RETOUR A LA MER
Mer nocturne passée, ô toi que je retrouve, Autrefois, par les soirs, le long de tes galets, Sombre et seule, devers le destin je hélais.
Et mon inquiétude errait comme une louve.
Salut! J’aime toujours, grisaille dans le vent. Ton Ilux influencé comme celui des femmes. Ont-ils, tes flots pareils à des millions d’âmes. Mémoire de mon front qui fonçait en avant?
Ta rétractilité de béte monte et baisse.
Ueconnais-tu mes yeux, toi qui prends, toi qui mens. Toi qui roules, ainsi qu’une âme de Déesse,
Parmi tes eaux, Tobscur instinct des éléments?
AU PORT
Tu berces sous mon ciel tes caprices d’opale,
Comme autrefois ; et moi, semblable au vaisseau fier Qui rentre au port, plus beau d’avoir couru la mer, Je m’en reviens ce soir plus royale et plus pâle.
Je m’en reviens pour repartir vers le bonheur De vivre, de cingler droit au risque que j’aime... Revenir. Repartir. — ü mer grise, ô moi-même. T’ai-je jamais quittée, intime profondeur?