‹ La fille de ioroChapitre 33 sur 98 · ACTE I. — SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCÈNE V

mantel, et, encore prosternée, l'enroulera autour de sa tète pour se cacher la face. Ensuite, comme en rampant sur le sol, elle ira vers la porte, près du montant opposé à celui où se trouvera le pâtre. Muette et rapide, elle se redressera et s'adossera contre le mur. Là, immobile et emmantelée, elle attendra le moment propice pour disparaître.

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n verra une caverne de la montagne, en partie revêtue de planches, de ramée, de paille, largement ouverte vers un sentier pierreux. Par l'ample bouche de cette caverne on découvrira les pâturages verts, les cimes neigeuses, les nuages errants. Il y aura des grabats de peaux de brebis, des tables de bois grossier, des besaces, des outres vides et pleines, un é<abli pour tourner et sculpter, et, sur l'établi, la hache, la plane en forme de lune, la gouge, la lime, Tentailloir, d'autres instruments, et, à côté, les objets travaillés : quenouilles, fuseaux, spatules, cuillers, mortiers, pilons, chalumeaux, sifflets, candélabres; un tronc de noyer qui, à la partie inférieure, sera encore informe dans son écorce, et qui, à la partie supérieure, portera en haut relief la figure d'un ange à peine ébauchée par le ciseau jusqu'à la ceinture, mais avec les ailes déjà presque finies. Une petite lampe d'huile d'olive brûlera

devant l'image de Notre-Dame, dans un creux de la roche comme dans une niche. Une cornemuse pendra auprès. On entendra les clochettes des troupeaux dans le silence de la montagne, à la chute du jour, peu après l'équinoxe d'automne.

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