‹ La fille de DominiqueChapitre 33 sur 38 · B»RON · texte numérisé non relu

B»RON

En vérité?... Et qu'avez-vous pensé de ce talent ?

CATHERINE

Cachée dans un petit coin delà salle, j'écoutais, je regardais, et je mêlais mes applaudissements à ceux de tous les spectateurs... Que j'étais heureuse d'assister à vos triomphes !... que j'aurais été fière de pouvoir vous demander vos conseils!

BARON , à part.

Plus je l'entends, et plus elle m'inspire d'intérêt...

CATHERINE

Mais maintenant il ne faut plus penser à tout cela; celui que je croyais mon ami m'a repoussée sans m'entendre... il n'a répondu à ma demande que par un refus... à mes efforts que par le mépris...

BARON , vivement.

Qui a pu vous faire supposer...

CATHERINE , tirant une lettre de son sein.

Votre réponse, monsieur Baron ah! elle

est bien dure !...

Air :

sage,

loui, doit, madame (Un de

C'est en pleurant que j'ai lu cette lettre

Que sans pilié votre main nie traça ,

El prudemment je viens vous la remettre ;

Pour votre honneur, monsieur, rcprcnei-la.

En la gardant j'aurais l'inquiétude.

Si je venais nn jour à l'égarer,

tjuc l'on [lût voir un Irait d'ingratitude

Signé d'un nom que je veui révérer.

BARON

Ma chère Catherine, vous venez de me faire sentir tous mes torts, et je comprends maintenant combien j'ai dû vous paraître coupable,

injuste, cruel! et pourtant il ne m'est plus

possible de réparer ma faute, car lout-à-l'heure messieurs les comédiens du roi en assemblt'c i;éiiéialc viennent de prononcer votre arrél.

CATHERINE

Je devine... Ils me conseillent de retourner <

A-peu-près... mais aussi , pourquoi ne m'avoir pas prévenu des progrès que vous aviez faits... des succès que vous aviez obtenus?... Si d'avance j'avais pu juj;er par moi-même...

CATHERINE

Dame! si je n'avais pas craint de vous fâcher...

BARON

Que voulez-vous dire?

CATHERINE

AIR ; J'ai vu la meunière.

Pour vous prouver que j'aurais pu

Chez vous d'abord j'avais voulu ,

Pauvre comédienne.

En servante venir tantôt.

Avec un air simple et lourdaud ; (Reprenant l'accent paysan.)

Mais j'ons craint, morguennc, Qu' vous n' chassiais Margot !

BARON

Qu'entends-je !... eh quoi ! Catherine...

CATHERINE

Même air.

Tout bas aussi je me disais :

\ ce maître habile Prouvons, par un nouveau succès,

Quejc suis docile.

En tendre folle il me verra , A mes genou-\ il tombera...

Mais l'illustre Achille

Est trop fier pour ça.

BARON

.Ainsi, vous avez voulu rire à mes dépens?...

CATHERINE

Même air.

Enfin, pour être digne en tout

De votre gnft'rage, Quittant la robe, et lout-ii-coup

Changeant de langage.

Je voulais, d'un fifre en courroux.

Prendre le ton brusque et jaloux , ( Avec laccent troupier.) ^

Mais j'ai trop d'usage Pour me moquer d' vous.

BARON , transporté.

Qtioi! tous les genres réunis!... Ma petite Catherine, embrasse-moi... (Il l'embrasse. —Les comédiens renircni doucement.) Oh ! tu débuteras, tu seras admise... ( Se retournant.) Venez, mes

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