FANTASIA
C’est la joie, en mon cœur nouvellement élue,
De monter un cheval qui danse et qui salue Et secoue au galop sa tête chevelue.
Le sang, comme du feu, brûle dans ses naseaux,
Il hennit de désir au mirage des eaux, lia le Sahara dans la moelle des os.
Le dur soleil, le ciel profond comme une coupe.
Le sable à l’infini, l’espace que je coupe Et ma divine compagne, mon âme, en croupe.
Qu’on me donne cela, puisque mon sourd instinct L’a réclamé sans cesse à l’Occident éteint ;
Qu’on me donne cela pour unique destin.
LA FKiUhK DK IMiOLK
Qu’on me donne cela que je sojs brusque et rau(jue Que j’écarte d’un bond l’humanilé pedauque,
Et me jette au travers du couchant rose et glauque,
Que mon âme se dresse en un grand rire fier,
Et, songeant au passé nourri de sel amer,
Crie au ciel : « Mon cheval est plus beau que la mer! »