‹ La figure de proueChapitre 52 sur 141 · ÉLOGE DE MON CHEVAL · texte numérisé non relu

ÉLOGE DE MON CHEVAL

Mon cheval au poitrail solide, à rœil de feu, Frère joyeux de mon âme animale.

Ton sang arabe bout comme le mien, beau mâle. Et tu comprends si bien le jeu !

Voici notre statue haute et momentanée.

Chaque jour pour nous est le jour des bonds

Et des caprices furibonds

Vite oubliés au bout de la journée.

Ton galop violent obéit à mon cri.

Nous vivons d’ivresses pareilles ;

Et je vois l’existence entre tes deux oreilles, Sensibles à tout comme mon esprit.

La même passion passe dans nos narines,

Le même vent dans nos cheveux.

Je fais ce qui te plaît et toi ce que je veux,

Et la liberté gonlle nos poitrines.

Le tout puissant pouvoir s’équilibre entre nous : Ma vie est livrée à ton dos farouche.

Ma volonté mate ta bouche,

Et ta force est prise entre mes genoux.

Que si, présentement, Tombre multiple et une Descend avec le feu des soirs.

Dis ? Prenons notre trot vers la nouvelle lune Cornue au-dessus des bois déjà noirs.

Rythmons des quatre pieds notre vol qui s’élance, Si tu veux gagner le but d’un seul trait.

Et battons vivement la mesure au silence Dans les sentiers de la forêt*

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