‹ La figurante: comédie en trois actesChapitre 81 sur 198 · ACTE PREMIER. ti · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. ti

HECTOR

Ah ! que non pas.

ANNA

Tiens, je ne vous ai pas demandé comment il se porte?

HECTOR

Fort comme un Turc.

ANNA

Ah!... Il aurait?...

HECTOR

Hein?,..

Je suis bonne de vous questionner... En quoi cela me regarde- 1 il?

HECTOR

Cela VOUS regarde directement, au contraire... Questionnez, questionnez, je ne me ferai pas scrupule de répondre.

ANNA

Répondez donc, car vous m'avez fort bien comprise.

HECTOR, toussant.

Hem!... Madame, vous savez trop bien la vie pour ne pas répondre vous-même.

ANNA

Il a une liaison ?

HECTOR

n en avait une quand vous habitiez avec lui, est-il pro- \ bable que depuis des années que vous êtes au loin, il s'en | prive ? •

ANNA

Je n'ai jamais supposé qu'il vivait comme un anachorète... Mais il y a liaisons et liaisons... La sienne est donc sérieuse, pour que vous garantissiez mes quarante ans contre tout attentat?

HECTOR

Une véritable chaîne.

Serait-ce?... Non, n est-ce pas, ce n'est plus sa chanteuse de café-concert?

HECTOR, souriant.

Oh!... ne remontons pas au déluge... Non, non, c'est quelque chose de beaucoup plus relevé.

ANNA

Ah ! Est-ce que je la connais?... Dites-moi son nom?,..

HECTOR

I Comme vous l'apprendriez tôt ou tard, je ne regarde pas à la nommer tout de suite. C'est madame de Raon, femme d'un M. de Raon qui est mort il y a sept ou huit ans.

I ANNA

Laissant mon mari légataire universel.

HECTOR

Oh ! je soupçonne qu'Hubert touchait des avances sur la succession.

ANNA

Mais alors, c'est une liaison fossile 1... Qui aurait cru mon mari capable d'une pareille constance?... Il faut que cette madame de Raon... Attendez donc I... N'est-ce pas une demoiselle de Mornex?

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