‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 40 sur 84 · NA · texte numérisé non relu

NA

4 Tout à coup, dans le profond silence ‘de la nuit, j’entendis un cri, puis un coup de feu...

.… “ Epot /antée, je sautai à bas de mon lit et ;e courus à la fenêtre de ma cham:

‘bre, que j’ouvris.…

# Une lueur rouge m’apparut du côté de l'appartement du patron.

“ Le pressentiment d’un malheur me traversa l'esprit,

“ Je me vêtis à la hâis d’une camisole ‘et d'un jupon,je Aescendis, je gagnai la cour, et je m’élançai vers l'entrée du pavillon de M, Vernière,

“ Un homme en sortait. le visage à ‘moitié caché par les bords rabattus d’un ‘Chapeau mou,

‘* Je lui sautai à la gorge, et de toutes ‘mes forces j'appelai au secours.

# Au moment ou une lutte s’engageait entre cet homme et moi, je vis le patron sortir à son tour du couloir d'où commen-

çaient à s’échapper des jets de flammes.

% Il chancelait couvert de sang, et M PAbRIE sur le s0l presque à mes pieds,

“ La lutte alors devint plus acharnée entre moi et l'assassin, car je ne pouvais plus douter que ce misérable fut un ass:.ssin, et tout en criant à l’aide je me cramponnai des deux mains à £es vêtements,

# Dans les mouvements désordonnés qu'il faisait, les bords de son chapeau se relevèrent, et à la lueur du bec de Æ&az qui éclairait la cour, je le vis. je le reconnus écarte

—Vons l’aves reconnu ! s’écria Daniel Savanne stupéfait,se soulevant à demi sur s0n fauteuil, tandis que Robert et

“Claude sentaient le sang se glacer dans leurs veines,

—Oui, monsieur,

— Alors, vous saves quel est cet homme ?

—Je le sais...

— Vous connaissez son nom;?

terne

, —Oui, quatre jours auparavant, se

présentant à l'usine et insistant pour

voir M, Vernière, il m'avait dit se nome mer Frits Leymann..

—Frits Leymaan, répéta le juge d'instruction,

—I1 se donnait comme le représentant d'une fabrique de Genève.

—Fut-il reçu par M, Vernière ?

—Oui, la seconde fois qu’il se présenuta...

—Il passa près d’un heure avec le pa:

tron, dans son cabinet... Quand il par tit et comme je venais de refermer der.

-rière lui la porte de l’usine, le patron

vint à moiet me dit ayec une colère qu’il ne cherchait point à cachor ;

# Véronique, vous reconnaîtres bien cet homme qui vient de sortir ? Qu'il ne rentre jamais, ici ! Jamais vous m'en.

tendes |!

S’il revenait, quniqu’il vous dise, quoi qu'il fasse porr arriver jusqu’à moi, Chasses-le sans ménagement, et si vous ne vous sentes pas assez forte pour lui résister, appeles à l’aide 1...

—£t demanda le juge d'instruction ce visiteur vous à dit se nommer Fritz Leymann Î

—Oui, monsieur,

M, Richard, en vous le signalant, n’a point prononcé un autre nom !

Il n’en a prononcé aucun.

—Et vous êtes bien sûre que le visiteur si énergiquement consigné par M.

Vernière est le même homme que l’as.

sassin contre lequel vous aves lutté ?

—J’en suis absolument sûre,

—Alors, si vous vous trouviez en présence de cet homme vous pourriez le reconnaître ?

—Eh ! monsieur, s’écria Véronique avec désespoir...vous oublies que je suis aveugle et que si le misérable était en ce moment, là, devant moi, il me se.

a aa de vous dire :...... C’est lui

Tandis que la pauvre femme pronon- ” çait ces derniers mots, sa main, étendue au hasard, semblait désigner Robert, frissonnant.

Daniel Savanne courba la tête avec découragement

Haliuciné en quelque sorte par l'es-

se pére 6 GE SV po A Étendre Ne AE Sd se 7 ri AIS Kerr cr ETES LEE SRE EEE EEE + HD ST Mn So HER An ect PV LE AL AE LE

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igoalant, m ?

le visipar M.

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lutté ?

Len préurriez le

éronique 1e je suis était en

me se- ... C’est

ronOone

étendue y ête avec

par l'es-

poir du succès, il avait pendant une seconde oublié réellement la cécité de la

. pauvre femme.

Robert respirait maintsnant..…, Richard en le consignant à la porte de l’usine, n'avait rien dit qui pût le désigner à la clairvoyance du magistrat, et Véroaique, impuissante puisqu’élle ne voyait plus, ne le connaissait que sous un faux nom pris au hasard.

Une chose, cependant, le préoccupait encore.

A deux reprises il avait parlé à la gardienne de l’usine.

Celle-ci n’avait-elle pas gardé le souvenir de sa voix, assez pettement pour le reconnaître:si elle l’entendait ?

Là, encore il y avait peut-être un danger, sinon morte], du moins sérieux.

Mieux valait avoir à cet égard une certitude que de conserver un doute a-

nisant

Robert fit appel à cette audace qui, depuis le crime commis, lui réussissait si bien,

—Mais......... dit-il vivement...si cette pauvre aveugle est hors d'état de désigner l'assassin de Richar i, elle peut au moins vous donner son signalement,

En entendant la voix de Robert, Véronique tressaillit vivement.

—Qui donc vient de parler ? demanda-t-eile avec émotion.

Ce fut le juge d'instruction qui répondit :

—C'est M. Robert Vernière, le frère de Richard Vernièré, venu de l’étranger

à Paris afin d'assister aux funérailles, |

de détendre sa nièce contre la misère, et pour aider à venger la malheureuse victime qui lui inspirait une profonde affection, 7

Véronique ignorait que le grand industriel eût un frère indigne et renié,

Richard... (malgré les affirmations contraires de Claude Grivot à son complice, qu’il voulait pousser à prendre un parti décisif)....…...ue prononçait jamais le nom de Robert qui lui inspirait, et à bon droit le plus profond mépris.

Mme Sollier n’avaitentendu parler de Robert que par Magloire qui lui avait

fait connaître son arrivée à Paris ét la

délicsuesse de ses procédés à l'endroit des intérêts de sa nièce,

Eo conséqence, malgré la ressemblance de sa voix avec celle du prétendu Frits Leymann, il ne lui était pas possi.

ble de soupçonner qu'elle se trouvait en face de l'assassin de Richard Ver.

nière.

Aussi, à la question de Robert :

—Si cette pauvre femme aveugle est hors d’état de désigner l’assasin, elle peut du moins nous donner son signale.

ment.

Elie répondit :

—Oui, monsieur, je le peux, et Dieu veuille que cela vous permette de venger votre frère.

Cette fois Robert resta muet,

Si convaincante que fut l’éprouve audacieuse tentée par lui, il lui sembla prudent de ne plus parler,

Daniel Savanne reprit :

—Donnez-.moi donc le signalement de cet homme, si vous êtes sûre que votre mémoire est fidèle,

Oh ! Jui, ma mémoire est fidèle ! Je n'ai que trop de raisons de me souve-

niri!

Le misérable contre lequel j'ai lutté ne doit pas avoir.loin de cinquante ans.

Il est d’une taille élevée... Son regard est faux...Ses cheveux sont ras et grisonnants, ainsi que sa barbe qu’il porte courte.

Cela constituait un sigaslement bien incomplet.

Bon nombre de gens pouvaiont ressembler au portrait indécis t‘acé par l’a.

veugle,

Depuis le jour du crime, Robers avait laissé po’:386r sa barbe et ses cheveux.

Rien de ce que venait de dire Mme Sollier ne pouvait s'appliquer particulièrement à lui,

—N'aves-vous fait aucune remarque plus spéciale, plus caractéristique ? de.

manda M. Savanne, Cela serait tâcheux car ce vague signalement ne peut m'être utile.

Le signalement est vague, c’est vrai mais tout à l'heure, quand le moment sera venu, je pourrai vous donner un détail précis et appuyer ce Cétail de ©

Lo A 6 nn Om en ant ag gate DE

Qu'on appelle, je crois, une pièce à con.

viction. ;

Robert se mit à trembler de nouveau.

Quel pouvait être ce détail précis ?

De quelle pièce à conviction l’aveu:

gle voulait-elle parler ?

Li se raïdit contre l'angoisse qui le prenait à la gorge et il attendit,

—Qu’entendez-vous par ces raots :

Quand le moment sera venu ? reprit le magistrat.

—Ce moment viendra lorsque vous parlerez de ma lutte contre l'assas-

— Soit ! Croyez-vous que l’assasein n° gissait seul 7...

—Non., Ils étaient deux.

—Sur quoi basez.vous cette affirma.

tion ?

—Sur un fait absolument certain.

—Lequel ?

—Au plus fort de la lutte, comme je redoublais mes cris d’appel, un coup de feu retentit du côté des palissades qui séparaient des ateliers la cour de l'usine... j'en vis Péclair, et je

leoccce

—Donc il y avait deux hommes, et la balle qui vous a frappée ne sortait point de la même arme que celle qui a tué Ri.

Chard Vernière... Nous en avions déjà la preuve...

—Mais, ce second assassin, le complice du gredin contre lequel vous luttiez, vous ne l’avez pas vu ?

—Non, monsieur.

—Pas même entrevu ?

—Non.

Pendant quelques instants Daniel Savanne s’'absorba dans ses réflexions.

Véronique. bien résolue à ne point s’écarter de la ligne de conduite qu’elle s'était tracée, attendait que le magistrat l'interrogeât de nouveau. .

d Un profond silence régnait dans le ca.

inet,

Robert et Claude conservaient lapparence d’un calme qui n'était pas au fond de leur âme. \

Ils avaient échangé un : regard fugitif

vinant qu’un danger inconnu et indéfinissable planait sur eux,

ns M CHE e

Daniel Savanne releva la tête et abor.

dant un-autre ordre d'idées, posa cette question à Véronique :

—Saviez-vous que le 31 décembre au soir, le coffre fort placé dans le cabinet de M, Verniére contenait ‘une somme

M. Prieur, nous a fait connaître très exactement le chiffre ?

—Non, monseur, je l’ignorais absolu.

ment..... . répondit Véronique, : je ne savais d’ailleurs jamais rien de ce qui pers rapport à la comptabilité de M, Rie

Mme Sollier, tout en répondant ainsi,

gra au dépôt fait par le père de Mar.

! son ami le grand industriel, Mais le moment de parler de ce dé.

pôt ne lui semblait pas venu, et en tout cas ce n’était point devant des étrangers qu'elle pouvait s’expliquer à cet égard et dire au juge d instruction qu’elle comptait sur son appui pour réconqué.

rir la fortune de Marthe, malgré les obs.

les sans nombre qui semblaient ren.

dre l’entreprise impossible,

Daniel Savanne reprit :

—Dans les trois jours qui ont 4:° “là visite du prétendu Fritz Leyman: ;.

sine de Saini-Ouen, n'avez-vous Je duit auprès de M. Vernière persuune

qui ait pu surprendre le chifire de la :

somme considérable qu'allait contenir la caisse ?

Cette fois le magistrat tendait à l'a.

veugle la perchesur laquelle elle comp.

tait pour en arriver à parler de la fortu.

ne de la petite Marthe.

—Si, monsieur... répondit-elle... j'ai introduit quelqu'un auprès de M. Vernière, le samedi 30 décembre à sept heures du soir, après la fermeture des bureaux et des ateliers,

—Ah !.......,.Et vous connaissiez la personne introduite par vous ?

Oui, monsieur, .,,,, et lorsque je

serai seule avec vous os (V6ro.

nique souligna en quelque sorte ces.

derniers mots par l’accentuation),.…., je vous apprenürai la raison qui ame.

te et abor.

posa cette

vembre au e cabinet eo somme le caissier aître très

is absolu.

ue, jene

de 4e

ant ainsi, e de Mar.

industri-

de ce dé.

t en tout svangers e gard | qu'elle 2conqué.

5 les obslent ren-

& Je ersvuine

re de la :

contenir

t à l'ae comp.

a fortu.

e... j'ai « Ver.

à sept ire des

ssiez la

que je (Véro.

te ces D )so000 i ame.

nait cette personne auprès de M, Ver.

nière.

Les témoins de cette scène éprouvè.

rent une surprise qui fut partagée par Daniel Savanne lui-même et se peigait

ur son visage.

—Pourquoi faut-il que nous soyons

seuls ?

—Parce que j'ai à vous confier dss choses que vous seul devez entendre, si toutefois vous voulez bien prendre vis.

à-vis de moi l'engagement de garder le secret.

—Je ne pourrai prendre un pareil en.

&agement si vos révélations se ratta.

chent d’une façon quelconque à l’assas.

sinat de Richard Vernière,

—ÆElles ne s’y rattachent pas...

Elles ne sont que la conséquence de sa mort.

—Alors, il s’agit d'un secret qui vous regarde ? un secret que vos désires me confier ?

—Vui, monsieur, en vous demandant de vouloir bien me donner un conseil.

—£h bien! quand votre déposition sera terminée, je vous écouterai en m'engageant à ne rien dire de co que vous m'aures appris.

—Je vous remercie, monsieur. Vous feres une bonne action en agissant ainsi et en m'aidant à gr) une œuvre trop lourde pour ma faiblesse,

On devine combien les mystérieuses paroles de l’aveugle devaient intriguer Robert.

—Æ£t non seulement elles lintri.

guaient, mais elles lui causaient une vague angoisse,

uel pouvait être le secret de Véronique ? ne

L'existence de Mme Sollier étant concentrée dans l’usine dont elle était la gardienne, ce secret se rapportait à coup sûr, sinon au crime commis, du moins à quelque acte auquel Richard Vernière se trouvait mêlé,

Iustantanément Robert pensa au paquet de billets de banque qu’il avait volé dans le coffre-fort de son frère et sur lequel étaient écrits ces mots.

Dépôt Gabriel Sovanne

Oui, ce devait être cela, stait à découvrir quels rap pouvaient exister entre le capitaine de vaisseau et Véronique Sollier,

—Le juge d'instruction reprit :

—Laissons de côté, quant à présent, les confidences que vous désirez me faire,

Et apprenes-moi le nom de la personne qe vous avez introduite auprès de M. Vernière le soir du samedi 30 décembre 1893, car vous m’aves dit que Vous CoOLNaissiez ce nom.

— Oui, monsieur, le visiteur m'ayant prié de l’annoncer à M. Richard ver.

nière.

—Æt ce visiteur s'appelait ?

—Gabriel Savanne.

—Mon frère | s’écria le magistrat stu.

péfait,

En entendant ces deux mots, Véro.

nique frissonna de la tête aux pieds,

—Votre frère ! 1 répéta-t-elle trem.

blante, effarée,..... — Mais où suis.je donc?

—Vous êtes dans le cabinet du juge d'instruction Daniel Savanne, frère de Gabriel! Savanne, le capitaine de vais.

seau,

Véronique s'était soulevée à demi.

, Elle retomba écrasée sur son siè.

Ainsi elle se trouvait en présence du frère de Gabriel, de l’homme auquel le marin lui avait fait jurer qu’elle ne révé.

lerait jamais que Marthe était sa fille, et que la fortune constituée à cette enfant provenait de lui !

) Maintenant elle ne pouvait plus par.

er,

Il lui fallait se taire, à moins de deve.

nir parjure, et ce ne serait point chez Daniel .savanne qu’elle trouverait l’aide nécessaire pour reconquérir la fortune de sa chère petite fille !

La fatalité faisait s’écrouler son der.

nier espoir. :

Daniel un instant interdit par l’afñr.

mation de l’aveugle, reprit possession de lui-même,

—Nous sommes en présence d’une er.

reur involontaire mais manifeste de vo« tre part lui dit.il,

Ce ne peutêtre mon frère que vous

âves introduit dans le cabinet de Richar Vernière, le soir du 80 décembre et il y a pour cela une raison matérielle indiscutable,

Mon frère débarqué à Toulon le 30 au matin, arrivait ches moi, directement dans la matinée du dimanche 31. :

Donc, le samedi soir... il était en chemin de fer et non pas à Saint.

Ouen. :

d'u comprenes cela... n'est-ce

CU] è —Oui, monsieur... balbutia Véroni- Que ne sack*nt que répondre,

— Vous aurez annoncé sans doute à M, Vernières un nom qui ressemblait à celui de mon frère, et de là votre erreur,..…….

Elle n’a d'importance qu’en ce qu'elle nous fasse ignorer que!' est le personnage introduit par vous le samedi soir “Avant ce jour vous ne l'aviez jamais vu ?

—Jamais, monsieur,

—Etait-ce un jeune homme ou un homme mûr.

—C’était un homme mûr,

—Et M. Vernière l'accueillit avec empressement ?

—(Oui. monsieur...

—Nous reviendrons à cela plus tard

.OcCcupons-nous présentement de vo-, tre lutte avec l'assassin... Vous l’avesreconnu pour être venu à l'usine quatra jours auparavant...

— Vous aves donné de lui un signalement trop incomplet pour pouvoir me dans mes recherches et, la fatalité vous ayant rendue aveugle, vous seriez hcrs d'état de le reconnaître si le hasard vous mettait en sa présence.

—Hélas, oui, monsieur...

—Mais.., continua le magistrat...

vous m’aviez parlé d’une pièce à conviction... 24

—Oui, monsieur...et cette pièce pourrait suppléer peut.être les yeux que je n'ai plus.

: —Expliquez-vous..

—D'abord, monsieur, permettes-moi de vous adresser une question.

—Je vous le permets,

Que voules vous me demander ?

Si vous Croÿes au somnanbulisme ? i

LU

— Au somnambulisme ? répéta Daniel avec un sourire dans lequel perçait le scepticisme le plus complet.

—Oui, monsieur...

—Y croyez-vous?

—Suggestion, hypnoptisme, somnam.

bulisme sont à l’ordre du jour, je le sais répliqua le magistrat,

. D’éminents professeurs évidemment sincères, ont prétendu démontrer que dans certains cas des sujets, dont ils af.

firmaient la lucidité pourraient rendre des services signalés à la justice en permettant de saisir des criminels introuve.

bles dont ils indiquaient les retraites guue aux révélations du sommeil magné.

que.

Cela a 6té dit, mais n'a jamais été prouvé. D'ailleurs, à côté de quel-

ues savants convaincus et de bonne foi il y a des charlatans #i nombreux qus l6 croirais abaisser la justice que je re:

présente en sollicitant pour elle le con.

cours de l’un des adeptes de Ja science magnétique, que ce soit un halluciné ou un simple banquiste !

—Je vous comprends, monsieur, Vous redoutes une erreur ou une mystifica.

tion... Il vous répugnerait d’'interro.

ger une voyante, dans la crainte d’être dupe ou tout au moins de le paraître...

Et si cependant une de ses voyantes, sous l'influence du sommeil magnétique pouvait vous d'écrire l'assassin mieux que je ne l’ai fait, vous le montrer et ous conduire à lui.....Je suis une cro-

ante, moi, monsieur, et je n'ai pas le droit de ne pas croire, car j'ai eu la preuve que la seconde vne magnétique existe,

— Vous en avez eu la preuve ? ... .de.

manda Daniel Savanne,

—Oui, monsieur... une preuve ter.

rible.

—Laquelle ?

— Une voyante m’a prédit que je retrouverais ma fille huit ans après sa dis.

parition etque je la trouverais morte d'é.puisement, de privations, presque de faim, laissant une petite fille de sept ans et demi,

—Eh bien ?

—Eh bien ! huitans epr 8, j'ai retrouvé ma fille Germaine, morte à la

nan Rens Phnom Don versa a WIRD RENAR

peine, et à côté d'elle sa fille Marthe, ma petite-fille !.......,Us n’est pas une illusion, cela, monsieur, ce sont des faits... 6 LA triste prédiction s'était r6alisée de point en point, et pour obtenir cette prédiction il m'avait sufi de mettre dans les mains de la somnambule, qui ne me connaissait même pas, une petite bague d'argent portée par Germaine pendant son enfance... Après cela, m’est-il ible de douter ?......

La justice croirait s’abaisser en demandant au magnétisme de lui venir en aide, soit 1... Mais moi, je veux venger M, Richard Vernière qui fut mon protecteur, je veux me venger moi-même, et j'aurai recours à tous les moyens,

—C’'est votre droitss.soosoe dit le juge d’instruction....et je suis loin vous en blâmer Fciceous Adresses-vous à ce qu’on appelle le somnambulisme lucide et revenez m'apporter la preuve indiscutable que l'homme qui vous sera désigné par une voyante est bien l’as- BASSIN... AlOr8, 6t seulement alors, l'évidence pourra triompher de mon scepticisme... Donc, j'attendrai.

4 Mais, ajouta le juge d’instruction.….

de même qu’autrefois vous avez confié à la somnambule la petite bague d’ar-

nt de votre fille, de même il vous

audra confier au sujet magnétique un

objet ayant appartenu au coupable...

Possédes:vous cet objet ?

—Oui, répondit Véronique.….je le pos-

Robert éprouva la sensation que cause un coup violent regu en pleine poitrine,

11 devint livide.

—Est-ce possible ?...s’écria Daniel 6tonné.

—C'est possible et certain, sieur,

Claude jeta à la dérobée un regard sur son complice et le vit chancelant comme un homme qui va tomber.

Le contremaître était fort incrédule

mon-

à l'endroit de la valeur des révélations ‘ arrachées au sommeil magnétique, non pas qu’il crut devoir les nier absolument mais il avait vu de trop près les façons d’agir du docteur O’Brien à Berlin pour

ne pas faire la part très large au char.

latanisme.

Une seule chose l’effrayait.

L'objet dont parlait Véronique ne suflrait-il point à lui seul, et sans avoir recours au magnétisme, à mettre sur la trace de l’assassia ?

Daniel Savanne demanda :

—Cet objet, quel est-il ?

—Un cachet. Un de ces bijoux qu’on porte en breloque,

Par un mouvement rapide et inconsenti Robert mit la main sur le paquet de bibelots attachés à la chaîne de sa montre, ;

Il savait depuis longtemps que le ca.

chet dont venait de parler l’aveugle ne trouvait plus, mais il croyait l’avoir perdu dans sa lutte corps à corps contre son frère et le supposait anéanti par l’in.

cendie.

Claude Grivot, en inême temps que lui, frissonna.

11 se souvenait de ce joyau dont le merveilleux travail l'avait frappé et qu'un anneau presque usé rattachait à la chaîne, détail signalé par lui à Ro.

rh le soir où celui-ci arrivait de Ber-

in.

Véronique poursuivit :

—Pendant ma lutte contre l'assassin, mes doigts s'étaient accrochés à sa chaine de montre et c'est dans ma main crispée qu’on l’a retrouvé,

—Qui donc ? demanda vivement leju.

ge.

agloire,

Tout en parlant l’aveugle avait fouillé dans la poche de sa robe et en avait tiré le bijou.

— Voyez, monsieur, fit-elle en le ten.

dant au juge d'instruction qui le prit en

fronçant le sourcil et dit d’un ton sévè.

—Pourquoi ne m'a-ton pas remis cet ro dès le commencement de l’enquéte

—Magloire l'ayant trouvé dans ma main ne voulait pas s’en dessaisir avant de m’avoir consultée,

Daniel Savanne examinait attentive ment le bijou que Claude Grivot avait reconnu du premier coup d'œil

Autant que son complice Robert sentit

[E 1e [Î [È a Bt Î |

son sang 8e glacer dans ses veines, mais l’un et l’autre ils avaient la force de conserver une attitude calme,

—C'est un joyau de prix ; l'anneau

br le retenait à la chaîne s’est brisé.

t le magistrat après un minutieux examen, Les ciselures en font un véritable objet d'art, Un lion accrouvi tenant entre ses griffes une émeraude,

—Sur laquelle sont gravées deux initiales, ajouta Véronique,

Lentement Robert avait boutonné sa redingote, cachant ainsi la lourde chaî.

ne accrochée à une boutonnière de son gilet,

Daniel Savanne examinait de nou.

veau le cachet et les lettres gravées.

—Une H et un Diiites dit-il... Ce bijou appartenait à l'assassin, ce n’est pes douteux, et j'avoue que cela me

pe à en réduisant à néant 7.

les premières suppositions...….. Nous nul avoir aflaire à‘une bande de malfaiteurs organisée dont ce Frits Leymann pouvait être le Chef,.sose Nous étions évidemment dans le faux...

Les cambrioleurs dela banlieue parisienne ne possèdent pas de bijoux de cette valeur,

—À moins qu'il ne provienne d’un

vol précédemment commis......…..fit Ob server Robert avec une stupéfiante au.

dace, —Peut-être avez-vous raison....répliqua Daniel Savanne...…. En tout Cas, ce cachet appartenait ou avait appartenu à un homme du monde... C’est une pièce à convicüon..., Il est possi.

ble qu’elle devienne un jour infiniment précieuse, mais en ce moment elle ne nous apporte rien d'utile,

—Monsieur......fit Véronique avec animation....elle deviendra un guide

sûr, j’en ai le pressentiment, si elle est

mise entre les mains d’une voyante.

—Je vous répète, madame Sollier,

que la justice ne peut s'appuyer sur des

révélations: probablement trompeuses, et qu’elle se rendrait complice des jon-

gleries des charlatans du magnétisme ‘

en paraissant les prendre au sérieux,

—Moi, monsieur, J'ai la foi... reprit l’aveugle..…...la foi basée sur l'ex.

périence,

Je suis sûre, vous entendez, monsieur je suis sûre que je pourrai bientôt vous faire connaître l’assassin de M, Verniè.

re et son complice, grâce à ce joyau,

—Ceyjoyau frépéta Daniel, il m'est impossible de m'en dessaisir,

—Oh ! monsieur, pour quelques jours seulement....je vous en prie, je vous en supplie.....rendez-le-moi...….. Songez que j'aurais pu ne pas vous le remettre et tenter l’épreuve à votre insu !..,,Je vous le rapporterai, je vous le jure, aus.

sitôt que la voyante m'aura répondu !

et ce sera bientôt |! Au nom de k. Vernière dont vous êtes l'ami et au nom de sa fille dont on a tué le père et volé la fortune, laisses-moi le moyen de far.

re Labs ! loss, Ne me refusez pas 5 Le magistrat hésitait, très battu, ne sachant quel parti prendre,

Robert attendait sa réponse avec une auxiété profonde,

L’aveugle comprit le silence de Da.

niel, devins son indécision,

Elle se laissa tomber à genoux.

—Ne me refuses pas, monsieur 1...

balbutia-elle de nouveau avec des lar.

mes, en tendant ses mains suppliantes, -

Le juge, très ému, oublia volontaire.

ment pour un instant l’absolue correc.

tion, la règle rigide dont il ne se départait jamais.

La pauvre femme qui l'implorait était si malheureuse |

ag vs lui enlever cruellement cet espoir, fondé on non, qui la soutenait f

—J’ai tort de céder, mais je cède 1.

dit-il tout à coup en relevant l’aveugle.

. Faites 0 qui vous tient tant au cœur.

— Alors, le cachet ?

—Le voici,

—0Oh! merci, monsieur, merci !

Et il lui mit le bibelot dans ls main,

bert passait son mouchoir sur son front baigné de sueur.

M. Savanne reprit :

—Mais je vous donne trois jours seu-

magnétisme ‘

a sérieux.

Dissoeesoos T'On se sur L’ex.

2, Monsieur ientôt vous M, Verniè.

ce joyau, 1, il m'est lques jours e, je vous 0 SON LEZ e remettre nsu !....Je le jure, aus.

répondu !

de M, Ver.

et au nom re et volé yen de fai.

1e refusez

rès battu, LA Je avec une

je de Da-

oux.

jour {ose c des larippliantes. :

volontaire. ue correce > se dépar-

lorait était

ement cet outenait $ cède 1...

l’aveu ÿ tant ee

roi !

la main, r sur son

jours seu-

lement.,..Vous entendez, pas un de plus....Il faut que dans trois jours vous m’ayes rapporté ce bijou.

—Dans trois jours, je vous le rapporterai, monsieur, je le jure 1... répliqua Véronique en remettant le bibelot dans la poche de sa robe,

.—Maintenant, messieurs... fit Daaiel en s'adressant aux personnes qui 8e trouvaient dans son cabinet..je vous prierai de me laisser seul avec Mme Sollier, afin que je puisse l'entendre comme elle le désire.

Véronique ouvrait la bouche pour dire qu’elle demandait à remettre l’entretien à plus tard.

Robert s'était lèyé et il allait se reti-

* rer avec Claude et Prieur, suivis du

pre et du juge d'instruction obéissant un signe de son chef, lorsque la porte du cabinet s'ouvrit brusquement, et Henri Savanne apparut, chancelant, les traits décomposés, :

À sa vue un mouvement général de surprise se produisit,

aniel alla vivement à son neveu.

. —Henri,mon enfant...lui demanda-til avec inquiétude, qu'as-tu ?... que se passe.t-il À

Hors d’état de prononcer un seul mot la gorge serrée, la respiration haletante, Henri tendit à son oncle une dépêche froissée qu'il tenait à la main, et s’écroula sur un siège, x

Il y eut un moment d'émotion indi-

cible tant l'attitude accablée du jeune

homme semblait poignante, même aux indifférents, ” :

Daniel avait saisi la dépêche, certain d’avance qu’elle contenait l’annonce

d’un malheur.

is quel était ce malheur ?

près avoir déplié d’une main févreuse le papier bleu, il lut 6videmment ce qu'il contenait et poussa une exclama de douleur.

—Mon frère !...mon pauvre frère !..

balbutia.t.il ensuite en éclatant en san.

glots, etil cacha son visage dans ses mains.

Véronique devenue soudain livide s’6tait dressée, et une main appuyée au dossier de s0n siège, olle écuutaié,

Robert s’était approché du juge d’instruction,

. —M. Gabriel ,Savanne ?,... lui de.

manda-t-il.

—Mort ! répondit Daniel d’une voix sourde,

—Mon père... Mon pauvre père est mort |... bégaya douloureusement Henri. ;

—Mort ! répéta après eux Véronique frissonuant.

Le père de Marthe, la seule personne au monde sur laquelle elle pût compter pour assurer l'avenir de sa petite-fille après l’anéantissement de la fortune de Richard Vernière, venait de disparaître

Ils tombèrent dans les bras l’un de l’au.

tre et mêlèrent leurs larmes, puis Daniel se dégageant, dit aux témoins de cette scène :

—Pardonnes-nous, messieurs...le coup était inattendu et il est terrible... Nous nous reverrons bientôt.

Robert, Grivot et Prieur se retirèrent silencieusement.

Le greffier allait les suivre lorsque le juge Ll’arrêta, et dit en désignant Véronique.

— Veuillez, je vous prie, conduire cet-

. te brave femme dans la galerie et conf-

es-là aux soins du garçon de bureau que vous chargeresz de lui faire prendre un fiacre qu'on payera, et qu’ 'a conduira à l'endroit qu’elle désigne: .,

—Bien, monsieur,

S’adressant alors à l’aveugie le magistra reprit : "

Vous avez entendu, madame Sollier,

Nous aussi le malheur nous frappe soudain impitoyablement !

Mon frère est mort |

Nous remettrons donc l'entretien que vous m’aves demandé et que j'allais a- VOIr AVEC VOUS. «ee

Dans quelques jours, lorsque vous aures tenté l'épreuve de somnambulisme sur laquelle vous comptez pour faire la lumière au milieu des ténèbres, lorsque vous me rapporterez vos confidences et que je vous donnerai les conseils que vous sembles attendre de moi...

Je n'ai plus rion à vous diro, mon.

sieur, répondit l’aveugle.

—Rien ! répéta Daniel, surpris.

—Absolument rien.....Monsieur Gabriel Savanne est mort,..….Je dois tout oublier... Je n’ai plus de secret à vous confier...Je n’ai plus de conseil à attendre de vous.

—Mais, cependant,

Plus rien, monsieur...….interrompit l’eveugle......Je suis brisée de fatigue.

..... Permettes.-moi de me retirer sans me demander d’explications...…. Dans trois jours, je vous rapporterai le bijou

que vous m’avez confié.

* Je vous attendrai dans trois jours.

Obésissant à un signe du magistrat, le fer prit le bras de Véronique pour

a conduire dans la galerie sur laquelle s'ouvrent les cabinets des juges d’instruction, 1°}

Daniel Savanne, la regardant sortir se disait :

—Mon frère est mort, et à cause de cette mort Mme Sollier refuse mainte.

nant de s'expliquer... @ille n’a plus rien à me dire l loco Comment expliquer ce revirement et ce silence inattendu ?......La mort de Gabriel la rend muette !....Pourquoi ?......Quel secret

uvait-il donc exister entre Mme Sol.

lier, mon frère et Richard Vernière que s’il fallait en croire cette femme, Danie aurait vu avant de venir chez moi, me cachant son retour ?

4 Et, tout cela deux jours avant l’assassinat de Richard !:

4 Quel étrange mystère vient ajouter une angoisse de plus à la douleur qui m’accable |!

Ce mystère, je veux le pénétrer ! il faut que Véronique parle !

“Elle parlera,

Dès le matin de ce jour, Magloire avait pris toutes les mesures nécessaires se trouver avec la petite Marthe midi à l’hospice Saint-Louis,d’'où il ramènerait Véronique à Saint-Ouen et l'installerait dans le petit appartement a avait loué et préparé pour elle chez me Aubin, \ Il nous paraît superfiy d’affirmer

d'au moment de son srriyée à l'hOSital &

sa déception fut grande quand il apprit qu’une heure auparavant un inspec.

teur dela sûreté était venu prendre Mme Sollier avec mission de la condui. re au Palais où la mandait le juge d’instruction,

Après avoir donné ces détails l’an.

cien soldat, concierge de l’hospice,ajou-

—Du reste,on la ramènera ici,'à moins que vous ne préféries aller au Palais et attendre, dans la galerie que tous les gardiens de la paix vous indiqueront, sa sortie du cabinet,

Magloire n’hésita pas.

Il lui sembla qu'au Palais de Justice l'attente lui semblerait moins longue,

Le brave joueur d’orgue était donc ase sis avec Marthe, juste en face de la porte du cabinet de Daniel Savanne, sur l’un des bancs de bois qui garnissent la galerie, quand Henri Savanne qu'ilreconnut,

pasa en courant, l'air égaré jet se pré-

cipita comme un fou dans le cabinet d’où sortirent quelques minutes plus tard Robert Vernière, Claude Grivot et Prieur,

Ils s’éloignèrent en causant avec ani.

mation et sans apercevoir le manchot et sa petite compagne.

Un instant après Véronique parut à sou tour, conduite »ar le greffier de M.

Savanne.

Magloire et Marthe furent debout aussitôt,

—Novs sommes là, madame Sollier... dit Magloire, ‘ dis que l’enfant sautait au cou de sa £ ‘and’mère,

L’aveugle r+ : ercia le greffier, prit l’u.

nique bras du r.anchot et fut conduite par lui jusqu’à la voiture qui allait les ramener à Saint-Ouen.

Magloire avait hâte d'être instruit

de ce qui veaait de se passer entre le juge d’instruction et Véronique. -

Pendant le trajet il la questionna,

Elle le mit au courant de tout ce que nos lecteurs savent déjà.

La fortune de la petite fille était bien définitivement perdue puisqu'on venait de recevoir la sinistre nouvelle de la mort du capitaine de vaisseau.

Il fallait donc ne se faire aucune illu- #ion, ne ognseryer auQURE espérance de

and il apprit un inspec.

mu prendre ;

de la condui.

le juge d’ins-

détails l’an.

hospice,ajou.

a ici,'à moins au Palais et ue tous les iqueront, sa

8 de Justice ns longue,

tait donc asce de la porte ne, sur l'un sent la galer'ilreconnut, et 8e pré- 18 le cabinet ninutes plus ide Grivot et

int avec ani.

: le manchot

ue parut à eflier de M.

ent debout

ne Sollier...

afant sautait

Her, prit l’u.

ut conduite ui allait les

tre instruit er entre le que. stionna, tout ce que

le était bien qu’on venait ivelle de la AU.

aucune illuspérance de

recouvrer tout ou partie de cette fortune, à moins qu'il ne se produisit des incidents sa Apres à prévoir.

Une seule chose restait à tenter : Retrouver les assassins, grâce au joyau dont M. Savanne avait bien voulu se dessaisir pour trois jours, et, dans le cas où la tentative serait couronnée de succès, voir e’il ne serait point possible de leur faire rendre l'argent volé.

Mais cela semblait bien aléatoire.

Le joueur d'orgue secoua la tête,

— Compter là-dessus serait de la folie pure, ma bonne madame | pliqua-t-il, n'y penses plus ; l’affaire est

e, Maintenant il s'agit de vous faire une etite existence aussi douce que possible, de vous éviter les privations, et de donner à vous et à Marthe tous le bien.

être qu’on vourra vous procurer en travaillant ferme ! Ça me regarde et nous nous entendrons plus tard à ce sujet-là1 Je vous expliquerez ma combinaison quandle moment sera venu... et cette combinaison nous donnera des résultats autrement sérieux que les consultations de douze dousaines de somnambules, ça j'en réponds loose. :

* —Vous n’y croyez pas, vous Magloire, aux somnambules ? demanda l’aveu-

à êtes comme le juge d’instructi.

on

Franchement .. je suis de son avis..

— Cependant il y a des exemple”.

—Oui... oui. je sais qu’il » : des somnambules très lucides du miviss on l'a‘irme.

Mais il y en a peut-être une sur dix milles, et vous ne la trouverez, celle-là, ni à la foire de Saint-Cloud, ni à la fête de Neuilly !

Vous alles peut-être me parler du docteur Charcot qui a fait des choses épatantes, de vrais prodiges ; mais, ses expériences, il les tentait pour le plus graud bien de la science médicale,

Il n’a jamais forcé des personnes endormies à lire dans le passé et à prévoir l’avenir..….. il ne l’a même pas ten- Léseoses

Sollier ! ré. |

—J'éssaierai pourtant moi...

—Je ne veux pas me mettre en tra.

vers de vos idées, madame Sollier,...

Je ne songe point à vous empêcher de consulter un ue ces docteurs banquistes qui font de la science magnétique à grand orchestre, comme mon orgue, et qui mettent en coupe réglée la créduli.

t6 des’badauds..….…...

Nous chercherons ensemble, si vous voules, le meilleur, c’est-à-dire le plus fameux, le plus tapageur..…..

Vous irez le trouver, vous ferez con naissances spéciales et vous lui demanderes de vous apprendre ce que vous voules savoir...

Moi je parierais la ïorte somme de cinq franc cinquante contre un sou belge que vous sortires de chez lui pas plus renseignée que vous ne l’éties en y entrant,

L’aveugle poussa un soupir,

—C'est,bien possible, mon bon Magloire...... répliqua-t.elle ;.… il y a beaucoup de chance pour que vous ayez rai.

Bon.

Mais, vous aurez beau dire, je consulterai une somnambule ; carilme semble que si je ne le faisais pas, je serais coupable !

Et puis pure que je risquerai, après tout :

. Une déception de plus... Ce n'est rien...

— Vous aves raison... madame Solli.

er,

Dès demain, nous nous mettrons en quête du Mangin de vos rêves !

On arrivait à Saint Ouen,

Depuis longtemps déjà, Mme Aubin, la Marie et les autres servantes du restaurant,groupées/sur!le seuil attendaient la pauvre aveugle, impatientes de lui prouver leur affection et leur dévouement.

Ce futune fête lorsqu’elles purent l'aider à descendre de voiture et l’em.

brasser,

Véronique, malgré toutes les douleurs qu’elle venait de subir et celles qu’elle prévoyait encore,éprouvait une joie pro-

fonde en se vayant entourée de ces braves cœurs |

Magloire, très touché de l’acoueil fait à l'excellente femme qu’il considérait à bon droit comme sa protégée, passait sa manche sur ses yeux pour essuyer une larme furtive.

Un repas de bienvenue devait être proper pour le soir,

éroniqus viendrait s’asseoir à table au milieu de quelaues anciens ouvriers de l'usine qui s'étaient plus particuliè.

rement intéressés à elle pendant son séjour à l'hôpital Saint.Louis et qui tepaient à fêter sa sortie en lui offrant un petit gala à frais communs.

Mais tout d'abord on iustalla Mme Sollier et Marthe dans le petit apparte:

ment où Magloire avait fait transporter le mobilier du pavillon de la gardien.

ne,

Perdant un instant le manclot se trouva seul avec Marthe et l'aveugle.

—Mon bon, mon cher Magloire... lui dit celle-ci en lui prenant les mains...

je ne trouverai jamais des paroles pour vous exprimer la reconnaissance qui est dans mon cœur.

—De la reconnaissance ! interrompit

l’ancien soidat de marine, et à quel propos, madame Sollier ?

Vous me demandes à quel propos le —Je doit donc compter pour rien les coins dont vous m’entoures, le dévouement dont vous aves fait preuve en veillant corame un père sur la fille de ma pauvre Germaine ? Sans vous, que serait-elle devenue, la chérie ? Que se.

rais.je devenue moi-même 7... L'assistance publique our elle, et aueci pour la pauvre aveugle, voilà ce qui nous attendait toutes deux... Vous nous avez sauvées |... Mais toute bonne volonté a des bornes, surtout quand on est obligé de gagner sa vie en travaillant, en travaillant du matin jus.

qu’au soir |.......Je ne veux pas être plus longtemps à yotre charge, et pour cela jo veux m'entendre avec vous et vous demander un conseil,

org interron:pit de nouveau,

sn ous, madame ÏOP. see dit-il re Vous allez me faire un plaisir, c'est

de chasser bien vite toutes ces vilaines idées-là, et de ne demander aucun con.

soil...) vais vous en donner un, cepentes v'est de vous laisser tranquil.

ement vivre, d'avoir confiance en moi et de vous reposer sur moi pour toutes choses... Faites-moi l'amitié de ne as vous oocuper de l'avenir... Votre ogement ches Mme Aubin est payé d’avance pour un an, et quant au reste, nous allons nous entendre...

—C'est-à-dire qu'il faut faire tout ce que vous voulez, — Absolument tout!

Marthe jugea que son intervention se.

rait utile, —Oui.....Oui,....grand'mère.... \e. dit.

elle en embrassant l'aveugle.…, 41 faut écouter notre bon ami... il faut avoir confiance en lui.........il faut ne le contrarier en quoi que ce coit..…. Dans un livre de contes pour les enfants que j'ai lu, qu’il y a une lonne fée qui protèeles braves gens... Magloire est notre nue fée, vois.tu, grand’mère, et il faut le laissér nous protéger tout à son

aise... Nous lui rendrons ça en ten-

—Ah ! comme elle a raison la petite chérie !..,... s’ecris Magloire au comble de l'enthousiasme... et comme c’est vrai que ia vérité sort de la bouche des moucherons !

Re rendit à Marthe les baisers qu’elle lui donnait, et murmura :

—Chère mignonne, je vous obéirai à tous les deux,

—A la bonne heure 1... fit le manchot gaiement.........vous voilà devenue raisonnable, et ce n’est pas trop tôt 1..., Comme ça les choses iront, positivement, sur des roulettes | sar des petites rouleites !.......Je reprends où j'en étais resté tout à l'heure... Donc, votre L ;'er étant soldé pour un an, il ne s’agit plus que de s gs de votre nourriture et de votre entretien...

La nourriture... Mme Aubin vous la Runner D'UN bien entendu avec elle.

—Mais il faudra la payer.

—Pour sûr qu’il faudra la payer ! Eh bien, on la paiera,

—À 80 quoi ?

ces vilaines r AUCUN CON.

onner un, ceer tranquil.

nce en moi pour tontes mitié de ne LÉRR EP Votre in est payé nt au reste,

aire tout ce

rvention se.

ère... ‘. dit:

Ovecose 4 faut «il faut a.

faut ne le it. Dans enfants que ée qui protè.

ire est notre mère, et il r tout à son ça en ten-

mn la petite ire au com:

. 6t comme de la bouche

10 les baisers aura :

us obéirai à

t le manchot levenue rai.

«5 Dons ., a ver des petites 1e où j'en é- Donc, VOun an, il ne er de votre retiens...

ibin vous la tendu avec

\ payer ! Eh

ago tre d h te a de sa e un portemonnaie bien gonflé, Pam mettan | dans la main de l’aveugle, il ajouta :

ne je vous assure qu'il y en a de

uoi !

: —Qu'est-ce que c'est que ce portemonnaie, mon ami? demanda Véronique que contient:il ?

—Il contient l'argent que depuis un mois or pe a gagné.

Ou, parbleu ! gagné ! et bien gs- !

—Comment !

En faisant avec moi les tournées de banlieues où serre chantions en Le accom rar avec l'orgue... C'es grâce F2 e, à sa gentillesse, à sa jolie voix, à l'intérêt qu'elle inspire à tout le monde, que les recettes ont été si fructueuses..…......Savez-vous bien] qu’elles ont triplé, les recettes, oui. ma bonne madame Sollier, triplé 1... C'est comme j'ai l'honneur de vous le dire !

... Il est donc plus naturel, il n'est que juste, que nous partagions les bénéfices A nas mis sa part de cô.

t6......Je voulais la lui conserver pour

lus tard, mais nous avons du temps Sol nous avant de songer à lui con.

tituer uns dot !...J’ai réfléchi et la réflexion a été qu'il fallait aller au plus Pressé...see F- à ;

J'ai un plan que je crois bon, S'il ré.

ussit, le reste ira tout seul...

Mais, en attendanr, il faut que Mme Shlier ne manque de rien! Ah! c'est comme ça !

Donc, ily a dans ce porte-monnaie pas mal de petits jaunets......, autant

u'il en faut pour payer lé pot-bouille da cette brave mère Aubin pendant pas mal de temps.......et quand il n'y en aura plus, il y en aura d'autre 1...

—Mais.. commença l’aveugle.

—Ah ! int de mais éessé diÿ vivement Magloire ét surtont ne me remer.

cies pas

Cet argent-là ce n’est pas moi qui vous l'offre c’est Marthe, c'est votre chère petite-fille... C’est le p-ix de son travalli......

—Oui, boune maman ! s'écria Marthe

{oyeuse, et j'en gagnerai encore de l'ar.

gent, t ;aucoup, beaucoup |...

Et ça sera pour toi, grand’mère |

J'irai tous les jours avec Magloire. Je chanterai en tournant Ja manivelle...

C’est si amusant, ,.. Et nous serons x:ches, riches... tellement riches, que nous ne saurons que faire de notre ri.

chesse...

—Ainsi chère mignonne, murmn,a pdt re tu Le Ted pour moi... Je ne sais pas si je dois accepter cela...

—Tu le dois !...tu le dois ! fit câline.

ment «cho fille, tu as dit que tu nous obéiras |

—C’est juré ! appuya Magloire,

que ne pouvait retenir ses ia.

mes, ' —Ah | mes enfants.,,, meschers en.

fants...... dit-elle en enveloppant d'u.

ne même étreinte la tête du manchot et celle de Marthe qui s'étaient agenouil.

lés devant elle........Que vous êtes bons tous le deux, et comment remezcier Dieu qui vous a envoyés à moi !

—En faisant toutes nos volontés, ma.

dame Sollier,

—Ab ! je les ferai... je les ferai... je ne résiste plus ! on aurait le paradis sur la terre, si tout le monde était comme vous,

—Bien sûr que la société ici-bas est un peu mêlée ! répliqua le manchot en riant...il faut prendre le bon et laisser le mauvais de côté 1 Muis revenons à

vous qui avez eu asses de jours de tris- .

tesse et de douleur... ils sont pas.

868.10 temps du calme et du repos est venu... Tout le moude ici vous aime et vous estime...…....avec cela et

la conscience: tranquille et un amour

de petite-fille comme la vôtre, on peut vivre heureux... Allons, ma bonne madame Sollier, maintenart que vous voilà bien remise, venez serrer la main aux braves gens qui vous attendent en bas et veulent fêter votre reiour.'

Véronique confia le porte-monnaie que lui avait remis Maglcire à Marthe, qui le serr2 dans un meuble dont elle prit la clef puis elle descendit, conduite par li manchot,

En sortant du cabinet du juge d’ins..

truction, Robert, Claude Grivot et le caissier Prieur avaient suivi la longue galerie jusqu’à son extrémité, et des.

cendu l’escalier aboutissant sous la voûte qui conduit à la grande cour du Pa:

lais de Justice et à celle de la Sainte.

Chapelle, |

Tout en marchant ils causaient.

—C’est véritablement une fatalité! … dit Prieur....Cette nouvelle catastrophe à ajouter à tant d’autres qui se suc.

cèdent ! j'en suisépouvanté !

—OCui...c’est la série à la noire... 8e contenta de répondre Robert, empruntant une expression au vocabulaire spécial des joueurs..Il ne désirait point en.

gager la conversation, il ne voulait én ce moment qu’une chose :......Se trouver seul avec son complice, afin de se soulager un peu en lui confiant les ter.

reurs qui l’obsédaient,

Cependant il crut devoir ajonter, en s’adressant au caissier,

—Vous retournez à l'usine, monsieur Prieur !

—Oui, monsieur, j'ai à terminer quelques comptes, et comme c’est demain dimanche je tiens à les mettre à jour a.

vant ce soir.

—C’est bien, allez.......Je garde M.

Grivot..…...Je veux le consulter au sujet d’un laminoir nouveau modèle dont on doit me soumettre le plan.

Prieur salua Robert, serra ia main du contremaître et tira de son côté,

Aussitôt qu’il se trouva en tête.à-tôte

avec son Fe ai qu'il continuait à tutoyer quand ils étaient seuls, Robert de.

manda :

—Connais-tu l'adresse d’O'Brien, le magnétiseur

—Je l’ignore complètement,

CA Ven m'y prendre pour la sa.

voir

—Tu la trouverais probablement à la quatrième page d'un journal... Ce dinble d'homme, avec ses mœurs amé.

rinsines, Goit battre sans cesse la grosse caisse. e

— C'est probable en effet,

—Qu'as-tu besoin d’O'Brien ?

—J5 te is dirai, mais saçhons d’abord où il demeure, :

s deux hommes venaient de tra.

verser le pont au Change et arrivaient devant un café dans lequel ils entrè.

rent.

—Voilà le Bottin ...... dit Grivot en apercevant le gros volume relié en toile grise, posé sur une table, l’adresse doit 8'y trouver

Ils s'installèrent et le contremaître commanda deux grogs, tandis que Ro bert feulletait dans l’almanach du commerce les pages réservées aux médecins,

Le nom d’O'Brien n'y brillait que par son absence, :

— Voyons les journaux,

Un garçon en emporta une demi.douzaine en même temps que les grogs,

Rien aux annonces de la quatrième

age !

. Le directeur de l’Institut Eee Vas

faisait ‘cependant une ormidable réclame, mais ce n’était point un des jours de son abonnement de publi.

cité.

—Il faudra pourtant que je le trouvel dit Robert en rejetant avec impatience les feuilles inutiles. Le personnageest assez connu pour que la recherche ne soit ni bien longue ni bien difficile !...

Partons…

Il se leva, paya les consommations et sortit du café.

à —Où allons-nous ?.....demanda Clau.

—Chez moi, à Neuilly. Tu m'accom.

pagneras jusque-là, Nous avons à causer en route.

A la plus prochaine station ils prirent une voiture, et dès qu’elle fut en mouvement Robert, se tournant vers Claude lui dit

—Ebh bien ! que penses-tu de ce qui se passe Î Crois-tu que nous sommes menacés ?

—J'ai cru un moment que nous l'étions ?

—£t, à cette heure ?

—Je suis parfaitement calme et ras.

suré, je t’assure,

—D'où vient cette confiance ?

.—Tu as joué une partie très auda.

cieuse en ie risquant à parier devant l'aveugle.........Je ne la perdais pas de vue pendant que le juge l'interrogeait

arrivaient

ils entrè.

Grivot en ié en toile resse doit

tremaître sque Ro.

nach du aux mé-

t que par

lemi-dou-

grogs.

juatrième

patate ormida-

int un e publi.

le trouve!

patience inageest

erche ne ficile !...

ations et 1da Clau.

a'ACCOm à causer

8 prirent en mou- 8 Claude

ce qui sommes

nous l’é-

...... Elle a tressailli en entendant ta voix qu'il lui semblait reconnaître, et en cela elle ne se trompait pas...

Un soupçon a traversé son esprit, mais il n’a eu que la durée d’un éclair...

La partie était gagnée pour toi... Nous n’avons plus rien à craindre des révéla.

tions de Véronique.

—Mais cette breloque qu’elle a présenté à Daniel Savanne, qu'il lui a ren.

due et qu’elle doit lui rapporter dans trois jours ?

—Ceci était grave en effet, et que le diable te patafiole avec tes breloques !

Quand on part pour la guerre, et surtor:

pour une guerre de ce genre-là, on soin de ne point rester harnäaché d’un tas de bibelots qui peuvent devenir com.

Je t'avais fait observer... tu dois t’en souvenir..…..que l’anneau sout tenant le susdit cachet était notablement usé et que le moindre effort pour.

rait le rompre.

I] s'est rompu, laissant l’objet dans les griffes de la gardienne, mais il ne peut lui servir à rien, pas plus qu’il ne servira à quelque chose dans les mains du jage LA er

—Tu oublies que Véronique Sollier va employer ce bijou pour faire appel à la science magnétique...

Claude Grivot, haussant les épaules et se tournant ,à demi afin de regarder son complice bien en face, répli.

qua: : ,

—Ah ça! voyons mon vieux, perdstu la boule ?

Comment, toi, le sceptique endurci, tu viens me parler de magnétisme...

—Je crois à la science... et le magnétisme est une science...

—Une science ! ‘lu veux dire une blague |!

Souvent, mais pas toujours... Bref, j'ai PEUF,...000

—Peur de quoi ?

—Qu’un sujet lucide (ils sont rares, mais il y en a ) mis en rapport avec cette breloque qui ral pag ne suive toutes les péripéties du drama de Saint.

Ouen et ne me désigne comme le meur.

trier de Richard... é

—£t c’est à cause de ceiaque tu veux voir O'Brien ?

—Oui.

—Pourquoi faire ?

—Pour lui demander, si, véritable.

ment, on | conduire où on veut qu’elle aille la pensée d’une person.

ne endormie du sommeil magnétique,

—Sera-t-il sincère ?

Uisosessse CAT je payerai sa sincérie

—Alors...…... s’il ne te vole pas ton ar, (ee il te répondra que c’est ‘impos- 81016...

Tant mieux, car je me sentirai rassu.

—Preuve que ta foi au magnétisme est bien chancelante !

—On ne commande pas à ses irapressions, et je sensun péril sur nos tées.

Claude haussa de nouveau les épaules sans répondre.

Robert continua :

—Ah si l’on pouvait reprendre le bi« jou de cette femme ! -

—]1 ne faut compter là-dessus.

A l'heure qu'il est, l’objet doit être en lieu sûr .. :

—0On peut du moins la surveiller...

guetter une occasion...

—(Ça, c’est facile, etje m'en chare e.

—Je sais qu’elle va loger chez la mère Aubin, où je loge moi- 6...

Elle y prendra certainement ses re. as comme moi... j'aurai l’œil aur elle et comme j’inspire à tout le monde une confiance bien méritée, je saurai ce qu’elle fera depuis À jusqu'à Z.

Peut-être même, en causant avec elle pourrai-je l’amener, sans en avoir l'air, à me parler de ses projets...

—Oui; oui, fais cela, Claude, et ma reconnaissance...

—lautile, la reconnaissance 1...

interrompit le contremaître :,........ en ang pour toi, je travaillerai pour moi

Le fiacre avait marché rondement.

Il descendait maintenant l'avenue de

ri dpi pour gagner Neuil.

Après un moment de silence, Robert raprit :

nf a près de l’aveugle un homme une façon de protecteur.

—Magioire, le manchot ?

—Ce n'est pas un mauvais garçon, mais trop fermé... pas assez causeur,..

—Il sera bon de nous défier de

—Je m'en défie depuis longtemps dé-

—Oh ! fit Robert les dents BOTTÉOB 00 impossible de vivre avec toutes ces craintes l.....

Il faut que je voie O’Brien.... il faut

u’il me dise si le magnétisme est autre chose qu’une bombe inventée pour exploiter les gobe-mouches...

Si cette femme pouvait arriver à dé.

couvrir la vérité...

Eh bien 1...

ä —Eh bien ! quoi ?... demandz Claue.

—Eb bien ! tant pis pour elle !

Et le misérable souligna sa pensée par

‘un geste terrible.

Demain, continua:t-il, je chercherai l'Américain, je le trouverai, je le payerai pour qu’il soit sincère et s’il me dit que je cours le moindre denger par le fait de l’aveugle, je le croirai et je prendrai mes mesures en conséquence,

—Si tu le payes, ce sera de l'argent perdu, voilà tout, petit malheur ! répliqua Grivot. Mais, au milieu de tout ce que j'ai entendu chez le juge d'’instruction, il y a une chose qui m'a frappé et que je n’ai gg bien comprise...

—Laquell

—Le secret que Véronique voulait confier au magistrat, et auquel se trouvait mêlé son frère, le capitaine de vaisseau Gabriel. 2

—Moi non plus, je n’ai pas compris...

dit Robert,

—ÆElle affirmait avoir introduit le ma, rin dans le cabinet de Richard le trente décembre au soir...

Et Daniel soutenait, iui, que son rère se trouvait en route entre Marseil-

le et Paris à cette heure et à cette date et qu'il est arrivé chez lui le dimanche matin, trente et un...

—Il y a là quelque chose qui me semble étrange.

Robert, lui, pensait aux trois cent dix mille francs trouvés dans la caisse de son frère, et dont l'enveloppe portait ces mots :

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