‹ La fille d'EschyleChapitre 23 sur 36 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Mh'GAMIŒ. KCIIYNOMK.

KUUY.NOMF.

O ma nilo 1 [Jiuloz : en i^wl trouble est votre Jmr!' A ses poruiHîs en vain la fùlc vous réclame , En vain les chciuirs sacrés vous jettent en passant De leurs joyeux accords l'appel retentissant ; Vous, d'un sombre chagrin la prunelle ternie , Vous fuyez, détlaifznant leur aimable harmonie ; Vous cherchez au hazard, pour y cacher vos jws. Tous les lieux «'carlés ou la foule n'est pas. (^uel malheur de vos sens a troublé l'équilibre ? Avez-vous oublié que votre père est libre? Qu'à la s<'ène retulu , le poète aujourd'hui Va cueillir le laurier déjà tressé pour lui?

MKGAMRF.

Qui le sait?

FI RYNOMF.

Quoi î sa Jille est la seule qui doute "^

MM. \MIIJ

(hii , le doute.

F.l RY>OMF

Quenlends-je?

MH;AMiU .

() ma nourrice . écouN- .

Et vois si l'avenir doit |>araitre certain. Escbyle, a mon réveil , m'a (virlé ce matin. — Mé^anire , a-t-il dit , je jKirs |)our le théâtre ;

Pour la palme des vers Eschyle va combattre , Et sûr , plus que jamais , de vaincre mes rivaux , Je te promets , ce soir , quelques lauriers nouveaux.

EURYNOME

Eh bien! n'est-ce point là

MÉGANIRE.

Nourrice , écoute encore, Eschyle s'éloignait , quand celui que j'adore , Sophocle à notre seuil tout-à-coup est venu. Son front resplendissait d'un éclat inconnu. Ses yeux , toujours si fiers , s'éclairaient d'une flamme , Prophétique rayon que l'âme adresse à l'âme. Le dieu qui du matin rallume le flambeau S'élance à l'Orient moins rapide et moins beau ! — Méganire , a-t-il dit , je pars pour le théâtre. Pour la palme des vers Sophocle va combattre, Et les premiers lauriers que mes mains cueilleront , Je les promets, ce soir , en couronne à ton front.

EURYNOME

Ah ! grands dieux !

MÉGANIRE.

J'ai voulu , ne songeant qu'à mon père , Retenir près de moi son rival téméraire. Mais, plus prompt que l'éclair, s'échappantde ma main , Sophocle du théâtre avait pris le chemin. Comprends-tu maintenant ce qui glace mes veines? Et mes terreurs, dis-moi , te semblent-elles vaines , Lorsque j'attends ici , de moment en moment , La couronne d'un père ou celle d'un amant ?

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