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BERCEMENT

Les barques dorment dans ton port au bruit du large, Gomme des oiseaux dans leur nid.

Elles dorment ayant leurs mâts dans Linfini,

Autour d’elles leur ville et la mer grise en marge.

Autour de toi ta ville et la mer grise en marge,

Tu dors aussi devant le natal infini.

Comme un oiseau chaud dans son nid,

Tu dors parmi le bruit des barques qu’on décharge.

Les barques, toi, tous les oiseaux sont dans leur nid, A dormir, la tête sous Taile...

Dors! Ton âme-mouette est bien ici chez elle.

Dans son port, et devant le natal infini.

Dors! Ton âme-mouetle est bien ici chez elle,

A dormir la tête sous Taile.

PREMIÈRE OCTOBRALE

Une feuille rouge à l’oreille,

A bicyclette nous voici Par les bonnes routes d’ici,

Comme autrefois, avec une âme autre et pareille.

Les marronniers sont déjà blonds.

Nous nous sentons forte et vivace.

Avec des ailes aux talons.

11 pleut des beaux marrons vernis au vent qui passe-

Le long de la côte, la mer Est grise comme une crevette.

La vie est bonne, fière et nette.

— O destin ! qu’est-il donc de si joyeux dans l’air ?

DEUXIÈME OGTOBRALE

Je suis chez moi. Voici mes tableaux coutumiers.

Je quitte mes marins, ce jour, pour mes fermiers.

Ma ville vieille est sur ma baie.

Mais je vais vers la route, où, derrière la haie,

On entendra quelqu'un gauler dans les pommiers.

Je suis chez moi. Je mène au pas une âme alerte Le long de chaque rue ou de chaque chemin.

Je tiens, comme au fond de ma main,

Mon beau pays qui sent la barque et l’herbe verte. — Et c’est tout aujourd’hui, tout hier, tout demain.

TROISIÈME OCTOBRALE

Ce soir, je n’ai besoin des femmes ni des hommes Pour que mon difficile cœur se sente bien.

A travers mon pays Octobre sent les pommes,

Et, passionnément, je possède mon bien.

Je ne veux rien déplus. La simple et bonne route Qui s’en va par les champs récoltés, le croissant Qui monte à l’horizon du rouge soir puissant Et quelques vieux pommiers tordus, me prennent toute.

Je te mords, mon pays, à même, ô pain doré !

Ma soif boit la belle eau qui court dans ta vallée.

Je sens toute mon âme ivre, heureuse, comblée,

Se rouler sur la terre où je retournerai.

— 2ol

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