‹ La figurante: comédie en trois actesChapitre 66 sur 198 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

en pitié. Réellement, je ne pouvais plus en vouloir à la pauvre femme qui disputait son bonheur lambeau par lambeau, essayait toutes les ruses, prenait avec moi des airs protecteurs et dont l'accent de confiance était un cri d'angoisse.

HÉLÈNE

Ce cri... Ah! que vous voudriez me l'arracher I

FRANÇOISE

Quel besoin en ai-je ? Votre abattement se lit sur vos traits... Ces yeux rougis, ce visage contracté, cette pâleur en disent assez... vous avez pleuré... pleuré aux pieds d'Henri...

HÉLÈNE

Vous mentez I

FRANÇOISE

Je mens si bien que vos yeux se remplissent de larmes!... Allez! laissez-les couler!... Toute comédie est inutile... Je vous vois aux genoux d'Henri, le suppliant de renoncera moi, offrant d'aller vivre avec lui. Vous enlever! Il ne s'en soucie guère. L'avenir c'est moi ! Que ma revanche est déjà belle 1 Que je regrette peu votre facile victoire ! Facile en effet puisque je me suis retirée sans combattre. En vous laissant cette conquête douteuse, ah que je vous faisais un cadeau perfide!... vous voici dédaignée, mise au rebut, ou gardée par charilé!...

(Hélène se laisse tomber sur ua fauteuil et pleure à chaad s larmes, pendant longtemps Fi'ançoise la regarde, implacable, puis elle commence à remettre son chapeau, sa

voilette, ses gants, et ajoute :) Je retourne auprès d'Henri.

HÉLÈNE, se levant.

Ahl Que je ne vous voie plus seulement!...

Elle se sauve, la figure cachée dans son mouchoir. FRANÇOISE, seule, achevant do s*habiller pour partir.

Il ne tient qu'à toi, ma bonne... reste chez toi... je ne viendrai pas te chercher...

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