SN PER P EME LUS
ble, saus q i’an seul mot faisant allusion à leur complot fût prononcé.
Tous les deux étaient gais et voyaient l’avenir à travers un prisme couleur de rose,
Ce fut Claude quile premier s’aper.
çut qu'ils restaient seuls dans le res.
taurant,
—Quelle heure as-tu ? demanda-t-il à Robert,
Celui-oi tira de la poche de son gilet un chronomètre de toute beauté que ratta.
chait à la boutonnière une chaîne de prix, garnie de nombreuses brelo-
| ques,
—0Onze heures... fit-il, après ‘avoir jeté un regard sur le cadran émaillé,
A la vue de ce bijou d’une très grande valeur, Claude Grivot ne put réprimer un mouvement de surprise.
—Comment, s'écria-t-il en riant..…..… malgré ta panne carabinée tu as conserv6 ça l....…... 11 n'y a done ni préteur sur gages, ni mont.de-piété à Berlin ?
Robert, tenant toujours son chrono.
mètre à la main, réplique :
—Je n'aurais pas une bouchée de pain à me mettre sous la dent que je ne m’en séparerais point... Cette montre, cette chaîne, et les breloques qui y sont attachées sont un cadeau de ma femme à l’époque où ele était folle de moi... Un jour, peut-être, elle me pardonnera toutes mes fautes..,.,.,El.
le ne me pardonnerait jamais de m'être séparé de ce bibelot auquel se rattachent ses souvenirs de tendresse. Elle m'a fait jurer, en me le donnant, que je le garderais pour son fils, si nous n’a. vions pas d'enfants !
—Tout un petit roman sentimental dit Claude arec un ricanement,
—D'acconl, mais j'aurai peut-être be.
soin dé ma femme à un moment donné, et je tiens essentiellement à ne pas la blesser mortellement pour si peu de chose... ile me coupe les vivres, c'est vrai, mais, en somme, c'est ma faute, J'ai pas mal abusé de sa coafian.
ce en «roquant les trois quarts de sa dot, Mais quand je serai recalé, je fini.
rai bien par la rendre plus traitable, et je mettrai la main sur le reste. l'u com.
prends ?
LT rer ne Da verrons dr roue pepe Pond ohne mas SL OT e
—Je comprends que tu as raison, répondit Claude qui avait pris le bijou et examinait les be en amateur,
—Il y a ià de véritables petits objets d’art.......ajouta-t.il,,.......0'est de la haute curios tés Ça vaut de l’ar.
gent...
—Oui, pas mal...
Robert désigna une des breloques,
—Regarde ce cachet, dit-il, C’est une pure merveille...
—Un lion tenant dans ses griftes une émeraude...… C'est ciselé de main de maître.
—L'émeraude est moderne, mais on attribue la monture à Benvenuto Celli.
ni..
—C'est, ma foi, bien possible !,.....que signifient ces deux lettres H. N. gravées sur le chaton 7... Ce ne sont pas tes initiales.
—Ce sont celles’ du premier mari ‘Henriot de Nayles”... Ce cachet vient de lui.
Le plus grand marchand de curiosités de Berlin en a offert une forte somme,
—L'anneau qui le retient à la chaîne est bien usé. ...,.fit observer Claude.
Il suffirait d’une faible secousse pour le briser. Prends-garde...
Robert examina l'anneau.
—Tu as raison. . fit-il....... j'aviserai...
On apportait l'addition.
Ce fut Claude qui la solda, tandis que son complice remettait le bijou dans sa
e, Une fois dehors le contremaître dit :
—Bonsoir mon vieux... je fils vive.
ment.
—kRien ne te presse...
—Pardon ! je ne veux pas manquer le dernier train......Tout est bien convenu n'est-ce pas ?
—Tout.
—AÀ lundi prochain, neuf heures et demie précises... quai de Seine... audessus des docks...avec un sac ou une sacoche solide.
—Je serai ponctuel et je n’oublierai rien, \
Les deux amis 56 serrèrent ia main et
se séparèrent,
Le frère de Richard Vernière se promena pendant une demi-heure sur le boulevard, famant un cigare et réflé.
chissant, puis il se rendit à l'Hôtel.Moderne.
—Nous n'insisterons pas sur la nature exceptionnellement et foncièrement gangrenée de notre personnage.
L’entrevue qu’il avait eue avec son frère Richard, et à laquelle nous avons fait assister nos lecteurs, doit les avoir édifiés à ce sujet, caraucun des T'epros ches de l'industriel ne poriait à faux et nous savons déjà qu’il ne se trompait point en le soupçonnant d'être un es.
. pion de l’Allemagne.
Robert Vernière n’avait dans le cœur ni croyance, ni dignité, ni patriotisme. C'était un sans-patrie dans toute lac.
ception du mot,
1 ne professait qu’un seul culte, celui du dieu argent.
Le misérable s'était créé de honteuses ressources en vendant à la Prusse tous les secrets d'armement que ses études spéciales lui avaient permis de surprendre chez nous.
Le grand état-major allemand, prof.
tant de son intelligence et de ses talents, s'était fait de lui pendant quel.
ques années un instrument utile, autant que bien payé, Fi
Il avait été chargé de missions secrètes touchant nos travaux de défense de terre et de mer, et de relevés de nos nouveaux plans de frontière,
Naturellement, il s'était acquitté en .
de ces diverses tâches avec une habili.
té et une adresse hors ligne.
On le considérait au grand 6tat-major comme un espion tout à fait de premier orare. /
Mais il arriva qu’après avoir consciencieusement rempli l’infâme emploi dont il s’était chargé, son zèle parut se ra.
lentir et il fut soupçonné... ( faussement d’ailleurs) ....., de manger à deux râte.
liers, c’est-à-dire de vendre à la France des renseignements recueillis en Alle-
mage.
On l’entoura d’une surveillance acti.
ve. Rien ne vint justifier les soupçons conçus, ii n’y eut pas lieu de l'arrêter et de le jeter dans quelque forteresse, seu.
se UT un
On le sav
effaçga ait à bout de ressources, son nom de la liste des sujets étrangers | on n’ignorait
et point que sa femme lui ltant la Prusse et émargeant aux fermait impitoyablement sa bourse, onds secrets de l'espio: Qu'’allait.il fire en France ? Robert, brusquement cassé aux gages Essayer poutètre de vendre des se. ; et se voyant coupé les vivres du jour | crets surpris en Allemagne ; Ü fallait au lendemain, réclame et demands ‘des
explications, Un ne lui répondit pas franche.
ment,
| Le grand 6état-major voulait le ména.
ger, dans la pensée que peut.être, on aurait de nouveau besoin de lui,
| Bref, on trouva des prétextes plus ou
; moins plausibles, dont il dut se payer
j u mOins en #Pparence, car il devina le Mensonge sous les prétextes, mais il n
voit.
plus s'occuper de lui, seulement la sur.
“ son voyage en France, ” Les indi
savoir à quoi s’en tenir à cet égard,
En voici la traduction :
Qi rt Vernière, frère de Richard “ Vernière, in nieur.constructeur ur £ :
indices sur lesquels on devait
marcher étaient bien vagues, on le Mais en France l’espionnage allemand
est pratiqué avec tant d’ et les
Veillance dont il était l'objet ne se ra. S pions sont si nombreux que l’attaché lentit pas. spécial, en recevant la dépèche, fut per.
À partir de ce moment, il lui fallut se | suadé qu'avant vingt-quatre heures les débattre contre tou une meute de | agents de l'ambassade auraient trouvé créanciers, et c’est alors que a femme | Fritz Leymann. pri la détermination de mettre à l'abri Il fallait se hâter cependant. part de la fortune dont elle avait l'u
L’attaché fit äppeler immédiatement le directeur du bureau des informations
t derrière | et lui communiqua la pions en lui le devoir maternel, Somme dans une | enjoignant de ne Pas perdre une minu. forterouss inexpugnable, te.
clers, ne recevant même
Ce dresheu je baron Gillaume © lus d’accomptes, se montrèrent aussi | Warts, était un homme de trente-c..; Arcs qu'ils per été conciliants au. | ans, très froid et très habile, trefois, et l'existence de Robert Ver. Il passa dans son cabinet, et sur une nièré devint intolérable. | feuille de pa
i acculé, il songea à se rappro.
cher de son frère... à le tenter du
MOINS ,....,0t, et si ce rapprochement était i i
perdait pas de vre, ::.
Part pour Paris, et ze Voyage donna un rs
nouveau corps aux sounçons dontil Stat i’objet,
ces tro % Venir de suite ”, x toute signature il traça deux
Et, après avoir mis sous enveloppe, il traça cette adresse :
Pier sans en-tête, i] écrivit ls mots :
“ Monsieur le docteur 0'Brien, ‘28 bis, rue de La Victoire
Ceci fait, il glissa la lettre dans son Porte-feuille et sortit,
eu mn
e d'Allemagne veo une liberalité qui ne lui coû-
se trouvait au n
a‘lemands, si nom
docteur O’Brien, dont nous avons
ante sous en lui arler à Robert
entendu Claude
une pièce de quar Vernière, le soir
sant :
— Vite à l’adresse indiquée...
missionnaire artit au
Verneil qu'il suivit
vait son domicile Agé de quaran
où nous allons le teurs, c'était un
de nombreuses société
articulier, une il habitait seul,
domestiques all un homme et
et de dimensions siruit au fond te fermée sur |
Pas de concierge.
C’est là, dans cette demeure MES et
et au merveille ont défriché les pre ni te doctenr Charco lazte8 moissOns.
docteur O’Brien.
Schwartz était un et malgré sa froideur, rs vôtu avec une il caressait vol lais
bellâtre très correct
parler de l’hypuotisme
de la suggestion, Fi \1é dans ce s'occuper sérieuse
ontiers d’une tte voie, O’Brien dut ment du magnéti re de l'hypuotisme, de départ de cet i occulte qu'on nomme * originelle de l'ho
teur, Mesmer 0
La matière, dont e sorte l'imitamérite de sie, de popularixyait mettre en deux âmes sous
ités de la langue
d'établir un vaste i communicatiof
sance d’une seule, ose à l’autre une car Mesmer était
| côté du charlätan jours le docteur Charcot, par
11 s'acquittait d'a j il y avait l'homme de
TT slt
ses observations subtiles, par ses expériencés innombrables et souvent publi.
ques, à imposé silence à ceux qui uient le magnétisme animal, traitant purement etsimplement de banquistes et de dupes sesadeptes, ses professeurs et ses croyants,
Même avant Charcot, O’Brien avait compris quel puissant concours l’#/ectri.
cité magnétique pouvait apportor à la médecine,
Il devint un sélateur ardent de cette science qu’on croyait nouvelle et dont les Hindous, avaient entrevu des mis res et prouvé l’existence par des faits irréfutables,
Mais pour mettre cette science au ser.
vice de ses idées, O’Brien comprenait bien qu’il ne lui suffisait pas de vouloir Il fallait pouvoir,
Sa volonté était-elle assez puissante pour forcer la matière à lui obéir ?
Possédait-il le fluide suggestif qui vouvait devenir l'agent du magnétisme
de l’hynotisme 1...
L. 1: mière chose à faire pour sortir du doute qui “bsédair O’Brien à cet égard était d -rcher des sujets afin de se rendre co e de la puissance magnétique qu’il possédait.
Ses recherches ne tardèrent point à être couronnées de succès,
Il trouva un sujet tel qu'il le pouvait souhaiter,
C'était une jeune fille de l'Illinois, névrosée, hystérique, lucide au suprême degré.
ièn vite il eut la preuve qu’il pouvait disposer d’une force incalculàble.
Sa domination sur la jeune fille douée si merveilleusement au point de vue magnétique devint bientôt absolue,
Avec elle, il obtint des résultats qui tenaient du prodige,
au miracle
Comme Mesmer, U'Brien était un savant doublé d’un spéculateur.
Son but était d'arriver par la science = ia fortune.
Désormais le filon d’or si longtemps
convoité se trouvait à portée de sa main,
Les clients, et par conséquent l’ar.
gent, affluèrent dans son cabinet de con.
sultations.
Mais O’Brien offrait en sa personne un assortiment très compet de tous les vices.
Il était joueur effrèné, libertin avec passion, Li sin du luxe le plus coûteux et des jouissances les plus raffin es,
L'or et les billets de banque ne fai.
saient Que passer dans ses mains prodie gues.
Si énormes que fussent ses gains, ses dépenses insensées les absorbaient, et ne S
eu lui importait d'ailleur pui ue po filon d'or fui semblait Inépoise
Il se trompait,
Surmenée, épuisée, la jeune fille de PIllinois mourut,
Avec ce sujet merveilleux le magnétis.
me eppliqué au somnambulisme, ame
révélation des faits les plus cachés en formulunt des prédictions à courte échéance qui se réalisaient toujours, frappait les esprits et remplissait la caisses,
Le sujet disparaissait, la vogue dis.
parut en même temp que lui,
Vainement O’Brien tenta de remplacer la jeune fille, il ne trouva rien qui pt lui être comparé.
Il se réfugia dans le charlatanisme.
Il fit du magnétisme de cramerce.., qu’on nous Passe cette expression, du somnambulisme de contrebar:!5 de la suggestion de fantaisie,
Une fille intelligente et bien stylée devint sa collaboratrice et joua de fa. :
ge très adroite son rôle de fausse voyante,
Le public soupçonna le truc et s’abs.
tint, —.
O'rien Porta Die n perdait pied, Ce fut la débà.
cle, la ruine. x
Cependant il voulait continuer, mal, gré tout, à mener cette vie large dont 1l
| avait l’hahitusdia né 12 bes DiR.
Homme sans cons et sans scru pules, il ne recula devant aucun ‘moy.
èns, même les plus dangereux et les plus criminels, pour se procurer de l’arent.
° Gravement compromis dans une affaire où on l’accusait d’avoir fourni du poison à un neveu pressé d’hériter de son oncle, il allait être certainement condamné et vraisemblablement pen-
Uu.
Il parvint à s'évader de sa prison la veille du jour du jugement, quitta l'A.
mérique où il laissait de fort dettes et la réputation d’un coquin dan-
ereux, se réfugia en Allemagne et se xa à Berlin,
Là, grâce à quelques ressources qu’il sut se procurer en 8e mélant à des affaires louches, il créa un cabinet de convullations pour les maladiss nerveuses traitées et gudries par le magnétisme animal
Les gi ues affiches dont il couvrit FA pe en de Berlin àla mode américaine, mode inconnue jusque-là en Allemagne, firent sensation.
Oa cria tout d’abord au charlatanis.
me, mais néanmoins la curiosité lui amepa un certain nombre de clients,
Sa science était réelle et profonde, Nous le savons.
Il guérit plusieurs malades avec lesquels les vieilles méthodes médicales avaient ué,
Le bruit qu’il faisait des cures surprenantes se répandit et la clientèle augmenta mais pour une nature avide de jouissances comme la sienne les gains étaient insuffisants,
Pour amener la vogue, la vraie vogue, il faudrait adjoindre 1e somnambulisme au magnétisme.
0’Brien le comprit, et, comme à New.
York autrefois, il se mit en quête d’un “sujet”, et il eut la chance de trouver une adolescente presque aussi bien douée que la jeune fille de l'Illinois morte à la peine.
Ce sujet, admirablement lucide, obëis. sait non moins que l’autre à la puissan.
Ce de son fluide et lisait, comme en un livre ouvert, dans les mystères du passé
du présent et de l’avenir,
Avec cette voyante la fortune revint.
O’Brien en profita pour se plonger
es joies effrénées de la plus coû.
| teuse débauche,
Il fit scandale,
La police de Berlin a toujours l’œil sur les étrangers et les enveloppe d'une surveillance occulte .
Aussitôt sy devint suspect, on fouil.
la son paasé et on apprit sans la moin.
dre peine qu'il avait 6té cendamné à mort par contumace en Amérique et qu’il ne devait la vie qu'à une évasion.
En même temps on découvrit qu’il se servait des secrets révélés par le s0m-.
nambulisme pour faire du chantage et
ue certaines gens visés par lui touchait
e très près à la cour,
De cela on s'émut infiniment plus que de sa condamnation à New-York,
Sans doute allait-on l’appréhender au corps et le mettre sous les verrous, quand un inspecteur de police le sauva en faisant comprendre à son chef qu’un homme de la trempe d’O'Brien, prêt à tout, et dont la foule assiégeait le cabi.
net de consultations étiques par le somnambulisme pourrai devenir, s’il le voulait—(et il le voudrait certaine.
NA ndicateur de premier or.
| plus euçoee peut-être qu'à New-York,
Cele sautait aux yeux et le chef le comprit,
Il juges qu’en eftet la police pouvait tirer grand profit de la science, et sur.
tout de la situation particulière du doc.
teur étranger, s’il les mettait à la dis.
position du service de la sureté organisé à Berlin comme à Paris,
Son cabinet deviendrait une véritable souricière où se feraient prenne les gens dont on avait intérêt à connaître les secrets desseins, et, à un moment donné, la lucidité de la somnabule | 0 terait la lumière au milieu des ténèbres épaissies à dessein des complots les
‘mieux combinés,
Le chef de la sûreté n’eut pas un instant d’hésitation et résolut d’adjoindre sans retard le docteur O’Brien à ses su.
bordonnés nombreux,
Une lettre l’invita à se rendre à son cabinet,
Quoique très surpris, et îme un pou
inquiet de cette invitation qui ressembla singulièrement à un ordre, le dosteur n’admit point la possibilité de s'y soustraire,
Il obéit à l'appel du directeur de la police de Berlin,
L’entretie 1 fut court,
Le haut personnage lui dit nettement que l’ordre allait être donné de l’arrêter et de le traduire en Justice. — Deux condamnations certaines, emprisonne.
ment, puis expulsion.
ces trois hommes ne tardèrent pas à avoir des intérêts communs
dont nous connaissons les fonctions à l'ambassade d'Allemagne demandait qu’on lui envoyät un agent de beaucou
supérieur à ceux qu'il avait sous ses or-
O’Brien était tout indiqué pour devenir cet agent,
Son cabinet de consultations magné.
tiques,auquel la subvention permettrait de donner une extension considérable, ferait merveille dans la capitale qui s’en.
goue volontiers de toutes les nouveau.
tés
Le docteur t l’ordre d’aller s’instaler volontier à aris.
Il s'y rendit d'autant plus volonti: que la grande ville, la ville du plais outrance et de toutes j era ac sur lui une attraction irrés
Et on lui expliqua de quelle nature se-
raient ces services,
O’Brien était tro intelligent pour a.
voir l'ombre d'une hésitation,
Il accepta avec d'autant plus d’em- Pressement qu’il entrevit d’un cou d'œil tous les avantages de sa situation nouvelle,
Sans compter que le chiffre des émoluments seraient gros, il deviendrait en
uelque sorte un Personnage inviolable,
por protégé par la police dont il fe.
rait partie,
Le marché fut conclu séance tenante et reçut un commencement d’exécution immédiat,
On tint tout ce qu’on avait Promis au docteur qui, de son côté, s’accquitta de sa tâche en conscience,
Les socialistes s’agitaienten Allema-
ne, : 0’Brien dévoila des complots et tour.
ni des preuves écrasantes contre certain meneurs,
Bref, il fut Ppromptement démontré qu'on avait fait en lui une recrue d’une valeur incalculable, | 8 trouvait l’escalier conduisant aux é:
s buraeux du grand état-major Le |
—Paris ! le paradis rêvé 1..,,.,
À peine arrivé, il rocéda, comme à Berlin, par voie de r clame, mais d’une manière plus discrète et moins américai.
she — et le succès ne se fit Päs atten.
re,
Dès le début, son cabinet de consulta.
tions obtint la Vo bee et avant la fin de la première année, i avait, grâce à sa som.
nambule extra. lucide, rendu de notables services à l'A llema '
Nous avons dit que le;docteur, gradné faiseur de miracle } habitait le n° 28 bis de la rue de 1a Victoire,
Il occupait l'immeuble tout entier, composé de trois étages.
Au rez-de-chaussée 8e trouvaient le salon, la salle à manger et la salle d’at.
tente pour les clients,
tages supérieurs,
réclamèrent, Au premier, la salle de Consultation,
On avait besoin de lui, et de la police | 12 pièce où le magnétiseur opérait, et un de sûreté générale, il passa à la police | cabinet de travail communiquant avec des renseignements militaires. Il deve. ces deux pièces par deux portes diffé. nait espion après avoir été mouchard, rentes,
Ce fut alors qu’il connut Robert Ver. | Une quatrième pièce £tait réservée à nière et Claude Grivot. i
Miie Mariaui, la somnambule extra-lu- Kapprochés d’abord par la débauche, | cide qui faisait courir tout Paris,
Au second étage 88 trouvaient les ap- noir et rouge où le voy
rtements du docteur. dre place.
Les domestiques de ls maison habi- Un e astrale, descendant du taient le troisième étage. a lafond et allumée au mo Ils étaient cinq y compris la cuisiniè- gultations magnétiques, 6 re, tous ‘Allemands, mais munis de pa te pièce etimettait en ar
piers bien en règle prouvant qu'ayant vu lumière le visage . le jour, les uns € gultait uue impression à x en
ante venait pren*
tation du matin.
8 g0n cabinet de tra-
onnage avec Ils afirmaient s'être réfugiés en France afin de 80 goustraire au joug de l’an- Il recevait d nexion. vail les rapports des espions en gous- Combien nombreux ils sont, ces faux ordre, quand 0n jui remit la courte mme" Alsaciens, ces faux Lorrains, qui, SOUS sive envoyée par le baron Schwartz la couleur de patriotisme, viennent ches Après en Avoir PT connaissance nous nous duper et nouê exploiter, en congédia les indicateurs, PA##® ches Mage moquant de nous par-dessus d roar- | 7 et lui dit : , —Déjeune geule. .je 5018...
n36 heures du ma- Habituée de longue date à l'obéissance passive italienne ne fit niune ob-
ché.
De neuf heul'es ào i remières nonsulta- O'’Brien.
oc Celles-là étaient gratuites.
à six heures du
pa actes cori8 se ingt fra our celles-ci on payai vin cs. rue © Les séances de 80) bulisme,d’hyP assait à vide, il donna lo gtisme, de suggestion, occupaient le cher de l'arrêter, QUR ais, à l’ene heure à trée de la rue du Bac.
T1 avait pour consigne de ne jamais 8e qu’à pied au petit
trois he’4re8- ii à ix en était varia mais jemai ” e, mais jamié | hôtel de la rue Verneuil.
Le inférieur à cinq jouis par client et dé:
assent souvent agent omment aurait-i &té possible de XXII g'apposer, de deviner, que dans cette ni
maison, Chez ce gavant dont les Pari- De la rue du Bac, O'Rrien LE en giens s'étaient engoués, 5€ rendaient uelques minutes la demeure ON baron
ts groupes et à des uillaume Schwartz:
Ge fut le valet de chambre qui lui ant de la rue
chaque jour, par pet:
iées, les nombreux €$ ions } placés sous les 0 e qui ouvrit la porte donn ils remettaient leurs rapports u’iltrans- la cour. : mettait lui-même au baron Guillaume : Ayant d'en franchir Je seuil le magné- Schwartz, son chef immédiat ? tiseur dit à demi-VOx : < n de magnétisme était —Postdam !
C'était le mot de passe; changé tous
décoré ét meublé de façon étrange.
Des tentures d'étofte rouge couvraient les quinze jour# et qui devait être pro les murailles eb masquaient le pla- noncé, même par les familiers de la maifond. son quand ils venaient, non en visiteurs,
La même étofte garnissait les sièges mais en porteurs de renseignements. d'ébène mat et sans reflet. Le docteur fut immédiatement con 1ècs se dressait une duit auprès de Schwartz qui l’attendait tience son cabinet de
Au centre dé i& dreanai trois marches ten- | avec impatience €
portant le fauteuil
©, bi
pures
travail et qui lui déaiga de la mnin un siège placé en face du sien,
O'Brien salua respctueusement, s'as.
sit et attendit,
nnaissez-vous un certain Robert Veruière, d'origine française ?.. lui de.
manda le chef du bureau des informa.
tions de l'ambassade.
—Robert Vernière lrssssrépéta le magnétiseur..…...Je le connais certaine.
ment s’il s’agit, . comme je le pense de l’ingénieur-mécanicien qui se mit à Ber-
in Au service des constructions mariti.
mes d’abord ; plus tard au service de l'armement général et qui, comme moi, émargeait au budjet des fonds se.
crets du gran d'état-major,
—-C'est de lui que je parle, mais je dois vous apprendre ayant tout qu'il a été relevé des fonctions délicates à lui confiées,
—Abh | fit O’Brien,
—QOui...Il était devenu suspect.
—£Æ£h bien ?
Ceë homme est depuis deux jours à Paris...On a besoin de connaître le but de «on voyage en France, ,
—Où est-il descendu ?
—Nour l’ignorons et il faut le sa.
voir.
-—-Existe.t.il un indice quelconque pouvant cervir de point de départ à une piste ?
—Uu seul détail.
Toque
.—obert Vernière voyage sous le nom ot avec les papiers de Fritz Leymann, Alsacien annexé.
0’Brien avait tiré de sa poche un agenda,
Il écrivit le nom et se prépara à pren.
dre des notes,
— Voilà tout ? demanda.t:il.
ui,
—C'est bien peu de chose!
—J'en conviens,
—Vous m'enjoindries de tronver une aiguille ans une botte de foin que Ia tâche uc serait guère plus dificue,
— Vous êtes un homme à faire des
prodi OS. cos000e M mt du compliment ..,,.,Je vou.
drais le mériter... J’agirai, mais je ne puis répondre du ausaès
1ère du aucoès de mon snqué. | temps on Franco.
Pr, des
te... N'aves-vous personnellement aucun soupçon au sujet du motif qui amène Robert Vernière à Paris ?
—Si.. jen ai un, bien ou mal fondé...
—Veuilles me le confier,
—L’homme on question est devenu suspect parce qu’on le soupçonnait, à
" tort où à raison, de manger à
deux râteliers, en d’autres termes de travailler pour la France aussi bien sv ur Allemagne, trahissant à la fois es deux pays... Depouillé d’un em.
ploi qui le faisait vivre largement, il doit être furieux..…..Je ne serais point surpris qu’il voulût à la fois se venger et se procurer des sr ed en vendant au gouvernement nçais quel.
ques-uns des secrets qu’il a pu surpren.
dre chez nous,
—Dans ce cas, c'est au ministère de la guerre qu’il s’adresserait.
À coup sûr.
O'Brien traça sur son agenda ces mots qu'il lut à haute voix en les 6crivant :
“ Faire surveiller de très près les al.
lées et venues au ministère de la guer.
—Par qui ?........demanda Guillaume Schirarsstz,
—Par Blucker, un de mes meilleurs sous ordres qui connaît aussi bien que moi Robert Vernière,
—Il serait bon aussi, un les deux frères soient brouillés, de surveiller l’u.
sine de Richard Vernière.
—Le grand constructeur de Saint.
Ouen, je sais... répondit O’Brien, J'ai déjà mis des hommes en chasse de ce côté il y a un an. Nous désirions connai.
tre le secret des lance-torpilles créés par Richard Vernière,
—Peut-être Robert, qui est ruiné, ira.
t-il, faire une visite à son frère, qui est riche, pour tenter de se réconcilier avec lui...
—C'est possible. ...., Schultz, un au tre de mes agent, qui connaît aussi Ro.
bert Verniere, surveillera dès aujour.
d’hui l’usine de Saint-Ouen...
-—-Ne perdez pas un instant pour prendre vos mesures... Le person:
nage en question pourrait rester peu de
—Dès ma rentrée rue la Victoire je donnerai des ordres.
—Où en sommes-nous relativsoment aux plans de mobilisation de l’armée
çaise en cas de guerre ?
—Nous cherchons l'homme qui nous livrera ces documents... Il faudrait que cet homme fût attaché au ministère
e la guerre et en bonne situation, a= yant accès partout... Ce n’est pas fa.
cile à trouver...
On trouve toujours une conscience à vendre ir on y met le prix, et nous ne marChandrons pas !....... Faite une offre irrésistible... Promettes une gros 8e somme fût-ce un million. On tiendrait ce que vous aurez promis. Songez aussi à notre dernier entretien...
—Au sujet du dénonciateur ?
—Oui,..— 11 nous en faut coûte que coûte un modèle...
—Impossible de Pacheter, Mais on Fi le voler, et j'ai deux hommes à
ontaine bleau, guettant l’occasion autour de l’école d'artillerie... — Prenez Patience...
—Je ne vous retiens plus...— fit le baron Schwartz en se levant, —Allezet agissez. .
0’Brien protesta de son zèle salua et 8e retira,
À l'angle de la rue Bae, sur le quai, il retrouva son fiacre, se fit conduire rue de
Victoire et déjeuna rapidement, car le moment approchait où les bons gobemouche parisiens allaient venir consul.
ter Mile Mariani,
Néanmoins, avant le séance, il eut soin de donnet des instructions à ses sous-nrdres,
Deux heures plus tard, l'entrée du ministère de la guerre et celle de l’usine de Saint-Ouen étaient l’objet d’une surveillance rigoureuse.
Ah ! si O’Brien avait eu à sa die Osition, comme Em la jeune fille de DIlli.
nois morte à la tâche, il aurait eu vite fait de retrouver Robert Vernière,
Mais, hélas ! quoique ne manquant
oint de mérite en sa spécialité, Mlle
ariana n’était pas de force, et le doc.
teur ne devait compter que sur sa ban.
de d'indicateurs et de fureteur,
leur,
Le lendemain de ce jour, la pauvre Germaine Soilier était conduite au ci.
metière de .Saint.Ouen.
À quatre heures précises, la levée du Corps avait eu lieu à l'hôtel meublé de
e Aubin,
Selon les désirs de Richard Vernière, les ouyriers et;les employés de l'usine assistaient aux obsèques.
Lui-même faisait partie du convoi,
Henri Savanne l’accom pagnait,
La mère Aubin avait confié à la Ma.
rie la garde de son établissement et conduisait le deuil avec Magloire le joueur d'orgue,
Auprès d'eux derrière le corbil'ard couvert de fleurs et de couronnes mar.
chaieht Véronique Sollier et la petite Marthe,
A la suite venait une foule de plus de deux cents personnes, car le patron de Pasine où travaillait la pauvre Germai.
ne avait comme M, Vernière autorisé ses ouvriers à suivre le Corps, et il 8°6tait joint à eux.
Ainsi que Richard Vernière il payerait à s0D personnnel les heures passées
hors des ateliers Pour la cérémonie fu.
nèbre,
Ce fut un navrant spectacle lorsque les fossoyeurs descendirent le cercueil dans la terre creusée pour le recevoir,
Véronique et sa petite.fille qui jusqu’à ce moment avaient fait preuve d’un grand courage, ne purent se con.
tenir plus longtenps, et 1::: uésespoir, muet jusqu'alors, éclata en plaintes inarticulés, en gémissements doulou.
reux,
Il fallut les entraîner, l’une et l’au.
tre, loin de ia tombe où, affolées, incon.
scientes,elles se seraient jetées pour sui.
vre la chère morte,
La gand’mère et l'enfant reconduites Par Mme Aubin et par l'ancien soldat de marine, rentrèrent à l'usine de la rue Hardoin le visage décomposé et là.
r1e désolée,
Une consolation Cependait aidait V6.
ronique à supporter s0n immense dou.
ne —
Trees
Sa fille, Germaine, avait eu de belles funérailles.
Grâce au bon cœur de tous, elle u’6.
tait point partie isolée pour le dernier voyage.
Magloire s'était occupé de tout sans rien oublier,
Germaine aurait sa tombe pour cin 4D8, et sur cette tombe se dresserait une haute croix au pied de laquelle Ja &rand'mère pourrait aller prier avec sa petite-fille, son unique amour et son unique bonheur désormais,
Mme Aubin et Magloire, à l’aide de paroles réconfortantes, parvinrent à ra.
mener un peu de calme dans l'esprit de Véronique,
—1l ne faut pas risquer de vous ren.
dre malade à force de chagrin. lui disaient.ils,. il faut songer à la petite, à ce cher ange qui n’a que vous.
Véronique répondit :
—Oui}'il faut que je gois forte...
il faut que que je vive pour élever l'en.
fant de ma Germaine.
Et la pauvre femme serra sur son Cœur la petite fille qui lui rendait ges baisers,
Magloire s'était acquitté dignement de la tâche acceptée par lui,
Il quitta Mme Sollier, mais en s’éloi.
£gnant il pensait :
—Je viendrai les voir souvent...
Elles auront besoin d’un ami........d’un
ami sûr et devoué...…. Je serai le leur,
Au programme tracé par Claude Gri.
vot pour l'emploi de son temps jusqu’.
C'était, en attendant le moment où il devait feindre de partir pour Berlin par le train de six heures vingt minutes du soir, de ne se point montrer en plein jour dans Paris où il Pourrait être ren.
contré et reconnu,
Aussi Robert déjeunait.il et dînait.il dans 5à chambre, à l'hôtel, et ne sortait que tard dans la soirée et le visage en.
95 ui
foui dans les plis de son cache-nez mon.
tant jusqu'aux yeux.
Il fit l'emplette d’une smple sacoche de voyage au lieu du solide sac à main dont Grivot lui avait reccommandé de se munir,
À l’usine de Saint-Ouen la journée du 31 décembre avait été fort animée dans les bureaux et à la Caisse,
Dès le matin Prieur, le caissier, muni d’un reçu, était allé au ministère de la
er les garçons de banque et les diffé.
rents encaisseurs quise présenteraient avec des billets ou des factures, D'autres commis dressaient les ta.
bleaux d'inventaire qui devaient être prêts avant la fermeture des bureaux,
Vernière, sacoche au dos et portefeuille sous Je bras, faisait sa tourn e d’encais.
nt,
touchés en billets de banque au minis.
tère de la marine,
A trois heures Jacques rentra, le por.
tefeuille gonflé, la sacoche lourde. et rendit ses comptes au Caissier,
La journée était terminée quant aux paiements et aux encaissements,e( il ne restait À Prieur qu’à solder les feuilles de paie,
Cela pouvait avoir lieu avant la ferme.
ture des ateliers,
Les contremaîtres, sachant les heures qui restaient à faire à urs hommes dans la soirée, les marquaient comme
aitas
Le caissier les fit Prévenir de se pré.
senter les uns après les autres afin d'é.