ACTE DEUXIÈME
reuse sans un coin de verdure. A force d'y pers<^cuter rfvraîe^Iè î)oh grain n*y peut plus [ousser.".TXe"l)on "graih~ serait de chérir mes filles...
HUBERT
Est-ce vous que j'entends? Leur mère!
ANNA
Dieu sait quel épouvantable désespoir j'ai ressenti en les quittant... J'ai passé des années a couper un a un les fils qui'me rattachaient au bonheur perdu, et chaque lien brisé m'a coulé des torrents de larmes! N'y a-t-il pas quelque audace, maintenant qu'à force de tortures j'ai conquis la paix, à m'offrir une maternité qui promet des fruits amers... Vous avez eu autour du cou les petits bras de vos bébés qui bégayaient à \otre oreille leurs gentilles bêtises, chaque jour allongeait d'un anneau celte longue chaînes d'impressions douces dont est faite la tendresse des parents... Chérissez vos filles, vous y êtes plus exercé que moi...
HUBERT
Je ne m'attendais pas à cette résistance... car enfin, si \ rien au monde ne vous inspire d'affection, que cherchez \ vous ici?
ANNA
Ce qui n'y est plus ! Il y a bel âge que les vivants me paraissent inoffensifs, mais je gnrdais la terreur des fantômes. (Fixant Bur lui un regard plein d'ironie.) M'en VOici délivrée 1
Je suis dans leur repaire, et c'est moi qui leur fais peur, car ils ne se montrent pas. Grâce à vous, je partirai guéiie ! de la maladie du souvenir, la plus cruelle dé toutes.
HUBERT
J'en suis fort aise, mais, en attendant, vous ne venez pas à mon aide*
ANNA
En enlevant vos filles?... Quand je m*en sentirais le cou* rage, ce serait vous faire le plus grand tort. Parions que vous avez, pour me les ( onfier, une raison autre que celle de perfectionner leur éducation?
HUBERT
Oh! par exemple!
ANNA, souriant.
Je VOUS ai si bien connu, il en reste quelque chose!... Qui^ vous avez une mauvaise raison. Gardez-vous de me la direT^vôiis en avê3i:'"'éTivré el éô^serâit une bévue... N'éloignez pas vos enfants ; elles vous protègent contre les entraînements trop énormes et quant aux autres, vous y êtes condamné à perpétuité.
H U B E R T 9 perdant patience.
Dites donc, il me semble qu'en fait d'entraînements vous pourriez montrer plus d'indulgence. Inutile de tant songer à mes affaires. Vous venez d'avouer que rien ne vous intéresse plus.
ANNA
Ne me faites pas pire que je ne suis. Mon cœur est incapable de dévouement, mais son indolence lui permet de s'intéresser aux gens... Je goûte parmi vous une sensalion fine qui m'enchante... Vous m'autoriserez bien, n'est-ce pas à rester jusqu'à demain?
HUBERT, interloqué.
Assurément...
ANNA
Si cela vous dérange le moins du monde, il y a encore un train ce soir... Mais j'y perdrais un plaisir auquel j'attache du prix... Je sais que vous avez une étrangère au château,