‹ La fille de ioroChapitre 98 sur 98 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Page i33. Didascalie. Le cadavre de Lazaro. — L'usage traditionnel exige que le cadavre d'un homme mort de mort violente soit étendu sur le sol nu, sans autre chose qu'une botte de sarment ou des briques pour lui soutenir la tête. Cf. de Nino, II, 244.

Page i36.Le chœur des pleureuses. — Dans les Abruzzes, l'usage antique des lamentations fu-

jf)H LA FILLE DE JORIO.

nèbres est encore en vigueur. Tandis qu'on attend le cortège qui emportera le cadavre, celui-ci est couché sur une table au milieu de la chambre. Parents et amis l'entourent en pleurant. Toute personne qui vient à passer devant la maison, soit amie du défunt, soit même étrangère, est priée d'entrer; et, admise dans le cercle de ceux qui pleurent, elle doit pleurer aussi ou du moins faire semblant.

Aux parents et aux amis s'adjoignent des pleureuses à gages, prèfiche, qui accompagnent de nénies douloureuses, en commémoration du défunt, les lamentations domestiques.

A certaines époques, cet usage devint si excessif que, dans plusieurs diocèses, l'autorité ecclésiastique dut promulguer des décrets spéciaux pour réprimer la frénésie des lamentations funèbres. Un de ces décrets, daté de 1734, s'exprime ainsi: « Dans le cas où les femmes ne cesseraient pas les abus qui se commettent à l'occasion des funérailles, ordonnéestavec toute la rigueurdes Constitutions aux Révérend Archiprêtre et Clergé» sous peine de suspension a divbiis, que, si lesdites femmes continuent à troubler l'office religieux par des plaintes, des lamentations et autres semblables signes de paganisme, ils se désistent de leur ministère et les quittent avec le cadavre dans un entier abandon jusqu'à ce que, retournées en leurs demeures, elles aient laissé ledit cadavre libre, de sorte que le service se puisse faire selon les prescriptions du Rituel romain. »

Sur les prèfiche dans les Abruzzes, voir Gio-

COMMENTAIRE. igg

vanni Pansa, Noterelle di varia erudi^ione, Lànciano, 1887. Cf. Triomphe de la Mort^ pp. 419- 425, les lamentations de la mèrç sur le corps de son enfant noyé.

Page 147, ligne 4. Aujourd'hui c'est vendredi. — Si l'on se réjouit le vendredi, un malheur est imminent. Proverbe : « Le rire du vendredi n'arrive pas au samedi. » Sur le vendredi considéré comme jour néfaste et sur les nombreuses choses que l'on doit s'abstenir de faire ce jour-là, cf. Finamore, bl-5g.

Page 149, ligne 2. Ah! elle dit les heures de la Passion! — La mère, dans son délire, vient de réciter plusieurs vers de la lauda de Marie et saint Jean On trouvera le texte complet de ce beau cantique écrit en dialecte dans l'ouvrage d'A. de Nino, iV, 1 17-122. Le même volume contient un grand nombre d'autres laudi très curieuses. ^

Page i52, ligne 17. Quelle pitié! Ce voile noir sur sa tête. — La peine du parricide représentée ici par le poète est à peu près celle qu'établissait l'antique droit romain, selon le témoignage de Modestinus, Digeste, livre XLVIII, tit. 9, § 9 : u Pœna parricidii more majorum haec instituta est : ut parricida, virgis sanguineis verberatus, culleo insuatur cum cane, gallo gallinaceo et vipera et simia, deinde in mare profundum culleus jactetur. » Le culleus était un sac de cuir. Mais

dès l'antiquité cette peine atroce tomba en désuétude. Cf. Kohler, Das Strafrecht der italienieschen Statuten vom i2-i6 Jahrhundert, Mannheim, 1897, p. i36 et sq.

Page i55, ligne 11. Entre les mains du peuple a été remis Aligi. — La coopération du peuple, non seulement pour juger, mais aussi pour punir les coupables, est étudiée par Fertile, Storia del diritto italianOj 2" édition, V, 126; VI, 1" partie, 219, et 2* partie, 160.

Page 161, ligne 7. Tu as passé le fleuve.— Lorsqu'un cortège funèbre doit traverserun cours d'eau, tout le monde s'arrête. Alors le plus proche parent du mort ou le plus vieux de la compagnie, enveloppé dans un long manteau de laine, ramasse un caillou qu'il jette dans l'eau après avoir crié au mort : « Nous allons passer la rivière et ensuite nous irons au ciel. » Si Ton négligeait d'observer ce rite, le cercueil deviendrait « plus pesant qu'une paire de bœufs », et on ne pourrait le transporter à l'église. Cf. de Nino, II, 242.

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