SCÈNE XIIL
Les Mêmes; CATHERINE, en uniforme de lambour des Gardes Françaises ; elle entre brusquement.
CATBERISE, avec l'accent d'un soldat.
Salut la compagnie...
LATHORILUÈllE.
Tiens '.... qu'est-ce que c'est que ce petit Castillan qui nous tombe du ciel ?...
CATBEHINE , s'approcbant de Lathorillîère.
Excusez, mon fj^os bouifjeois. .. ne serait-ce point vous qui s'appelleriez Raron '?
li.iRON.
C'est moi... que demandez-vous ?
CATBERIKE.
Pardon, comédien, si je m'introduis militairement dans votre foillier domestique... je n'ai qu'un mot à vous communiquer... je me nomme Bellepointe... et voilliit
BARON
Rellepointe '?,..
CATHERISE.
Un peu... c'est moi qu'est le jeune tambour dont ce matin mam'selle Marf;ot vous a fait fellation... et comme vous vous êtes permis des licences avec cette innocente villageoise, je prends celle de venir très poliment vous passer mon {jlaive au travers du corps... et voilla !
lATllORIi.l.lÈRE.
Comment, comment!... lu as pris des licences''...
BARON
Je ne sais pas ce qu'il veut iliic.
CATHERINE
Comédien, vous manquez de respect à la vérité... tenez , j'en fais juj^e mon {jros bourgeois...
LATHORILLIKUE, avec humeur.
Mon {{ros bourf|eois... mon (;ros bourf^eois...
CATHERINE
Eh bien! est-ce que vous aureriez la prétention d'être dans les émincés?... (Klle hii frappe sur le ventre.) Farceur !
LATIlORILI.lÈne.
Aïe!... laissez-moi donc, musicien de régiment... est-ce qu'il prend mon ventre pour une {jrosse caisse?...
BARON , à Catherine. Au fait, anrez-vousbientùt fini?
CATHERINE
Minute, comédien... avant de détruire un particulier, je liens-t-à prouver que le massacre est légal et tempestif... Or donc, il est revenu-z-à ce malin à l'écho de mes oreilles que tu avais évu l'audace de déposer un baiser IVauduleus de dessus la joue virguiale de ma Dulcinée... ce h quoi je viens le demander la raison pourquoi-t-est-ce, aHn de tixer mon ressentiment-z-à cet égard... et voillà !
An d'Adam.
Ra pa ta plan... etc., etc.
J'ai le chapeau-z-à cornes.
Mais selon Ion désir.
Dans r corps des capricornes Je ne veux pas servir.
Si t'as r cœur de m' suivre, Conlédicii , j' prétends .
Pour t'appreutlre à vivre, Te tuer en deux temps.
Ra pa ta plan... etc., etc., etc.
Pour les bons je suis un mouton.
Pour les mécliants je suis un lion.
DEUXIÈME COIPI.ET.
Ra pa'ta plan... etc., etc.
Je u'aim' pas qu'on me vesque I...
V'.i quoique bon enfaut, Qnand il s'af^it du sesque.
Je n' suis pas-l-enduranl !
Oui, mon gciuilhonime, Avec mon briquet, Fn deux j' coupe un lioiume Plus vile qu'un naiet.
Ra pa la plan... etc., etc.
Potir les bons, etc.
BARON
Eh morbleu ! gardez votre Margot et laissezmoi tranquille.
LATHOniLl.lÈnE.
C'est charmant! (A Baron.) Voilà donc la belle conquête dont tu le vantais loul-.il'heiire?
CATHERINE
Ah ! il s'a vanté? (A Baron.) Tu t'as vanlé?
LATIIOBIIXIÈIIE.
Oui, oui; monsieur voudrait faire croire qu'il ne courtise que les grandes dames, et il s'abaisse à soupirer pour une...
CATHERINE
l'ne quoi?
LATUORILtlÈRE
Eh bien ! une grisetle.
CATHERINE, avec colèie.
Jour de Dieu! venlrebleu ! palsambieu! sacrebleu !
lATUORILLIÈRE, reculant effraye.
Qu'est-ce qu'il a donc, ce petit Barbe- Bleue?
CATHEniSE.
Il parait que vous êtes las au.ssi de fouler aux
[lieds le sol des liuinains? Ali ! vous insullez ma déesse ! ah ! vous la baptisez du nom amphibrologique de grisette! en ligne ! J'éprouve le besoin de vous annuler aussi.
(Il tire son sabre.)