DIALOGUE
— Absente, te voici ? D’où viens-tu donc ?
— De loin.
— Et qu’as-tu fait ?
— Je ne sais plus.
— Et qui t’amène ?
— Toi, pays! ton odeur de goudron et de foin.
— Ne rapportes-tu rien ? Ni l’amour ni la haine ?
— Rien.
— Quel est ton trésor?
— L’amour qu’on a pour moi.
— Tes yeux sont si changés 1 Qu’as-tu vécu ?
— La vie.
— Cœur glacé ! Quelle est donc aujourd’hui ton envie ? Qu’attends-tu ?
— Le hasard.
— N’as-tu donc nul émoi ?
Si ! te revoir, ô mon pays !
— Pourquoi?
— Je Paime.
QiPy a-t-il donc en moi qui te touche ?
— Moi-même.
AINSI SOIT-IL
AINSI SOIT-IL
Je souris maintenant à mon rêve exaucé^
A cette destinée imimévue et fatale Qui ramène de loin vers la côte natale Mon cœur qui s y était^ malgré tout^ fiancé.
Ainsi soit-il! Je vais vivre et mourir à Vaise Dans ce morceau du sol normand qui m'appartient., Contempler de longs ans., autour de moi, mon bien, A travers la clarté des vitres Ijouis seize.
En haut, c'est le seuil fer ou s'inscrira mon nom. En bas, au bout des prés, cest la ferme et l'étable. Et le tout agencé comme en ce siècle aimable Qui mit la métairie auprès de Trianon.
LA FIGTJIŒ DE PHT^UE
Ma maison est an canir (rime noble avenue On d'anciens tilleuls font un jour sornhre et clair. Du fond de ma maison je 'pourrai voir la mer Et la ville ^ écouter leur allée et venue.
Les corbeaux sur son toit chantaient dies ira".,
Les ronces l' étreignaient on la disait hantée.
Pour qu elle soit aussi par mon âme habitée^ ü/oz, fantôme vivant^ je la restaurerai.
Des roses fleuriront le cief le long des rampes ;
Des saupirs et des ris de jeunesse et d amour S'entendront. Ce sera comme sur les estampes De mon délicieux ancêtre Debucourt,
Les relents vigoureux qui montent des herbages S'orneront d'un parfum de rose et de tilleuf Et j' entendrai., bercée au fond de mon fauteuif Les bruits du port d' Honfleur qui parlent de voyages.
Or, je repartirai! Mais que soit mon espoir Fait de pâle soleil., de verdure étoilée ;
Je veux toujours chérir., le long de mon allée.,
Après les jeux du jow\ les tristesses du soir.
AINSI SOIT-IL
' Je veux le beau temps bleu^ l'orage couleur d'encre^ Toute la vie au creux des mêmes horizons.
Que la succession de mes quatre saisons
ÿ>' accomplisse en ce lieu choisi : j'ai jeté l'ancre !
Puissé-je désormais ne jamais oublier travers Orients., sables et cités blanches.,
Mes tilleuls., ma maison., ma ferme., et ce noyer Qui porte doucement ma ville entre ses branches.
Puissé-je n'aimer rien que mon domaine en fleur Et le vieux médaillon au-dessus de la porte ^
Le foyer où mon âme., enracinée et forte..
Doit accomplir^ jusqu'à la fin., tout son bonheur.
TABLE
oème liminaire
PREMIEPx ISLAM
* IX quittés 9
ière marine 11
0 nfrontation 13
(.^metières. — 1 15
É /ptienne 18
1 ^^^ment 20
1 <pête 21
L tion 23
Pi temps d’Orient. 24
Or- igers 26
En. ignement 27
Bn ^ 28
Séd ction 29
Soi le Tunisie 31
Sil -e 32
T- dn 33
Ni 34
Dam, .es Jardins. — 1 35
Méi re 39
Cono de 40
Berce ;ent pour ma Sieste 42
Soud ais 44
L’Ét 45
TAULE
Cigarette dorée. .
Fumerie d’été. — I .
Sieste
Utique
Passants
Malaria. — l. . . .
Ramadan