ACTE DEUXIÈME
ANNA
Oh ! elles sont sî peu miennes !...Leur éducation est votre œuvre, vous les avez formées. De mauvaises langues de femmes prétendent que les hommes sont incapables d'élever les jeunes personnes... Vous faites une brillante exception.
HUBERT
Eh non, c'est ce qui vous trompe !... Voilà où le bât me blesse!... Nos filles^sont Jolies, jpirituel^^^ remplies de .. droiture, mais horriblement mal élevées.
ANNA
Vous m'étonnez !
HUBERT
Le tableau n'est malheureusement pas chargé... Je suis un père faible, aveugle, inexpérimenté, ce dont nos enfants pâtissent... Les pauvres petites ont fait un tas de folies, se sont compromises, ont gâté un bel avenir, et je ne sais comment les marier.
ANNA
Elles ont de la fortune...
HOBERT.
Peuh! Je n'ai pas amélioré leurs dots.
ANNA
Tant pis... Mais enfin, que la question d'argent ne vous tracasse pas outre mesure... J'ai tant bien que mal administré mon petit avoir et j'apporterai mon obole.
HUBERT, ayec Han.
Vous serez notre Providence!... Les dots, c^est quelque chose, mais il faudrait s urtout p ne direction plus ferme . Si nos filles ônTTe bonheur d'être désirées par vous, je suis
6i l'INYITÉE. .
prêt à m'en séparer aussi souvent et longtemps qu'il vous plaira.
ANNA
Me les confier!... Cest un honneur dont je suis parfaitement indigne.
HUBERT
Allons donc!... N'ai-je pas pris mes renseignements?... Je sais combien, pendant votre exil, vous avez été une femme respectable, et suis certain de mettre mes filles en bonnes mains.
ANNA
Comprenons-nous... Je partage la conviction que chez moi elles seraient pour le moins aussi convenablement placées guici... Mais je ne me sens pas de force à les prendre... Vous me rendez justice en m'appelant une femme respectable... C'est un titre auquel j'ai droit, ou peu s'en faut; faites-moi seulemeai la grâce de songer aux luttes qu'il m'a fallu soutenir pour le gardef-.- " -^
HUBERT
Je ne doute pas qu'avec votre beauté.,,
' ANNA
Laissons ma beauté... je parle -de jcombata. contre moimême... A vingt-quatre ans, le plus grand enneinTiî^me femme complètement délaissée, c'est son propre coeur... J'ai vaincu le mien par des moyens barbares, y étouffant tout ce qui demandait à vivre, fauchant amitiés et penchanls qui pouvaient entretenir la faculté d'aimer... L'apaisant avec d'arides coquetteries, comme on trompe la soif dans le désert, avec de petits cailloux... L'ai-je assez mutilé, ce pauvre cœur ! Actuellement il n'y reste plus jne fibre aimante... C'est un iardAoUrjEUîsforrp^^^ cour >icr-