‹ La fille de ioroChapitre 64 sur 98 · ACTE IL - SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE IL - SCÈNE VIL

comme le petit-lait de l'éclisse, berger, dans ton épouvante.

Aligi.

Père, que voulez-vous faire?

Lazaro.

Ce que je veux faire? M'adresser

une question, tu n'en as pas le droit.

Mais je consens à te dire que je veux prendre

la brebis galeuse dans ce nœud

et l'emmener oit bon vie semble.

Ensuite je jugerai le berger.

Aligi.

Père, vous ne fere^ point cela.

Lazaro.

\omment as-tu la hardiesse de lever sur moi le visage? Prends garde que je ne te le rougisse tout à coup.

Va et retourne au parc, et restes-y

avec ton troupeau dans la clôture

jusqu'à ce que je vienne te chercher.

Sur ta vie, obéis !

Aligi.

Père, le Seigneur me préserve

de ne vous rendre pas obéissance !

Et vous, juge^, vous en ave^ le pouvoir,

juge^ votre fils. Mais cette créature,

laissez-la en paix,

laissez-la pleurer seule.

Ne l'offense:^ pas. C'est péché.

Lazaro,

h ! innocent de Dieu !

De quelle sainte parles-tu ?

Ne vois-tu pas (les yeux te seraientils tombés?) ne vois-tu pas qu'elle a sous les paupières et autour du cou les sept péchés mortels ?

Certes, quand tes moutons la voient, ils la cossent. Et toi, tu as peur que je ne l'offense !

Mais je te dis, moi, que les ornières de la grande route sont beaucoup moins battues que les hontes de cette femme.

Aligi.

5/ ce n'était pour moi un péché envers Dieu,

si ce n'était pour moi un méfait envers

l'homme, père, je vous répondrais que vous en ave^ menti par la gorge.

Il fera quelques pas obliques et s'interposera entre son père et la femme, couvrant celle-ci de sa personne.

Lazaro.

Que dis-tu? Puisse ta langue se sécher!

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