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LE POÈME DU LAIT NORMAND

Intarissable lait de velours blanc qui sors Des vaches de chez nous aux mamelles gonflées, Lait issu de nos ciels mouillés, de nos vallées. De nos herbages verts et de nos pommiers tors.

Je pense en te buvant à ces bonnes nourrices, Trésor très précieux entre les bestiaux.

Je revois les beaux yeux tranquilles des génisses. Les taches de rousseur sur le blanc de leur dos.

Je crois connaître en toi le goût des paysages Traversés de soleils couchants et de matins,

Si bleus sous le duvet de prune des lointains Et parfumés de fleurs, de fruits et de fourrages.

AU PORT

Loaarige à toi, beau lait généreux qui Jaillis !

En vérité je bois avec toi mon royaume

Riche en clochers à jour et riche en toits de chaume,

Louange ! car je bois avec toi mon pays,

Mon cher pays, le seul où mon cœur se retrouve Chez lui, sans plus songera revendiquer rien,

Mon cher pays, le seul où je me sente bien Comme un petit contre sa mère qui le couve.

Louange à toi, beau lait, ô mon lait maternel! Donne-moi la vigueur qui menait mes aînées. Puisses-tu me nourrir encor bien des années Avant l’ennui profond du repos éternel.

HYxMNE

Qui nierait ta splendeur, ô province natale,

Ma Normandie, amour fidèle de mes yeux, Morceau d’ouest français sur qui la mer s’étale, Terre civilisée au labour copieux?

La dure cathédrale et le mol toit de chaume Depuis des siècles voient s’entasser tes moissons. Tes charrettes de hlé, tes barques de poissons, Tes troupeaux, suffiraient à nourrir un royaume.

Le commerce tranquille et riche de tes ports,

Ta ville capitale orgueilleuse et notoire,

Toute ta vie a ses racines dans l’Histoire,

Ainsi que dans ton sol plongent tes hêtres forts.

La mer brusque et la Seine attendrie et pallide, Les pommiers dépassés de clochers triomphants, Tant d’aspects reflétés au fond de tes enfants Leur font Fâme qu’ils ont, brumeuse mais solide.

Pareils à leur pays aujourd’hui comme hier,

Il n’est un laboureur au fond des fermes grasses Qui d’être né Normand ne soit heureux et fier.

Car les tiens sont racés entre toutes les races.

Louange à ton printemps d’aubépines en fleur, / A ton été chargé de grains et de verdures,

A ton automne jaune où les pommes sont mûres,

A ton hiver touffu de givre et de blancheur.

Douceur et force, en toi nulle saison méchante.

Rien qu’air pur, prés féconds, beaux fruits, gras bestiaux» Nobles cités déboutai! bord des belles eaux Et personnalité bonne qu’il faut qu’on chante.

Nous t’aimons ! Qu’à jamais ton savoureux accent Vive, et tes arbres drus, foncés sur tes ciels pâles, O mère riche en herbe et riche en cathédrales,

O toi que, pour toujours, nous avons dans le sang !

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