ACTE PREMIER
HÉLÈNE
Elle prétend que depuis un moment, elle marchait en tournant le dos. Vous voyez la malice.
HENRI
S'est-elle enquis de ce que vous cherchiez ?
HÉLÈNE
Ahî vous ne connaissez guère ma nièce! Elle est de ces gens qui observent tout, les yeux levés au ciel.
HENRI
Pourtant je ne la crois pas méchante... Chaque fois qu'il m'arrive de causer avec elle, je la trouve bienveillante à Tégard de tout le monde»
HÉLÈNE
Parce qu'elle a besoin de tout le monde. Orpheline, recueillie chez nous par charité, elle est beaucoup trop fine pour rien hasarder. A sa sortie du couvent, je la trouvais, au contraire, assez mauvaise langue, mais il ne lui a pas fallu six mois pour apprendre à écouter, voir et se taire !
HENRI
Tant qu'à être confisqué, mieux vaut que ce papier le soit par une personne silencieuse. Seulement pourquoi garder un objet que, par prudence, elle est forcée d'ignorer ?
HÉLÈNE
L'objet entre ses mains, nous met à sa merci. Françoise restera muette tant qu'elle jugera utile de l'être.
0»je i:ai:ii**niit-ene à nou< perS'-ouler?
Ht-LÊNE.
Hien pour l< moment. Far cuntnit de mariage, Théo-dore m'asi^ure toute sa fortune après lui. Mon coDâenteraenl e>t néce>siire prmrque FraDi^»ise ait OQ semblant de dol . Elle a donc tout intérêt à ?agner mes bonnes irrûces.
HENRI
Xe lésinez pas! .Vrroadissez la dot et mariez l'espion î... Dites donc, pour que vous soyez dans un tel émoi, la lettre est donc bien compromettante?
HÉLÈNE
Oh! absolument!
HEXRr, haiis<^aDt 1rs êpauli'S.
Xous demeurons à cinq kilomètres Tun de l'autre? à portée do n ius voir quand il nous plaît... Quelle rage d'écrire des horreurs î
Horreurs! Il n'y a pas d'horreurs !
HENRI
Enfin, c'est fort tout de même !
HÉLÈNE
Pas dans le sens où vous l'entendez. Ce que j'ai écrit, je le trouvais délicat et diflicile à dire !
HENRI
Je vous Intimide à présent !.. Tout arrive !