde un nom respecté. 11 comprendra que ce nom, transmis par une monstruosité, doit être porté avec une dignité surhumaine. Que Claire lui répète la parole qu'elle me disait hier : — Nos existences à tous finissent avec la tienne. Mais qu'importe? On a fauché toute la prairie pour sauver une petite fleur I «
LA DUCHESSE, MngUMtnt.
Robert! Ah! c'est tout lui!... Quelle ftme s'est envolée!
Ll DDC.
L'âme de toute une race!
clài'eb.
Le testament n'est pafi complet, il y manque ce qui me concerne. J*ai promis à Robert de ne jamais me marier et de rester toute ma vie avec Hélène et Tenfant.
LA DUCHESSE
Ah non, ma fille, pas cela, c'est trop!... M'abandonner, toi, mon amie, ma seule, ma grande amiel...
GLAIRE, trftt calme.
J'ai jurél... (se tournant yen le eorpi.) Robcrt, je renouvelle devant toi l'engagement sacré de suivre partout ta femme et ton fils, et de les aider à traverser fièrement la vie. C'est une dette d'honneur contractée envers toi le jour où j'ai laissé admettre Hélène dans la famille. Elle et moi nous travaillerons à faire de Tenfant un honnête homme d'abord, et quelque chose de mieux, un homme capable de mourir pour des idées, comme ta disais, comme tu faisais...