ACTE III. - SCÈNE IV, i-jS
qu'elle y a creusés, quand fêtais
sous ses paroles trompeuses
comme ma montagne ruisselante
sous les eaux de neige ! Remplisse!^ en moi
le sillo7i de cette espérance
par oit a couru la grâce
de tous mes jours trompés !
Efface^ de moi tout vestige !
Faites que je n'aie ni entendu
ni cru, jamais! Mais, si cela
ne peut être, si je suis celui
qui entendit, crut, espéra,
celui qui adora l'Ange pervers,
coupe^-tnoi les deux mains,
couses-moi dans le sac de cuir
(Lonardo, ne le mets pas de côté)
et jete:j-moi dans le fleuve
pour que j'y dorme sept cents ans,
que je dorme sous l'eau, dans le gouffre
profond, encore sept cents ans,
et qu'il ne me souvienne plus que le jour
de Dieu a illuminé ces yeux-là !
Ornella.
Mila, Mila, c'est l'ivresse
du vin drogué, du breuvage
qu'il a eu de sa mère pour réconfort.
La foule.
— Détache-le, lona. Il a le délire.
— Il a pris la solanée dans le vin.
— Que sa mère V étende sur le lit.
— Que le sommeil lui vienne et qu'il dorme.
— Que Jésus l'apaise.
lona donnera à l'un de ses gens l'étendard et s'avancera vers Aligi pour lui ôter les liens.
Aligi.
ui, délie-moi pour un instant, que je puisse lever les mains contre cette femme (non, ne la faites pas ardre : la flamme est belle!), et prendre à témoin mes morts, tous mes morts dans ma terre, ceux des années noires d'oubli, les plus lointains, les plus lointains, à soixante brasses sous l'herbe, pour la maudire, pour la maudire !