BARON, CATHERINE
BARON ^3 part.
Quand j'ai fait tout au monde pour ne pas me trouver seul avec elle... cette pauvre Catherine, ça me coûte plus que je ne l'avais pensé ! CATHERINE, avec émotion.
Enfin je prux donc vous voir, monsieur Baron. Il y avait si long-temps que j'aspirais à cet honneur-là ; me pardonnerez-vous d'avoir employé un tel inoven pour l'obtenir?
BARON , avec embarras.
Comment donc, ma chère Catheriire, mais c'est nroi tpii suis flatté au contraire; <le nombreuses occupations m'avaient privé du plaisir de vous recevoir; croyez que sans cela...
CATHERINE
Oh! bien, moi, pour vous revoir j'aurais tout sacrifié î
BARON
Vraiment?
CATHERINE
Uaine ! un ami d'enfance, presque un frère, est-ce que ça s'oublie ? sur-tout quand on est orpheline et sans appui, sans secours sur la terre.
haron.
Eh quoi! Catherine, vous étiez sans secours? mais il fallait donc me le faire savoir, je me serais empressé...
CATHERISE.
Merci, monsieur Baron; mais, malgré soi, on se sent un peu de fierté dans l'aine; et parcequ'autrefois mon père a été assez heureux pour vous accueillir, pour vous traiter comme son fils lorsque vous étiez aussi sans famille, vous , était-ce une raison pour que je vinsse mendier vos bienfaits? Oh! non, ça m'aurait fait rougir, et j'ai mieux aimé vous cacher mon sort que di^ risquer de vous paraître importune ; cependant je n'avais pour héritage que le nom de mon père, et c'était peu, car son talent était mort avec lui ; n'importe , je me suis rappelé ses conseils, les leçons qu'il nous donnait à tous deux quand nous étions encore enfants. Ces souvenirs-là, et peut-être un peu d'intelligence, m'ont valu d'abord (picli[ues succès dans une troupe de comédiens ambulants aussi pauvres tpie moi.
BARON
Vous avez eu lort^ Calhcriuc; il ne fallait pas gâter ainsi il'henrcuses dispositions; vous auriez dit suivre mon exemple , entrer comme moi dans la troupe des petits comédiens ilc monseigneur le dauphin, et...
CATUERIHE.
Je %ous ai dit que mon père n'était plus là pour me protéger comme vous, monsieur Baron , et je pouvais mourir (le faim ; aussi j ai eu tïu courage; à force de veilles, de travail, je suis parvenue à mériter les applaudissements du public de toutes les villes que je parcourus, et une fois que la pauvre Colombine fut au-dessus du besoin , sa plus chère envie fut de revenir à Paris, où elle avait laissé ses souvenirs, son amitié , son bonheur; car vous y étiez toujours resté, monsieur Baron.
BARON, un peu attendri.
Comment, Catherine, vous pensiez à moi?... Ah !... ce que j'entends là me fait un plaisir... CATHErIse, avec abandon.
Et moi , donc ! jugez de mon trouble lorsque je vous vis... car ma première idée fut d'aller à l'hôtel de Bourgogne entendre celui dont tout Paris admirait le talent.