ACTE lîL — SCÈNE I. j
La ClNERELLA.
Ses filles ont peur d'elle.
Felàvia Sèsara.
Et toi, Femo, as-tu témoigné?
La Catalana.
Et Aligi était-il près de toi?
Et devant le juge, qu'a-t-il dit?
MÔNICA DELLA CoGNA.
Qu'a-t-il dit? Qua-t-il fait? A-t-il hurlé, est-il tombé en frénésie, le pauvre ?
Femo di Nerfa.
\l est resté à genoux toujours,
et il regardait sa main.
Et à chaque instant il disait :
« Mea culpa. » Et il baisait la terre devant lui. Et il avait un visage humble et pieux, de sorte qu'il paraissait innocent.
Et l'Ange sculpté dans la souche était là, avec la tache de sang.
Et nombre de gens pleuraient à l'entour. Et quelques-uns disaient : « // est innocent. »
ANNA DI BOVA.
Et la louve maudite, Mila
di Codra, on ne l'a pas retrouvée ?
La Catalana.
Où est-elle, la fille de Jorio?
On n'en a pas de nouvelles ? Que sais-tu ?
Femo di Nerfa.
On l'a beaucoup cherchée dans les parcs,
mais elle n'a laissé aucune trace.
Les pâtres ne l'ont pas vue.
Seul Cosma, le saint des montagnes,
dit l'avoir vue, et qu'au fond de quelque
ravin elle est allée jeter ses os.
La Catalana.
Puissent les corbeaux la trouver encore
vivante et lui crever les yeux! Puissent les loups la trouver vivante et la déchirer !
Felàvia Sèsara.
Et puisse renaître toujours
au supplice sa chair abominable!
Maria Cora.
ais-toi, tais-toi, Felàvia. Silence!
Silence ! Candia s'est levée, elle marche, elle vient sur le seuil.
elle va sortir. Filles, filles, elle s'est levée. Soutenez-la.
Les sœurs se sépareront et iront vers la porte.
Le Chœur des pleureuses.
Candia délia Leonessa,
Où vas-tu ? Qui t'a appelée ?