‹ La figure de proueChapitre 13 sur 141 · SÉDUCTION · texte numérisé non relu

SÉDUCTION

La petite beauté musulmane, parée De ses sauvages trois colliers,

La chère enfant de dix-sept ans toute dorée,

Debout sur ses pieds sans souliers,

Elle ne connaît rien des chétives romances Dont vivent celles-là d’Europe, avec leur cœur Cultivé jusqu’à la rancœur ;

Mais elle a deux yeux roux entre des cils immenses

Et, sachant relever et baisser lourdement Ses deux paupières de musée,

Toute elle se revêt d’ingénuité rusée Sitôt qu’on la regarde avec un air d'amant.

LA FKUJIŒ DK PROUE

Elle ne pense pas. Sa beauté n’a pas d’âme.

Mais on voit panteler jusqu’au fond de ses yeux Cet animal divin, la femme,

Et cela vaut autant qu’une âme — et meme mieux.

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