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LE CRI DES CRAPAUDS

Le cri des crapauds, dans le Sud,

Me tombe sur le cœur comme une goutte d’eau. Les palmiers doucement balancent leur fardeau.

— Rien, rien pourtant, ce soir, du passé nas’élude.

Le désert orageux largement se dénoue.

La nuit d’Afrique monte entre les palmeraies... Ah ! pourquoi ces crapauds ont-ils la voix des baies Et des herbages verts pendant l’été, chez nous ?

FIGUIG, ENTtlE TES TOURS

Figuig, entre tes tours de garde et tes talus, Palmeraie au désert jetée Dont les montagnes ne sont plus Que de la lumière sculptée,

Les longs rameaux de tes palmiers entrecroisés. Tes murs de terre cuite pâle.

Ton ordonnance féodale

Nous rendaient l’âme des Croisés.

Fleur de l’extrême Sud, parmi tes brises molles Et les odeurs de ta moisson.

Nos cœurs battaient à l’unisson De l’eau vive de tes rigoles,

LA iqr.ULL DL l>HOUi:

Quand, sur nos grands chevaux, cavaliers d’autrefois, Alors que nous avons passé tes portes,

A la tête de nos escortes,

Nous avançions comme des rois.

Figuig lointaine encor, Figuig couleur de sable. Meure ton Islam libre et vieil !

Sous l'impérissable soleil Meure ta beauté périssable.

Nous, les premiers, en attendant les jours nouveaux. Au creux du sable où tout s’eflace.

Nous aurons imprimé la trace Des quatre pieds de nos chevaux.

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