ACTE I. — SCÈNE I. i
Ornella, chantant.
Toute de vert il faut que je me vête y
toute de vert pour la Saint- Jean,
puisque l'époux, puisque l'amant
est venu dans la saison verte.
OU), cm, otlà !
Splendorb.
oici le corsage brodé
avec sa gorgerette,
le cotillon de dou^e lés, le collier et la coniette que notre mère t\i donnés.
Ornella, chantant.
Toute de vert, et la robe et la chambre...
Oïl), oïl), oïlà I
Favetta.
Chère Vienda, que veux- tu ?
Splendore.
Que veux-tu, belle-sœur chérie ?
Ornella.
Les pendants avec la broche,
la ceinture cramoisie...
Voilà que sonne la cloche,
sonne la cloche de midi.
Splendore.
Et puiSf voici qu'à ta porte
va venir la parenté, la parenté qui t'apporte les corbeilles de grain dore.
Favetta.
Et toi, tu dors, ô marmotte! ^
Les trois sœurs.
Aligi, Aligi, et toi?
Splendore.
De velours t'habilleras-tu ?
Favetta.
Veux-tu donc dormir sept cents ans avec la Belle-au-bois-dormant?
Ornella.
us ! Demain, c'est la Saint-Jean, cher frère, c'est la Saint-Jean.
A la Plaia il faut que faille dejnain, pour voir le chef sanglant dans le soleil; il faut que faille pour voir, au lever de l'aurore, le sang caillé sur le plat d'or.
Favetta.
Sus, Vienda, sus, tête d'or !
Regard de douce pervenche ! Dans la campagne on fauche l'or De ces épis qui te ressemblent.