ACTE TROISIEME
L'Aréu(iago. Lv tiibuual à Jruiu- Une putto k giuckc. Au fiind , uno lonlure et iiiia grilla duimant tar la pUcu publique. La tribune et la aeletto ec face du tribunal.
SCKINE l»lŒMlh:ilE.
.\(,A.MKUfc: . lltUMODOIU: , HYPSÊNUK ,
AlŒUl'.VGITES , G.VUDES.
Le» porsunr>j)(u< iDurts de l'ai(:opage occupent l«ur< ttiègea. Agaiiiedr litrm«iloiu et Hjpsiaor t'ontrelieDDeot «ur le devant du la tcèoe.
A(iAMÈDE.
Vous avez euteiKlu les messagers rapides : Ils (lisent ([lie Cimoii, chef des jurées inlrtipides , Arrive , rapportant des plages do Scyros La ceiulre de Thési'îe, invincible héros. Comment féterons-nous celte royale cendre? (^>uels sublimes honneurs le jwys doit-il rendre A ce roi (jui , déjh plac»^ sur les autels , Ombre Siiinte , a [)ris rang i^armi les imui«irtel>I
IIYI»SK.NOH.
Pour fùter dignement les restes de Thésée , La source des honneurs devrait iMre épuisée. Oui , d'Athènes, demain , les fils reeonnaissiuils DoiNont tarir partout la louange et l'encens!
HERMODORE
Des plus beaux vêtements que la foule parée Coure , dès le matin , au môle du Pyrée , Accueillir , à genoux sur les dalles du port , La galère où revient cet héroïque mort. Qu'un char soit préparé pour l'urne où vit encore L'âme du demi-dieu que tout un peuple adore ; Qu'on sème , devant lui , le sable des chemins De lauriers et de fleurs cueillis à pleines mains ; De leurs longs voiles blancs que nos vierges ornées Aillent chantant en chœur , comme aux Panathénées , Et que l'hymne sacré , répétant le grand nom , Réjouisse dans l'air l'écho du Parthénon !
HYPSÉNOR.
Que , d'après le vieux rite et l'antique symbole , A chacun de nos dieux on offre un taurobole , Dont les quartiers fumants, dépouillés d'intestins , Aux joyeux spectateurs serviront de festins.
HERMODORE
Que la foule au Gymnase aille ensuite s'ébattre.
HYPSÉNOR.
Surtout , n'oublions pas les luttes du théâtre ;
Et , toujours curieux de grands drames nouveaux ,
Proposons une palme aux poètes rivaux.
HERMODORE
Eschyle prisonnier offre , par son absence , Aux jeunes concurrents une bien rare chance !
AGAMliDE.
J'estime heureux celui qui , dans un jour si beau , Viendra , rayon naissant , éclipser ce flambeau !
ACTK III. 09
UiN (iAUDK , entrant dans l'enceinte.
Lo [irôtre d'Eleusis attend à cette ix)rte.
A(;AMi:i)i:.
Qu'il eut IL" .
( Agamède , Hennodure et Hypsénor vont prendre place lia trihiinnl. )
SCÈJNE H.
Lks mkmes. TIlf.OCLI^S.
Pardonnez , f^rands ju}4;es , si j'apporte Dans la severe enceinte un visage indis<*ret , El de vos entretiens si [iia voix vous distrait. Le motif est pressant.
A(>AMkl)K.
Vilniis sous cette voûte , \a- pri^tio de (ieres a le droit (pi'on l'é<M>ute.
Tiu'.ocLts.
Du peuple athénien arbitres tout-puissants , Si nous devons en croire à mille bruits récents , Cimon rapporte entin à la (irèce orpheline Du phis grand de nos rois la i)0ussière divine. A ces restes sicn's , si long-temps attendus , De splendides Imnneurs sans douUi seront dus : Il importe , avant tout, que justice soit faite. SouIVrirez-vous, seigneurs, que durant cette fête , Kx'liyle , incrimin»' d'alh'iitals (MJieux , Même au fond d'un caihol urito encor les dieux ! Usen)ns-nous oilrir.i leurs Siiintes images
La prière et les dons adressés en hommages , Si nous laissons jouir de son impunité L'homme qui fit outrage à leur divinité !
AGAMÈDE , aux gardes.
Devant l'aréopage introduisez Eschyle.
Qu'on ouvre aussi la porte au peuple de la ville. Le peuple , ainsi le veut l'immortelle Thémis , A tous les grands débats doit toujours être admis. Toute loi sort de lui , soit jeune , soit ancienne. Comme aucune raison ne prévaut sur la sienne , Qu'il unit le pouvoir à la sainte équité , Aucun arrêt ne vaut l'arrêt qu'il a dicté,
( On ouvre la grille du fond et le peuple s' amoncelé dans la salle. )