SCÈNE PREMIÈRE
LSCIllLh, il arrive seul, un biton k la main.
Oui , je pars î .iiiv allVonls de la foule ameutée , Je dérobe , eu luyaut, lua vieillesse insultée. Du destin jusqu'au bout je subirai la loi. ( )r , |)uis(iu'il a tué mon génie avant moi , Puis(iue les fils pervers d'une ingrate patrie Se sont fait un hochet de ma gloire tlétrie , Je vais chercher au loin , sous un ciel ignoré , \ai mort que je poursuis. . . et que je trouverai ! De près , elle sourit à mon Obil prophétique.
( Se îrtimrnanl vers la mnlisse , à droite. ) Adieu , doux lirmament de la sereine Atticpie , Adieu , cahnes vallons , oi'i , sous les chênes verts , Mes beaux jours furent ceux que votre ombre a couverts î Kcfjois aussi , reijois , à cette heure fatale , L'adieu (pie je te jette, o ma cité natale, Et loi , temple des arts , théâtre de Hacchus , -Adoré des vainqueurs , détesté des vaiFicus! ....
( // x'asaied sur un hlor de pierre. ) Pour que dans mon malheur luciin rayon ne brille.
Sous mon toit déserté j'abandonne ma fille ;
Je la laisse : à quoi bon lui faire partager
De vagabonds destins promis à tout danger ?
Je voulais sur son front , empreint de nobles charmes ,
Déposer en partant un baiser et des larmes ;
Mais pouvais-je serrer cet enfant sur mon sein
Sans trahir, malgré moi , mon ténébreux dessein !
( Se levant. ) Que diras-tu , ma fille , à la prochaine aurore , Quand les yeux s'ouvriront pour me sourire encore ! Ne me rappelle pas ; car tu n'entendrais plus Que l'écho seul répondre à tes cris superflus. Adieu ! de mon exil sois bientôt consolée ! Mais préserve toujours ta pudeur isolée ; Et garde ta vertu sans tache ni soupçon , Mieux qve je n'ai gardé la gloire de mon nom !
( Il touche au pied de la montagne. )