‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 16 sur 84 · M MS · texte numérisé non relu

M MS

viter l'encombrement et surtout les er.

reurs, “+

Pour mener ce travail à bonne fo, il fallait une heure au moins.

Tandis que Jacques allait aux ateliers prévenir les contremaîtres,Prieur additi- Onnait sur une feuille volante les encais.

vfuih et les payements de la jour-

e, En quelques minutes il eut établi sa balance,

Elle se trouvait en parfaite concordan.

ce avec ses prévisions.

C'était bien le chiftre indiqué par lui quelques jours auparavant, à Richard

ernière.

Le premier des contremaîtres arriva Au moment où le caissier se félicitait de la justesse admisable de son coup d'œil,

Sa feuille fut vérifiée et payée.

À celui-ci succédèrent les autres, un à un.

Il avait dans son atelier d’ajustage

es hommes aux pièces, ce qui rendait les comptes plus longs à établir,

Grivot, nous l’avons dit,possédait tou.

te la confiance du patron,

primait tous les autres contremaitres, et comme il était d’une indiscuta.

ble habileté dans son métier, et qu’il:savait se donner l’apparence d’un bon enfant, on ne le jalousait pas.

la confiance témoignée par Richard Vernière à Claude résultait pour celuici une certaine intimité avec les employés de l’usine, intimité lui permettant de causer, de plaisanter, de question.

ner surtout,

Questionner ! il le faisait sans cesse, de l’air du monde le plus indiflérent, et c’est ainsi qu’il avait appris beaucoup de choses l’intéressant au plus haut point,

Tout en présentant sa feuille de paye au caissier, il lui serra la main,

Prieur était d’une nature froide et ré-

Son attitude :laciale inquiétait sou vent, au premier abord, ceux qui avaient affaire à lui.

Avec Claude Grivot il se départait volontiers de cette attitude.

—Eh bien ! cher monsieur Pr leur, êtes

vous content aujourd’hui ? lui deman.

da en souriant le contremaître des mécaniciens ajusteurs, Vous êtes. vous bien frotté les mains en entassant pile sur pi.

le et liasse sur liasse les louis d’or et M billets bleus ? Ou je me trompe fort ou

fin d'année apporte de chics bénéfice à notre patron’...

—- Vous ne me trompes pes ! répondit le caissier avec une satisfaction rofonde qu’il ne cherchait point à cacher, gs

marche | Ça a bien marché ! Desrentrées

superbes, mon brave Grivot ! Après avoir fait face à toutes les échéances, quand j'aurai achevé de payer les ouvriers il nous restera encore une jolie som.

me en caisse,

—Deux cents mille francs, peut-être fit lé contre-maître.

—Mieux que ça !

—Fichtre ! Trois cent mille ?

—ÆEucore mieux que ça !

—Pas possible !

C’est comme je vous le dis,

—Quatre cent mille ?

— Vous n’y êtes pas !

—e donne ma langue aux chats,

—Plus de cinq cent mille francs, mon brave Grivot ! plus de cinq cent mille francs !

Et Prieur se frottait frénétiquement mens,

—Je ne m'étais point trompé dans mes petits calouls..…... pensa le contremaître,

Le caissier, emballé par sa satisfaction débordante, poursuivit :

—Nous aurons tait cette année pour près de cinq millions d’affaires, et nous AvOns pour l’année prochaine des con.

trats qui nous assureront un chifire en.

core plus considérable... C'est assez co.

quet, hein ?

—C'est-à-dire que c'est magnifique, étourdissant ! s'écria Claude.

Je parie que nous dépasserons six mil.

lions d’affaires en 1894... ‘lenez.vous le pari ?

—Jamais de la vie | je serais trop sûr de perdre ! Il est certain que plus la

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maison marchera, plus elle prendra d’ex-. tention !

Ce ne sera que justice d’ailleurs | car le patron travaille assez pour cela !

caissier ne répondit pas.

Il vensit de commencer à vérifier la feuille et cette opération l’absorbait,

La vérification terminée, il paya Clau.

de en billets de banque, en or, et l’appoint en argent et biilon,

Le feuille présentée par Grivot présentait un total de trois mille deux cent vingt-neuf francs quinze centimes,

Parmi l'or étalé sur Ia tablette du guichet se trouvait pour environ cinq cents francs de petites pièces de cinq

cs,

Grivot faisait la moue,

— Qu'est-ce que vous avez ?...lui de.

manda le caissier surpris, le compte n’est-il pas exact ? :

—Bi ! si! parfaitement exact, répliqua Grivot....,mais ce sont vos satanées

tites pièces de cent sous qui me chif.

Lonents +... C’est si facile à perdre 1...

Donnez-moi donc au moins un morceau de papier pour que je les enveloppe,

Prieur prit à côté de lui le papier sur lequel il avait crayonné un instant auparavant et le lui tendit,

Claude jeta un coup d’œil sur les co.

lonnes des chiffres alignés et demanda ;

—Ça ne vous est bon à rien, ces comptes-là ?

—Non..……., c'est le brouillon des payements et des recettes du jour...

une ébauche de balance de fin d’année, Je n’en ai que faire, :

Le contremaître avait légèrement tressailli,

11 plaga les minuscules pièces de cinq francs dans le papier et les enveloppa soigneusement,

Au moment où il allait se retirer Prieur s'écria :

—Ah ça ! mais je perds latête ou la mémoire ! J'oubliais,

—Quoi donc ?

—Que le patron vous charge de dis.

tribuer aux ouvriers de tous les ateliers la gratification de fin d'année qu’il leur accorde ..,.., Voici la liste et le chiffre de la répartition pour,

st dos: Vsus avez

der OT 0e

eo,

trois mille francs à artager.…. Voilà trois rouleaux de mille,

En même temps Prieur déposait sur la tablette la liste préparée et trois rouleaux d’or,

Le mécanicien les prit et sortit.

A cette minute précise Richard Ver.

nière entrait dans je bureau du caissier, venant de son cabinet par le couloir dont nous avons parlé, et tenant à la main une leitre, *

En le voyant, les employés se levèrent et le saluèrent,

—N’interrompez pas votre travail, messieurs, leur dit.il,

Puis, s'adressant à Prieur, il deman-

—Où en sommes-nous ?

—J’ai terminé, monsieur.....,Il ne me reste qu’à mettre mon journal À jour, et à passer mes articles au grand livre, Tous mes états sont préparés... A sept

eures vous aurez sous les yeux le ré.

sultat de la fin du mois et la balance de l’année,

— Vous êtes un caissier modèle, mo cher Prieur,

.—Oh ! monsieur Vernière...interrom.

pit Prieur avec modestie,

—Non ! non ! Je dis ce que je pense!

À tout autre qu’à vous il aurait fallu trois jours pour régler une comptabilité!

—C’est la grande habitude, monsieur, balbutia le caissier en rougissant de joie des compliments que lui adressait son patron,

Ce dernier reprit :

— Avez vous passé au Louis-le.Grand ainsi que je vous avais recommandé de le faire ?

—A la Compagnie d'assurances ? Oui, monsieur.

—Un vous a dit ?

—Qu'’on venait de vous écrire,

—ÆEn effet, je viens de recevoir cette lettre... Mais je trouve ses explications insuffisantes,..…..On a dû vous en donner là-bas... Quelles sont-elles ?

—Qu'en raison des dangers d’'incen.

die résultant de la fabrique de couleurs et vernis qui touche à la nôtre. il y en.

ra liéu d'augmenter le chiffre de la pri.

me à payer sur je recours contre les rise

ques des voisins, mais qu'avant de fixer francs quinze centimes que je vous prie. cette augmentation un inspecteur vien. | rai de vouloir bien compter avec moi, dra et se rendra compte. monsieur,

—0n m’annonce en effet la visite En même temps Prieur étalait sur le d’un inspecteur pour mardi Prochain... | bureau de Richard Vernière les Ji Mais tous ces retards empêchent de si. | de billets, les routeaux d’or, les piles de gner la police... J'ai eu tort de ne pas | pièces de cinq francs, la monnaie blan. m'en prendre plus tôt.....J aurais dû al. che, et jusqu'aux quinze centimes for. ler à Paris tantôt et Passer moi-même | mant l'appoint du compte, rue Louis.le.Grand,..…… Le patron vérifia, mais uniquement

Richard Vernière quitta son caissier Pour la bonne règle, car il était certain et regagnx ecn cabinet de travail pour | d'avance de trouver exactement a som. se mettre au travail et achever de son | me annoncée par le caissier, côté ses comptes de fin d'année. —Mardi je Porterai tout cela au Cré-

Jacques venait de lui apporter de la | dit Lyonnais, dit-il,

lvuière, Pis il ouvrit le coffre-fort placé der. !

On ne se servait du gaz dans l'usine que pour l'extérieur.

Les ateliers et les bureaux étaient 6clairés par des lampes à pétrole.

À six heures la sortie des ateliers s’effectua gaiement,

bureaux et la caisse seuls restèrent éclairés, On y travaillait encore,

Prieur entassait chiffres sur chiftres.

Il avait achevé de Passer ses écritu.

res et de balancer chaque compte du Grand Livre, Le

Il ne lui restait qu’à remplir les états Préparés par ses sous-ordres,

A six heures et demie il congédiait ces derniers ; la besogne était achévée et ce qui restait en caisse porté sur un bordereau détaillé.

Prenant alors ses papiers, son portefeuille de caisse bourré de billets de banque, un sac plein de rouleaux d’or, un autre de pièces de cinq francs et de rouleaux de petit monnaie d'argent, il alla trouver Richard Vernière dans son cabinet et lui rendit ses comptes en lui faisant prendre connaisance des états

récapitulatifs donnant le chiffre des af.

faires faites dans l’anr.ée, l'estimation du matériel, des matièrss de toute nature en magasin, etc,, etc...

C'était un inventaire général résumé en deux pages,

—En vérité, c'est qu je A |—8'6cria le patron radieux. amais, jusqu’à présent, nous n’étions arrivés à. un Pareil chiffre d’affaires !.,,...

—Et une encaisse de cinq cent oin.

quante.deux mille deux cent vingt-sept

ments et la monnaie d’argent dans un tiroir spécial,

Ceci fait, il referma le coffre-fort avec une clef qui ne la quittait jamais, et

pût jouer de nouveau.

Cette caisse, solide Comme le blinda.

ge d’un vaisseau Cuirassier, était en fer forgé et en acier.

L'épaisseur de ses parois dépassait dix centimètres,

La porte tournait sans bruit sur des pivots invisibles.

Le secret, destiné à remplacer avanta.

£eusement les combinaisons résultant

faisant jouer deux verrous intérieurs dont il était impossible de soupçonner l'existence,

Pour actionner ces Verrous,.,, quand On connaissait le secret il suffi.

sait de faire jouer de droite à gauche, puis de gauche à droite, une Petite ro.

ace eu Cuivre, perdue au milieu de vingt autres semblables, qui servaient à l’ornementation de la porte du coffre.

fort et dont rien ne la distinguait.

ever

Ce secret, vrai chef-d'œuvre de

Canique rendant le coffre-fort inviolable avait été inventé et exécuté à l'usine

même par le contremaître (nos lecteurs le savent déjà).

. L’industriel tendit 1a main à son cais.

sier, —Demain,.....dit-il..vous déjeûnerez avec moi et Claude Grivot, mon cher ieur, j'ai à vous remettre à tous les deux vos étrennes,

Le caissier serra avec effusion la main de son patron et se retifa avec cette sa.

tisfaction intime que donne la conscien.

ce du devoir accompli,

feuille de papier chargé de chiffres don.

née par Prieur Pour envelopper les pià.

ces de cinq fravcs en or.

—C’est une ébauche de ma balance

de fin d'année... lui avait dit le cais. sier,

Contremaître cherchait dans les chiffres qu’il avait sous les yeux la preuve de l'exactitude des aflirmations de Prieur, Il la trouva sans peine, Tout était indiqué brièvement mais

cent vingt-sept francs et quinze centi.

mes,

Une lueur fauve s’alluma dans les Prunelles de Claude.

—Riche affaire positivement !,,...

Murmura.t-il avec joie... Un chopin de Plus d’un demi million dont la moitié m’appartiendra lus C’est l'avenir assuré, cela !,...,.Et dire que j'aurais pu 81 je l'avais voulu, mettre moi-même la Main sur le magot et tout garder pour moi !1.. Ah! flûte | c’est Je tempéra.

Ment qui m'a manqué, et d’ailleurs j'a.

v raisons, .., 1 fait est tait... Partoiws 4.

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Vert agira et me donnera ce qui me re.

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vient Je lui materai facilement car j'aurai la barre sur lui, connaissant son passé depuis A jusqu'à Z, et étant maître de tous ses secrets,

“ Ila du talent, le Gueusard | Ca c’est incontestable [En nous associant avec les capitaux dont. nons disposerons nous créerons une usine modèle dans n'importe quelle Partie du monde, et ROUS COurrons, comme en plein embal.

lement de bicyolette, sur le chemin de la fortune... de la vraie... une grosse fortune qui nous permettra de Nous passer nos fantaisies de tous les genres, et je ne m’en priverai pas!

‘ Allons, tout est bien qui finit bien !

il ne s’agit plus maintenant que d’at.

tendre avec patience la soirée du ler

janvier 1894,

“ Et l'attente ne gora point longue !

Après avoir brûlé le brouillon du caise sier Prieur, Claude Grivot descendit prendre son repas du soir dans le res.

taurant annexé à l'hôtel, où Vide.Gous.

setet le vieux Simon chantaient les louanges de Richard Vernière, célé.

braient l'humanité de Magloire le joueur d’orgue, et le piccolo inénarrable de la mère Aubin qu'ils consommaient jus.

qu'à plus soif, .... .( nous parlons leur langage )...,... grâce aux plus amples gratifications du sioge, auxquelles la reconnaissance exigeait qu'ils fissent honneur,

Au jour et à l'heure indiquués par lui, Gabriel Savanue était allé toucher ches son notaire, en billets de banque, la somme im Portaute dont nous connais.

sons la destination,

Il quitta l'étude en emportant cette somme soigneusement enveloppée et formant un Paquet gros comme un vo.

lume ordinaire de librairie,

iotenant il n’avait plus au’à se ren.

dre à Saint-Ouen, chez son ami Richard Vernière,

La nuit était venue.

Le capitaine de vaisseau prit une voi.

ture sur le boulevard et dense l'adresse du numéro 6 de ls rue Hardoin au co.

cher qui maugréa ferme et ne consen tit

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