‹ La fille de ioroChapitre 62 sur 98 · ACTE II. — SCÈNE VI. iig · texte numérisé non relu

ACTE II. — SCÈNE VI. iig

Ramasse ce sac. Il y a dedans

des racines pour tuer dix loups.

Et attache-le à ma mâchoire

toi-même, et à pleine bouche

j'y mangerai — tu verras! —

comme la jument qui triture

son avoine. Et moi aussi, ensuite,

ramasse-moi froide, et sur le bât

pose-moi en travers, liée

avec tes cordes, et emmène-moi dans la vallée

sur ton âne.'Se, devant le bailli,

et dis : « Voici la bête

malfaisante î » Et qu'on brûle mon corps,

et que tes femmes viennent voir

et se réjouissent. Peut-être

que l'une d'elles avancera la main

dans les flammes sans se brûler,

pour en retirer mon cœur.

A la première invitation, Lazaro aura ramassé le sac des simples et en aura examine' le contenu. Il le rejettera derrière lui avec méfiance et dédain. Lazaro.

\h, ah! tu veux me tendre un piège.

Qui sait à quel guet-apens tu m'attires ?

Dans ta voix je sens l'embûche.

Mais je te prendrai avec mon nœud.

Il fera un nœud à sa corde.

Ni morte ni froide ne te veut

Lajaro, grâce au Ciel!

Ce qu'il veut, Mi la di Codra,

c'est faire avec toi la vendange, cet octobre.

Il a déjà préparé ses cuveaux.

Ce que La^aro veut, c'est presser avec toi

le raisin et se saouler de vin doux.

Il s'avancera vers la femme, riant d'un air sinistre. Elle se tiendra prête à se dérober par la fuite. L'homme la poursuivra. Elle bondira de-ci de-là, mais sans réussir à s'échapper.

MlLA.

Ne me touche pas ! Aie honte!

Ton fils est derrière toi.

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