‹ La fille de ioroChapitre 80 sur 98 · ACTE m. — SCÈNE IL i · texte numérisé non relu

ACTE m. — SCÈNE IL i

— Faites- lui cuire dans son vin de r herbe morelle,

pour qu'il perde la mémoire et ne s'aperçoive de rien.

— Va, Maria Cora, toi qui te connais aux drogues;

aide Ornella a préparer le breuvage.

— Grand est le forfait, mais grande est la souffrance.

— Ah ! quelle pitié ! Regarde les gens, comme ils sont muets! Tout le pays vient.

— Ils ont laissé les vignes à l'abandon.

— Aujourd'hui on ne cueille pas de raisin : la terre aussi

est en deuil. Qui ne pleure pas? Qui ne pleure

pas?

— • Regarde Vienda. Elle semble en agonie.

— Mieux vaut pour elle avoir perdu la connaissance.

— Mieux vaut pour elle n'entendre ni ne voir.

— Ah ! quel destin amer! Il y a trois mois que nous sommes venues apportant les corbeilles.

— Et le mal futur, qui peut le prévoir?

— // n'y aura plus de larmes pour pleurer.

Femo di Nerfa.

Silence, femmes, silence! lona est là.

i54 LA FILLE^DE JORIO.

Les femmes se retireront vers le porche. Il se fera un grand silence.

La toix d'Iona.

O veuve de La^aro di Roio,

ô gens de cette maison infortunée,

alerte, alerte! Le Pénitent arrive.

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