ACTE I. — SCÈNE V. S
Maria Cora.
Ne voiS'tu pas ta Vienda?
La pauvre semble se mourir.
La Cinerella.
Quel homme es-tu? S'est-elle enfuie
de tes os, toute ta force?
et dans ta bouche ta langue
s'est-elle séchée, que tu ne souffles mot?
Felàvia.
Tu semblés défaillir. As-tu perdu sur la montagne ton sentiment^ et ta raison sur la prairie?
MÔNICA.
Ne vois-tu pas qu'il tient encore ce mantel pris à la sorcière ?
L'étoffe s'est collée à ses doigts.
La Catalana.
O Candia, ton fils est devenu hébété. Que Dieu t'assiste!
Gandia.
Aligi, Aligif ne nous entends-tu pas?
Que fais-tu? Oîi es-tu? Es-tu hors de toimême?
Que nait-il dans ton âme?
Elle lui ôtera de la main le mantel et le jettera par terre, du côté de la réprouvée.
'est moi qui ouvrirai la porte; et toi, mon fils, fais-la sortir.
Pousse-la, pousse-la dehors...
C'est à toi que je parle, Aligi. M'entends-tu? Ah! en vérité, tu as dormi sept cents ans, sept cents ans, et tu n'as plus connaissance de nous!
Femmes, il plaît à Dieu de me perdre.
J'espérais qu'en ces deux journées Dieu voudrait m'accorder une pause, afin que je pusse avaler ma salive moins amère...
Mes filles, prene^-jjwi dans le coffre mon mantelet noir et m'en couvre^ la tête, pour que je me lamente dans mon cœur.
Le fils secouera la tète; un mélange de démence et d'effroi bouleversera sa face inondée de sueur. Il parlera comme un homme en délire.
Aligi.
ue voulez-vous de moi, mère?
Je vous ai dit pourtant : « Pose{ contre le seuil la charrue, le char, les bœufs, les pierres, les mottes, la montagne avec toute sa neige... »
Moi, que vousai-je dit ? Vous, qu'ave^-vous dit ? Voilà, oui, la croix de cire bénite le jour de l'Ascension,