‹ La figurante: comédie en trois actesChapitre 53 sur 198 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

XI i!i L< Ë N £ •

Ta crinière, c'est un petit malheur! Quant au gouvernement, pourquoi le harceler? Henri, j'avais précisément une communication à vous faire de la part de Guillerand.

IIENllI, vivement.

Vous avez vu Guillerand?...

Ce matin même.

HENRI

Et vous savez?...

FRANÇOISE, souriant.

Chutl... Laissez parler ma tante.

HÉLÈNE, avec importance, à Henri.

Je sais qu'il est tout surpris de l'hostilité dont vous poursuivez le ministère. Tant mieux que l'occasion se présente de le dire devant toi, Françoise... Tu viens de t'exprimer avec une légèreté qui serait coupabb, si tu n'étais pas si jeune... On ne fait pas de l'opposition pour le plaisir d'ennuyer le gouvernement... C'est un jeu dangereux... Guillerand est très affecté... 11 ne comprend pas quel aveuglement vous pousse, cher Henri, à renverser des hommes qui représentent si bien vos idées... D'ailleurs il s'est plaint sans amertume... Grand admirateur de votre talent, il gémit de le voir au service d'une mauvaise cause l

HENRI, souriant.

C'est tout?

HÉLÈNE

Que faut-il donc de plus pour vous ouvrir les yeux ?

FRANÇOISE

Alors, vous conseillez à Henri de reprendre ses anciennes traditions de sagesse ?

Hardiment I

FRANÇOISE

Sans conditions?

HÉLÈNE, avec emphase.

Un homme de sa valeur ne pose pas de conditions. H attend... certain qu'on sera trop heureux de se ranger tôt ou tard sous sa bannière.

FRANÇOISE, d'un ton délibéré.

Je ne suis pas de cet avis.

HÉLÈNEy sèchement.

Tu es libre.

FRANÇOISE

Plus la valeur d'un homme est grande, moins il doit tolérer qu'on la néglige.

HÉLÈNE, ironique.

Cette maxime est le fruit de ta longue expérience ?

'FRANÇOISE, avec une grâce moqueuse.

J'ai le plaisir de vous annoncer que depuis un

Page 1