‹ La fille d'EschyleChapitre 24 sur 36 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

F.IIRYNOMF.

Je parlnf^o va l rouble , il est peniiis sans don le ; Mais du thcAlrc iix'mc évitez donc la route. Sous le toit paternel , uia lille , vous pourre/ Donner un cours plus libre à vos chagrins secrets.

Mr(;vMf\K.

Non , jedenioure ici : du destin qui s'agite La nouvelle en cv. lieu m'arrivera plus vile. Tandis que nous parlons, ce terrible destin Sur deux fronts bien aimés se sus|)end incertain. Déjà même , la chance est peut-être connue. Suuftles de l'air , oiseaux (|ui passez sous la nue , N'avez-vous rien appris, en traversant les cieux. De lu lutte qui tient mes esprits anxieux ?. . .

ELRY.NOME.

.feconjprends quel supplice est dans (vtte ignorance , .Mais votre co'ur , ma lille . est-il sans prélérrricc ' Kntre les deux rivaux llotte-l-il suspendu? Votre espoir. . . .

mf(;amrk. Ah î sans doute, ii mon père il est dû. Oompagne de mes jours , tu .sais ci)ud)ien je l'aime !

KUnV.NOMF.

('ommenl ne (ws l'aimer , lui, pUis srand qu'un «Ueu même !

mk(;amhk..

Oui , nourrice! ei pourtant , puis-je bien iiijniinriiiii M'assurer (jue mes \u'ux ne penchent que |>ou! bil '

F.l RY.NOMK.

Kh bien ! puistpie chez vous une double temlresse A » li.KMui (les rivaux lour-à-tour s'intéresse .

Quel que soit le vainqueur qui va passer ici , Votre joie est certaine !

MÉGANIRE.

Et ma douleur aussi !

O tourment inconnu qui m'agite et m'accable ! De sentiments confus mélange inexplicable ! Cruelle incertitude , où je voudrais pouvoir Incliner vers mon père , au gré de mon devoir ! Que n'a-t-il pas souffert pour l'honneur de sa fille ? N'a-t-il pas , lui , vertu qui sans rivale brille , Attendu pour mourir le fer ou le poison , Parmi les criminels qui souillent la prison ! Ah ! puisse du combat la chance expiatoire Sur l'opprobre effacé jeter une victoire ! Puissé-je , à ses genoux , pleurant les maux soufferts , Guérir sous des lauriers la blessure des fers !

EURYNOME

J'aime que votre choix vers le père fléchisse. Oubliez que Sophocle. . . .

3IÉGANIRE.

Ah î que dis-tu , nourrice !

Le devoir m'a , sans doute , imposé cet oubli , Mais un pareil devoir peut-il être accompli ! Sophocle serait-il sans droits sur son amante ? Quand passait sur nos fronts le vent de la tourmente , Sophocle n'a-t-il pas , généreux en secours , Défendu mon vieux père et protégé mes jours? Tu le sais : rien n'a pu maîtriser son courage. Il garda ma pudeur d'un infaillible outrage ; Et mon père accusé bénit , le lendemain ,

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