SCÈNE DEUXIÈME
Par la petite porte entrera leur mère, Candia
DBLLA LeONESSA.
Candia della Leonessa.
h ! cigaleSy mes cigales, une de vous, à force de chanter, crèvera sûrement au haut du peuplier.
Ce n'est plus l'heure oit les coqs chantent
pour éveiller les endormis;
c'est l'heure oit chantent les cigales,
les trois cigales de midi
qui ont pris une porte close
pour un arbre aux branches feuillues.
Mais tu n'écoutes pas, ma bru.
Aligi ! A ligi ! mon fils !
La petite porte s'ouvrira. Et on verra paraître
répoux imberbe, qui donnera son salut d'une
voix grave, les yeux fixes, religieusement.
Aligi.
Loués soient Jésus et Marie !
i6 LA FILLE DE JORIO.
Et vous, mère, qui me donnâtes cette chair baptisée, bénie soye^-vous, ô mère!
Bénies soj-e^-vous, ô sœurs, fleurs du sang qui est le mien!
Pour vous, pour moi, je me fais la croix au milieu du visage, si bien que n'y passe l'Ennemi ni mort ni vif, ni feu ni flamme, ni poison ni sortilège, et que ne le baigne ni maie sueur ni pleur. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Les sœurs se signeront et franchiront le seuil, emportant les vêtements. Aligi s'approchera de sa mère, comme perdu dans un rêve.
Candia.
a chair vivante, je te touche le front avec ce pain de pure farine, pétri dans la huche qui a cent ans,
née avant la mère, née avant l'enfant.
Je te touche le front pour qu'il soit toujours
clair; je te touche la poitrine pour qu'elle soit
toujours vaillante; et cette épaule et cette autre, je te les touche pour que tes bras suffisent à la peine et que ta femme y repose sa joue.