‹ La fille de ioroChapitre 4 sur 98 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

Par la petite porte entrera leur mère, Candia

DBLLA LeONESSA.

Candia della Leonessa.

h ! cigaleSy mes cigales, une de vous, à force de chanter, crèvera sûrement au haut du peuplier.

Ce n'est plus l'heure oit les coqs chantent

pour éveiller les endormis;

c'est l'heure oit chantent les cigales,

les trois cigales de midi

qui ont pris une porte close

pour un arbre aux branches feuillues.

Mais tu n'écoutes pas, ma bru.

Aligi ! A ligi ! mon fils !

La petite porte s'ouvrira. Et on verra paraître

répoux imberbe, qui donnera son salut d'une

voix grave, les yeux fixes, religieusement.

Aligi.

Loués soient Jésus et Marie !

i6 LA FILLE DE JORIO.

Et vous, mère, qui me donnâtes cette chair baptisée, bénie soye^-vous, ô mère!

Bénies soj-e^-vous, ô sœurs, fleurs du sang qui est le mien!

Pour vous, pour moi, je me fais la croix au milieu du visage, si bien que n'y passe l'Ennemi ni mort ni vif, ni feu ni flamme, ni poison ni sortilège, et que ne le baigne ni maie sueur ni pleur. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Les sœurs se signeront et franchiront le seuil, emportant les vêtements. Aligi s'approchera de sa mère, comme perdu dans un rêve.

Candia.

a chair vivante, je te touche le front avec ce pain de pure farine, pétri dans la huche qui a cent ans,

née avant la mère, née avant l'enfant.

Je te touche le front pour qu'il soit toujours

clair; je te touche la poitrine pour qu'elle soit

toujours vaillante; et cette épaule et cette autre, je te les touche pour que tes bras suffisent à la peine et que ta femme y repose sa joue.

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