‹ La fille de ioroChapitre 97 sur 98 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Cet Acte offre un tableau crès fidèle de la vie pastorale dans les Abruzzes, où elle conserve encore tant de vestiges des usages anciens.

Pendant la bonne saison, les pâtres s'établissent sur la montagne; ils parquent leurs troupeaux (hannoju sta^^u) dans le lieu qu'ils ont choisi d'avance, et eux-mêmes prennent gîte [hanno ju jacce) soit dans des grottes, soit dans des cabanes mobiles. Ils s'habillent toujours de laine et portent une culotte de peau et un justaucorps de fourrure qu'ils nomment pelliccione ou melote. Toutes les deux semaines, ils redescendent au village et y demeurent trois jours. Le chef des pâtres s'appelle massaro.

Durant leurs longs loisirs, ils exécutent divers ouvrages. Ils font en os des cassettes, des boutons, des crochets, des cuillers, etc. ; en bois, des huches, des quenouilles, des colliers de brebis et de chèvres, etc.; et ils gravent sur ces objets

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des feuilles, des fleurs, des anges, des ostensoirs, des clochers, des figures d'animaux, etc. Quelques-uns tricotent aussi des bas et des guêtres, comme les pâtres des Pyrénées.

Il n'est pas rare qu'en présence de la nature l'âme de ces paysans s'exalte d'inspirations mystiques et de visions étranges. Alors ils deviennent poètes, et l'inspiration spontanée ne leur manque pas. Plusieurs de ceux qui savent lire emportent les œuvres du Tasse ou la Bible en langue vulgaire. Quelques-uns ont môme fait imprimer leurs poésies, par exemple Filippo Mari ani, Santé Manni, Andréa Pietrolucci et Maccaroni, le « pâtre-poète » ami de Garibaldi.

A l'automne, ils redescendent de la montagne avec leurs troupeaux; et ceux de Leonessa s'en vont vers la Campagne romaine, tandis que ceux de Scanno s'en vont vers la Pouille.

Sur cette vie pastorale, voir: Finamore, 7/ j7a5tore e la pastori^^ia in Abru^:^o, dans VArchiviOy IV, igoî de Nino, II, 13o-i32.

Page 76, ligne 8. Écoute le chant de la compagnie,.. — Sur ces processions qui se rendent par monts et par vaux à de lointains pèlerinages, voir Triomphe de la Mort, pp. 260-261.

Page 87, ligne 28. Saint Pierre Célestin. — Voir ci-dessus l'observation de la page 184. Ce doux et pieux anachorète,qui abdiqua la papauté quelques mois après son élection, avait laissé dans les bois du Morrone et sur les flancs de la Majella une

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grande réputation de sainteté. Cf. Moscardi, // culto degli Abru^:(i per S.Pietro Celestino, dans le volume de Mélanges relatifs à Célestin V, Aquila, 1894.

Page 90, ligne 19. Malde,le chercheur de trésors. — Le nom deMalde se trouve dans un conte des Abruzzes. Cf. de Nino, IV, 262. — Les chercheurs de trésors, très nombreux dans plusieurs régions de l'Italie, probablement à cause des ruines que l'on y rencontre en beaucoup de lieux devenus déserts, se servent de baguettes d'olivier ou d'aubier longues d'environ un empan, terminées par une petite fourche à Texf-émité la plus mince et garnies d'une bouletto Ac cire à l'autre extrémité. La flexion ou l'oscillation de la baguette indique l'endroit où le trésor est caché. Cf. de Nino, II, 164-165; Finamore, Iltesori, dans l'Archivio, II, 370.

Page 98, ligne 7. Une femme avec son baquefOM.— Faute d'un autre terme, nous avons traduit par « baqueton » le vocable dialectal coscina.l^a. cbscina est une sorte de petit baquet tout en bois, large, peu profond et sans anses, où les femmes mettent ce qu'elles ont à porter : la terrine pour leur mari qui travaille aux champs, la bouteille d'eau ou de vin, le pain, un oignon, un gâteau de fouace, etc. La coscina se pose sur la têie protégée par un coussinet de linge qui se nomme sparra. Cf. de Nino, I, 62; II, 139.

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Page ioô,\\%x\Q2'i.L'anbissextU.— LQ bissex'.c est considéré comme néfaste et inspire toujours de la crainte. Proverbe de Lanciano : « Année bissextile, année scélérate. » Cf. Finamore, p. 54.

Page 1 17, ligne 18. Lechien d'érysipéle. — C'est une maladie qui fait u aboyer » le chrétien. La recette indiquée par le poète pour guérir cette maladie est exactement celle que donnent les formules populaires. Cf. de Nino, II, 73 ; V, 18- 24; Finamore, 74.

Page 123, ligne ij. Je suis ton père. — Les dro'n^ que réclame Lazaro sur Aligi sont ceux du p^terfamilias romain sur ses enfants. Il ne parait pas qu'après les invasions des barbares ces droits exorbitants aient été maintenus dans aucune législation coutumière; mais il en est resté des traces dans la conscience juridique du peuple.

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