A LA MERE AUBIN
Vins.—Restaurant: — Hôtel garni
—Oui, mon ami,
—Ce n'est pas elle qui est malade, au moins, la brave femme ? '
Non, c'est une de ses locataires...
j —Une de ses locataires. —Laquel.
(2 Dadéios LL] ;
Une jeune femme...
—Ah ! oui, j'y suis. je sais qui...
une nommée Germaine,qui a une miochette de sept à huit ans, et qui trawaillait dans la fabrique de couleurs.
—C’est elle-même...
—…Est-ce qu'elle ne va pas mieux, docteur ë —Hélas l non...
—Poitrinaire au dernier degré;les privations qu’elle a subies et le travail auquel elle se livrait ont rendu le mal incurable...
Vrai de vrai, on ne devrait pas laisser des femmes faire un pareil métier!!— Elles s'empoisonnent lentement en respirant les matières chimiques dont se com t les couleurs |.
.—Que voulez-vous, Magloire, il faut vivre...
—Et si encore ce dangereux métier leur donnait de quoi vivre!!1— La mieux payée dans cette maison-là gagnequarante sous par jour !— Com.
ment une femme pourraît-elle s’en tirer avec ça quand ellea un enfant f...
—C'est à peine si les deux pauvres créatures avaient de quoi manger autre chose que du pain sec, arrosé d’eau claire... — Je sais bien que la mère Aubin est charitable, qu'elle pe loue pas cher ses chambres, que sa cuisine est saine, ses portions copieuses, son point baptisé et qu’elle fait facilement crédit, mais il faut toujours arriver à payer, un peu plus tôt ou un pr plus ta Alors, quoi »— Se loger, s'habiller, se blanchir,se nourrir,à deux, avec soixante francs par mois, c’est impossible ! — On a beau se priver de tout, on fait des dettes malgré soi, et on finit par mourir de fa , quand on ne meurt pas de m ladie, comme cette pauvre femme dc .& nous parlons,
— Est.ce que v 18 la connaissez, cette pauvre femme, vous, Magloire? — demanda le docteur.
—De vue seulement, — et d’en entendre parler,— Je me suis trouvé une ou deux fois pas loin d'elle et de sa miochette, à table, chez la mère Aubin où elles prennent leur nourriture et où je vais de temps en temps prendre la mienne...
—La croyezs-vous mariée ou veuve !
—Ni l’un ni l’autre...— J’ai dans Pi.
dée que la pauvre créature se sera laissé entortiiier toute jeuus par queique drôle qui l'aura lâchée après l'avoir