‹ La fille d'EschyleChapitre 13 sur 36 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

L'Aréu(iago. Lv tiibuual à Jruiu- Une putto k giuckc. Au fiind , uno lonlure et iiiia grilla duimant tar la pUcu publique. La tribune et la aeletto ec face du tribunal.

SCKINE l»lŒMlh:ilE.

.\(,A.MKUfc: . lltUMODOIU: , HYPSÊNUK ,

AlŒUl'.VGITES , G.VUDES.

Le» porsunr>j)(u< iDurts de l'ai(:opage occupent l«ur< ttiègea. Agaiiiedr litrm«iloiu et Hjpsiaor t'ontrelieDDeot «ur le devant du la tcèoe.

A(iAMÈDE.

Vous avez euteiKlu les messagers rapides : Ils (lisent ([lie Cimoii, chef des jurées inlrtipides , Arrive , rapportant des plages do Scyros La ceiulre de Thési'îe, invincible héros. Comment féterons-nous celte royale cendre? (^>uels sublimes honneurs le jwys doit-il rendre A ce roi (jui , déjh plac»^ sur les autels , Ombre Siiinte , a [)ris rang i^armi les imui«irtel>I

IIYI»SK.NOH.

Pour fùter dignement les restes de Thésée , La source des honneurs devrait iMre épuisée. Oui , d'Athènes, demain , les fils reeonnaissiuils DoiNont tarir partout la louange et l'encens!

HERMODORE

Des plus beaux vêtements que la foule parée Coure , dès le matin , au môle du Pyrée , Accueillir , à genoux sur les dalles du port , La galère où revient cet héroïque mort. Qu'un char soit préparé pour l'urne où vit encore L'âme du demi-dieu que tout un peuple adore ; Qu'on sème , devant lui , le sable des chemins De lauriers et de fleurs cueillis à pleines mains ; De leurs longs voiles blancs que nos vierges ornées Aillent chantant en chœur , comme aux Panathénées , Et que l'hymne sacré , répétant le grand nom , Réjouisse dans l'air l'écho du Parthénon !

HYPSÉNOR.

Que , d'après le vieux rite et l'antique symbole , A chacun de nos dieux on offre un taurobole , Dont les quartiers fumants, dépouillés d'intestins , Aux joyeux spectateurs serviront de festins.

HERMODORE

Que la foule au Gymnase aille ensuite s'ébattre.

HYPSÉNOR.

Surtout , n'oublions pas les luttes du théâtre ;

Et , toujours curieux de grands drames nouveaux ,

Proposons une palme aux poètes rivaux.

HERMODORE

Eschyle prisonnier offre , par son absence , Aux jeunes concurrents une bien rare chance !

AGAMliDE.

J'estime heureux celui qui , dans un jour si beau , Viendra , rayon naissant , éclipser ce flambeau !

ACTK III. 09

UiN (iAUDK , entrant dans l'enceinte.

Lo [irôtre d'Eleusis attend à cette ix)rte.

A(;AMi:i)i:.

Qu'il eut IL" .

( Agamède , Hennodure et Hypsénor vont prendre place lia trihiinnl. )

SCÈJNE H.

Lks mkmes. TIlf.OCLI^S.

Pardonnez , f^rands ju}4;es , si j'apporte Dans la severe enceinte un visage indis<*ret , El de vos entretiens si [iia voix vous distrait. Le motif est pressant.

A(>AMkl)K.

Vilniis sous cette voûte , \a- pri^tio de (ieres a le droit (pi'on l'é<M>ute.

Tiu'.ocLts.

Du peuple athénien arbitres tout-puissants , Si nous devons en croire à mille bruits récents , Cimon rapporte entin à la (irèce orpheline Du phis grand de nos rois la i)0ussière divine. A ces restes sicn's , si long-temps attendus , De splendides Imnneurs sans douUi seront dus : Il importe , avant tout, que justice soit faite. SouIVrirez-vous, seigneurs, que durant cette fête , Kx'liyle , incrimin»' d'alh'iitals (MJieux , Même au fond d'un caihol urito encor les dieux ! Usen)ns-nous oilrir.i leurs Siiintes images

La prière et les dons adressés en hommages , Si nous laissons jouir de son impunité L'homme qui fit outrage à leur divinité !

AGAMÈDE , aux gardes.

Devant l'aréopage introduisez Eschyle.

Qu'on ouvre aussi la porte au peuple de la ville. Le peuple , ainsi le veut l'immortelle Thémis , A tous les grands débats doit toujours être admis. Toute loi sort de lui , soit jeune , soit ancienne. Comme aucune raison ne prévaut sur la sienne , Qu'il unit le pouvoir à la sainte équité , Aucun arrêt ne vaut l'arrêt qu'il a dicté,

( On ouvre la grille du fond et le peuple s' amoncelé dans la salle. )

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