‹ La fille de ioroChapitre 27 sur 98 · ACTE I. — SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCENE V

l'eau sainte sur les gonds. Mère,

que voulez-vous que je fasse? C'était la nuit^

c'était avant l'aube, c'était la nuit,

quand elle s'est îuise en route pour venir.

Profond, profond était mon sommeil,

6 mère! Pourtant f vous ne m'avie^ pas

mis de pavot dans mon vin.

Et ce rêve de Christ a failli.

Je sais d'oit vient cette chose,

mais je retiendrai ma bouche.

Femmes, que voulez-vous de moi?

Que je l'empoigne par les cheveux?

que je la traine sur l'aire?

que je la jette aux chiens affamés?

Eh bien, oui, je le ferai, déferai cela.

Lorsqu'il s'avancera vers Mila di Codra, celle-ci se réfugiera près du foyer.

Mila.

e me touche pas! Prends garde!

Tu pèches contre la sainte loi du foyer;

tu fais un grand péché mortel contre ton sang, contre la loi de tes aïeux et de ton peuple.

Sur la pierre de ce foyer je verse le vin que me domia la créature sœur de ta chair.

Si tu me touches, si tu m'offenses,

tes mortSy tes morts, tous, dans ta terre, ceux des années noires d'oubli, les plus lointains, les plus lointains, à trente pieds sous l'herbe, auront horreur de toi éternellement.

Elle prendra le gobelet et versera le vin sur la pierre inviolable. Alors les femmes jetteront de hauts cris perçants.

Le chœur des parentes.

— Ahï elle a ensorcelé Vâtre!

— Elle a mis dans le vin une mixture; je l'ai vue, je Vai vue. Un éclair l

— Prends-la, prends-la, Aligi; arrache-la du foyer !

— Saisis-la par les cheveux!

— O Aligi, n'aie pas peur :

la conjuration ne vaut rien.

— Entraîne-la, et brise le gobelet; brise-le contre un landier.

— Détache la chaîne, mets-la-lui au cou et tourne trois tours.

— Elle a ensorcelé, ensorcelé Vâtre!

— Hélas! hélas! la maison croule!

Ah! que de pleurs on va pleurer ici!

Le chœur des moissonneurs.

— Oh! oh! vous battez-vous ensemble?

— Nous sommes là, nous attendons.

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