HENRI COURS DE LA VIE
—Lises-là, monsieur Henri... lui dit-elle... Votre nom est en tête, voyez-vous... C'est comme un fait exprès... Donnée par MOÏ ss seso0000 je suis sûre qu’elle vous portera bone
eur.
— Merci, mignonne... fit Henri en Pembrassant avec un véritable élan de tendresse sans se douter qu’il embrassait sa sœur,
Marthe, qui se sentait instinctivement attirée vers lui, lui rendit ses baie sers de bon cœur,
—Je vous aime beaucoup, monsieur Henri... fitselle ensuite... Oh !
mais beaucoup... beaucoup... beau.
coup...
“ Merci, messieurs, merci, mesdames, ajoute.t.ells €5 faisant une gracieuse ré- Là page Merci pour grand'mère et pour moi,
ami M l'orgu L'er devait de la —A suite, Le:
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petit ntion, hom-
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Puis, prenant Véronique par la main, et accompagnée d'Henri Savanne qui ouvrit la grille, elle sortit, fit rouler l’or. gue sur l'avenue et dit :
—Grand'mère, ils ont tous été bien bons et bien généreux, sais-tu......... JO leurai donné des bonnes aventures, c’est vrai, mais ce n’est pas assez... .Je vais maintenant leur faire entendre la Valse des Roses et des Cerises, de notre ami Magloire... Attends que Je mette l'orgue au numéro de l'air.
L'enfant fit jouer le mécanisme qui devait amener la clavette au numéro de la chanson piquée sur le rouleau,
—AÀ présent, grand’mère, dit-elle ensuite, tourne la manivelle.
Le rouleau mis 61 mouvement fit en.
tendre les premières notes de la ritournelle, et Marthe, de sa voix pure et cristaline, commença :
Egayez-vous, esprits moroses Chante, filles !..Chantez garçons!
Voici venir le temps des roses, Des cerises et des pinsons!
Les hôtes de la villa Savanne l’écou.
taient avec une émotion bien voisine de l’attendrissement.
Marthe termina sa chanson, recueillit une salve d’applaudissements, esquissa une belle révérence et, avec l’aide de sa grand’mère roula l’orgue plus loin, devant la grille d’une autre propriété.
Après que les bravos eurent succédé aux dernières notes, un moment de si.
lence régna dans le fumoir où venait d’avoir lieu la scène à laquelle nous a.
vons assisté,
On était désolé de l’insuccès complet de la tentative sur laquelle il semblait qu’on eût le droit de fonder tant d’espérance.
Robert, très sombre, essuyait son front mouillé de sueur.
C'était lui, surtout, que frappait à l'endroit sensible la résistance imprévue de Véronique.
Les beaux plans d’O'Brien s’écroulaient, sapés par la base,
Les périls, qu’il avait cru pouvoir con jurer, restaient nlus que jamais mena.
çants,
Heuri Savanne rentra, après avoir re.
fermé la grille. *
—Mon cher enfant, ...lui ditle chef de clinique des Quinze.Vingts,..…. nous ne pouvons rien contre l’obstination de cette pauvre femme...Son épouvante à la seule pensée d’une opération la pla.
cerait dans des conditions défavorables et entraverait à coup sûr une réussite en tout autre cas certaine...Nous avons fait tout ce qui dépendait de nous...
Laïssons-la réfléchir. .Si son état d’âme se modifie, si elle revient à nous, plus coufiante, nous agirons.
—Vous lui auries rendu la vue, mai.
tre, n'est-ce pas ?
—J'’en suis sûr. Enfin, on ne guérit pas les gens malgré eux, n’en parlons plus, et attendons,
Les deux chirurgiens, à qui leur cli.
entèle ne laissait que bien peu de loisirs quittèrent ensemble la villa Savanne.
Robert ne partit pas.
Il voulait, une fois la nuit venue, al.
ler trouver le docteur O’Brien à l’adrese se indiquée par lui et le mettre au coue rant de ce qui se passait,
Ce fut donc seulement à huit heures et demie du soir, après le diner,qu'il prit congé de Daniel,
Au lieu de gagner la gare du Parc-St.
Maur, il se dirigea vers le centre de la commune et se fit indiquer l’avenue qu’il cherchait,
Un quart d'heure plus tard, il sonnait à la porte de la demeure du pseudo- Nelson.
Celui-ci qui prenait ses repas au de.
hors venait seulement de rentrer.
En entendant le coup de sonnette il tressaillit,
Qui pouvait venir chez lui à cette heure ? se demanda-t-il.
Et aussitôt il se répondit que le visi.
teur devait être Robert Vernière, puise que Robert seul connaissait sa retraite,
Vraisemblablement le fratricide avait à lui apprendre quelque chose d'impor.
tant et de pressé,
Sans lumière, il sortit de la maison et se dirives vers la norte dont il entr'on.
vrit l’un des volets mobiles.
Pb ee EE an ann gang on
—Qui est là? demanda-t.il à voix basse, :
—Moi, Robert.,.—répondit le nou.
veau venu du même ton. :
Une clefgrinça dans 1n serrure et la
tourna sur ses gonds.
—Je vous avais deviné,—fit l’Améri.
cain.—Entrez, .…
Robert passa,
O.Brien, après avoir refermé la porte derrière lui, reprit.
—Suives-mol.... et de très près, car on n’y voit goutte...
Et il conduisit son visiteur vers le perte dont ils franchirent ensemble
e seuil.
Une bougie dans un chandelier de cuivre éclairait mal une assez vaste pièee dont les volets pleins étaient hermé.
tiquement clos,
— Vous êtes seul 1— demanda! Robert.
—Absolument seul.
—Mais Mile Mariani ?
—Partie depuis quatre jours pour l'Italie où elle va m'attendre... Elle s’en.
nuyait ici à périr, et elle devenait g6.
nante...—Maintenant, © AUSONS,,.— Ou
—N'a réussi qu'à moitié...
O’Br.en fronça le sourcil.
—ÆExpliquez.vous... — dit-il, — Vous deviez vous occuper de deux choses, le cachet et l’aveugle..……
—Le cachet est ici, au Parc Saint Maur, sur le burea Où dans un tiroir
cabinet de travail dont les portes ne sont is fermées à clef, fille ?
—Tout semblait marcher à merveil- . Je, —J'avais obtenu Pour elle l’hospitaté de la villa Savanne où Henri pour.
rait lui donner ses soins pendant la du.
rée du traitement précédant l'opéra.
tion. . Elle devait habiter avec la petite le chalet situé au bas du parc, au bord de l'eau, à ”Lrendrai était admirablement choi.
—Oui, mais malheureusement Véro.
nique Sollier n°y viendra Pas...
—Pourquoi !
—Ælle refuse de se laisser opérer,
— Elle repousse la chance de recouvrer la vue ?
—Oui, et avec une obstination dont il a été impossible de triompher,
Et Robert raconta par le menu au pseudo-Nelson ce qui s'était 86 quelques heures auparavant dans le fu moir de la villa Savanne, en présence de deux célébrités chirur ical
De fit entendre un juron formi..
dable,
—Rien de fait 1— s’écria-t.il ensuite.
—J’ai perdu mon temps ici | —ÆEst-ce ma faute ?
—Je ne dis pas cela, mais il n’en est
menacent aussi bien que vous |—Au lieu Fa cela je suis ici et jy suis pour rien !.., —Qu’allons-nous faire ?
—Que voulez-vous que je fasse ?
“—1rouvons un autre moyen, —Le plan que j'avais combiné était.
le seul praticable, Une fois Véronique Ilier et sa petite-fille installées à la villa Savanne, tout devenait possi Presque facile... — Elles n’y sont pas, elles n’y viendront Pas, tout est fini...
’ai perdu mon temps... — Vous n’a ves plus rien à craindre, et je suis vo- —Je n'ai plus rien à craindre, dites.
Vous ?... répéta Robert qui ne saisissait Pas la pensée de l’Amé Cain, —Assurément non.—L'aveugle ne veut pas qu'on lopère, et per consé.
quent elle cesse d’être dangereuse pour reconnaîtra
Vous, puisqu'elle ne vous Jamais
Quant à la breloque compromettante, remise Dar elles ai juge d'instruction,
NN ts
sent Véro.
opérer, de recou-
ion dont il
ron formi..
x ensuite.
ln’en est que j'a.
sible !— mme que 16 la proie lent couartout je ure qu’il > Marthe aris, loin qui me 18 |—Au uis pour
Vous savez où elle est et les clefs sont sur toutes les portes, donc devient un jeu d’enfant ! Travaillez mon cher, alles la prendre... Vous n’aves pas besoin de moi pour ça !:
—Alors vous m'abandonnes ?
Puisque vous pouves agir seul,
— Vous renonces à gagner la soname promise ? Une fortune ?
—J’y renonce parce que c’est impossible,
—Et abandonvez.vous aussi l'idée de vous emparer de l'enfant ?
—Ab ! quant à cela, non, par exem.
le ! La fortune qui ne me viendra pas
1 vous me viendra d’elle !...J'enlèverai l'enfant et vous me compteres les deux cent mille francs que vous m’aves pro-
—Mais si la breloque qui se trouve entre les mains de Daniel Savanne re.
vient dans les miennes, je n'aurai plus rien à craindre de l’enfant,
O’Brien se mit à rire,
— Parfaitement logique, cher ami !..
dit-il... Vous êtes plus roublard que vous n’en avez l'air, vous ! !...La brelo.
que reprise par vous, plus de risque qu’on la glisse entre les doigts de la pee tite fille en état de somnam uliame, elle ne pourrait donc guider ceux qui l'in.
terrogeraient et,les mener vers vous...
Vous êtes dans le vrai, mais pour vous j'ai vendu mes meubles, j'ai lâché mon cabinet de consultations magnétiques, je suis venu m’installer ici, ce qui n’est point d’une gaîté folle ; bref, je me suis
ument sacrifié quand j'ai pu croire que cela serait utile à vos Intérêts...
ous vous souviendres de tout
j'en suis convaincu, et vous me payeres intégralement et sans marchander les deux cent mille francs en question...
dont j'ai d’ailleurs un abrolu besoin pour commencer mes pérégrinations à travers l'Europe.
—Quand vous serez prêt à pariir...
répliqua Robert, venes me trouver à N uillyei je vous remettrai la somme,
—À la bonne heure 1... Je vois avec plaisir que vous avez de la mémoire...
et de la prudence... Le jour où j'aurai mis ia maiu sur ia petite Marthe, j'irai
œhes vous procéder à l’encaissement,
À quelle date comptes-vous quitterla France !
Je vais êire obligé de prendre de noue velles mesures, * de cherober d’autres combinaisons pour enlever l’enfant à sa grand'mère, La chose n’est pas précisé.
ment facile ; cependant, si le hasard me favorise, je puis réussir promptement,
— Enfin, je vous attendrai, et Je serai.
toujours à votre disposition.
—J'y compte. Du côté de l’Allemas &ne quoi de nouveau ?
—Absolument rien,
—Prenes garde !
—A quoi ?
— Rien de plus dangereux que l’eau qui dort !
Frs ’ai demandé un mois pour réfié.
chir,
—1l y a de cela quinze Jours déjà, —Donc il me reste quinse jours enco.
re,
—ÆEnñiv suivez mon conseil, car il est re tt Less. Faites comme moi
—Je suivrai le conseil,
—£t vous vous en trouveres bien.
Robert se leva et tendit la main au magnétiseur,
—A bientôt, j'espère, fit O’Brien en serrant la main tendue, Bee . Il reconduisit son visiteur nocturne Jusqu'à la grille du jardin, qu'il ouvrit pour le laisser sortir et qu’il referma derrière lui, tout en se disant ;
—Je ne donnerais pas cher de la peau de cet homme:.là ! Il ne fera jamais que des bêtises !
Robert en quittant O’Brien à la hâte la station du chemin de fer,
Une fois installé dans le compartiment où, à cette heure tardive, il se trouvait seul, ii pensa à la visite qu’il venait de faire et aux réflexions émises par l'Américain qui voyait le million convoité lui échapper.
Le fratricide trouvait ces réflexions fort justes, Elles lui donnaient l’aplomb de l’homme qui se croit à l'abri de tout
* —En effet..se disait.il…. Véronique refusant de se laisser opérer, c’est pe +
moi, de son oûté, la sécurité complète...
L'enfant disparaissant, ce n’est assurément pas moi qu’on pourra sOUpÇonner d’être l’auteur ou le complice de son enlèvement.
Reste la breloque.... Oui, certes, je pourrais essayer de la reprendre chez Daniel Savanne, mais ce serait dan-
ereux. ...Je n'oserais pas me risquer !
ailleurs, sans l'enfant à quoi pourrait.
elle servir à la justice !...À rien;et poure tant...
Robert passa en revue dans 80n €8e pi une foule d’hypothèses trop longues
reproduire et il conclut :
—Claude a raison...Il faut toub prévoir.
*] faut avoir des armes contre le haserd...il faut qu’Aline devienne la femmo de Philippe 1.11 le faut, et cela aura | \
Les travax exceptionnels dont Philippe de Nayle et Claude Grivot s’occupüient à l'usine de Saint-Ouen mare chaient rapidement.
Les p'aus de la nouvelle mitrailleuse de campagne, ceux de l’obus inventé
ar Robert pour les torpilleurs et pour
es canons à tir rapide, ainsi que les for-
mules des poudres devant servir à lan. cer ces nouveaux engins, avaient été revus, corrigés et soumis à la commission d'examen.
Cello-ci avait ét6 frappée par l’ingéniosité des combinaisons neuves et hardies.
Assurément, si les résultats pratiques étaient teis qu’on était en droit de l'es-
ror, la France se trouverait avoir dans es mains en cas de guerre une force défiant toutes les forces ennemies.
On avait demandé les épreuves.
On voulait étudier l'outillage d’abord, et faire ensuite les essais de tir.
C’est à l'école d’artillerie de Fontainebleau que les épreces devaient être faites, en présence des membres de la commission d'examen et du ministre de
la pren ÿ
outillage fut livré, et le double de toutes les pièces fut conservé à l'usine.
Robert avait prié son beau-fils de faire une triple expédition des plans, des légendes et des formules. |
—Pourquoi une triple expédition, puisque le double nous reste ? demanda Philippe.
—Elle peut nous devenir nécessaire, et je tiens à ce que ce soit toi qui l’exécute, comme les atres,
Quand son beau-père avait parlé, Philippe ne discutait jamais.
Il se mit au travail, dans le cabinet qui lui était réservé, ayant soin de pousger les verrous, afin que nul regard indiscret ne pût tomber sur le: plans et
les formules qui devaient rester un secret inviolable.
. Quelques jours après le dépôt des en-
gins de guerre et des projectiles, Ro:
bert reçut une lettre du ministère de la guerre etune autre du ministère de la marine le convoquant pour le surlendemain à Fontainebleau où les épreuves devaient avoir lieu dès l'aube. .
Pour la mitrailleuse rouveau modèle, la présence de Philippe, qui en avait étudié le maniement, était nécessaire.
11 partit donc avec son beau-père la veille du jour indiqué,
Le succès des expériences dépassa toute attente.
Engins et projectiles furent acceptés, et séarce tenante on demanda à Robert de s’engager à fournir, dans le délai d'une année, un nombre convenu de ces projectiles et de ces engins.
C'était un triomphe sans précédent,
Le lendemaic, le traité était signé avec les ministères de la marine et de la guerre,et deux jours plus tard le Journal officiel publiait la nomination du directeur de l’usine de Saint-Ouen comme chevalier de la Légion d'honneur, avec cette mention :.....ñervices exception»
uels.
A l'usine on fêta la nomination de Robert, et sur l'initiative deUlaude Grivot, les ouvriers se cotisèrent pour of.
frir une croix enrichie de diamants à leur patron. :
Chez Daniel Savanne ce fut aussi une grande joie.
Amélie, oubliant le passé, devenait fière de son mari,
fils de jai.
sxpédition, ? deman-
nécessaire, qui l’exé-
parlé, Phi-
le cabinet in de US regard 1n- : plans et ter un 80.
pôt des enectiles, Ro:
inistère de inistère de ir le surlenles épreuves
eau modèle, ui en avait \écessaire.
eau-père la
ces dépassa
nt acceptés, 1da à Robert ns le délai convenu de
pins.
précédent, ait signé arine et de la rd le Journal ion du direcuen comme nneur, Avec s exception
mination de le Claude Grient pour ofdiamants à fut aussi une
86, devensit
ot ee or ot as ir
Philippe, rayondant, ge disaii :
—C'est justice !
Et, tout bas, il ajoutait :
—Un jour, bientôt peut-être, ce sera mon tour,
Robert lui se grisait de son succès, et ne s0n£eait même pas que ce ruban rouge insigne de l'honneur, qu’il osait porter, était teint du sang de son frère ?
Ses travaux pressés, ses courses aux
‘ ministères son déplacement à Fontaine-
bleau, ne l'avaient point empêché de penser sans cesse au projet caressé par lui du mariage de Philippe et d’Aiine, mariage qui deviendrait une sauvegar-
de 2e lui.
dimanche qui suivit la semaine si bien remplie, il se rendit à la villa Savanne avec l'intention parfaitement arrêtée de faire connaître ses désirs à sa ne et à Daniel le subrogé-tuteur d'A.
Philippe f’accompagnait.
Il nous paraît inutile d'affirmer qu’ils furent reçus à cœurs et à bras ouverte,
Un peu après son arrivée, Robert prit nv à part et lui adressa cette re.
uête : « Vous plairait-il, mon cher ami, d’accorder à Mme Vernière età moi quel.
ques instants d’entretien particulier f
—Je suis tout à vous vous n’en dou.
tes pas; —répondit le megistrat un peu surpris,--je vais monter dans mon ca.
binet de travail où je me tiendrai à vo.
tre disposition ......
—Et où nous irons vous rejoindre dans cinq minutes...
Robert alla trouver sa femme qui causait avec Philippe.
—Ma chère Amélie, — ini dit-il, — je viens de vous ménage: une causerie avec M. Savanne .…....— Nous avons àlui parler du projet de Gr 4 qui intéresse si vivement l'avenir de hilip.
…. —Notre ami nous attend... …
ONESooo0 ‘
—Je vous suis, Robert,—répliqua Mme .Vernière rayonnante, car elle croyait entrevoir lo prochain bonheur de son fils.
Et, se penchant vers le jeune homme très ému, elle :'embrassa en murmurant à son oreille.
—Ta cause est en bonnes mains, cher enfant... Espère !
Puis le mari et la femme allèrent trouver Daniel,
Le magistrat les attendait avec curiosité, car il ne pouvait deviner le motif de l'entretien particulier que Robert. avait sollicité de lui, et auquel Amélie devait assister,
11 était bien loin de supposer que cet entretien allait jeter le plus grand trou ble dans son esprit,
Avez.vous donc à me parler d’une chose grave, mes amis, comme vos physionomies sérieuses semblent l'indiquer ?
demanda-t-il après avoir fait asseoir Mme Vernière,
—Très grave, en effet, cher monsieur Savanne,—répondit Robert en s’asse.
yant à son tour,—mais qui je l'espère, recevra de vous une complète approba-
ion...
—Vous ne doutes point de l'intérêt avec lequel je vais vous entendre, , — fit Daniel,
Le fratricide reprit :
—Depuis quelques jours déjà je vou.
lais vous parler, mais jai été tellement surmené, ces temps derniers, par des occupations que vous connaisses, qu'il m'a été impossible de venir ici...
t “Il est question d’un projet, d’un grand projet, conçu par Mme Vernière et par moi, aujourd’hui, libre enfin, je né veux pas tarder une heure de plus à vous le faire connaître...
—De quoi s'agit-il ?
—D’Aline ma nièce,
M. Savanne ne comprenst pas enco-
Robert poursuivit :
— Vous savesquelle situation..suivant en cela les bons conseils que vous avez bien voulu nous donner — nous avons faite so mu de nous à la fille de mon pauvre frère,
—Situation brillante... interrompit Daniel......Cette association inespérée rend à la chère enfant sa fortune per.
due. En vous elle a retrouvé une famil.
le, Mme Vernière est devenue pour elle une véritable mère,
—C'est l'affection toute maternelle qu’elle éprouve pour Aline qui la pous-
ge à se joindre à moi.........Certes la position de ma bien-aimée nièce ne laisse rien à désirer... Les bénéfices donnés dès à présent par notre association assurent largement son avenir, nous 80mmes heureux de le constater. Mais notre sastifaction n’est pas complète.
—Que lui manque-t-il ?
—Ii m'est pénible de savoir qu’à propos d'elle je suis traité d'exploiteur.
Dariel fit un geste du stupeur.
—Exploiteur !.. vous !... g’écria-t-il.
Quelle est cette folie Lo00000 VOUS rêvez |!
Malheureusement non ! Le monde est méchant !.. Il jalouse le sucoès, et,
äil parle !
—Que peut-il dire ! Que dit-il ?
Ceci :......Que j'aiété bien heureux de trouver une maison dont la juste renommée avait été faite par mon frère, et que sans la fille de mon frère, sans Aline à laquelle chacun s’intéressait, je n'aurais eu l'appui de personne...
Daniel haussa les épaules.
Mais c’est insensb l.nfit-il,... in sensé et ridicule, puisque tous les capitaux nécessaires pour réédifier l'usine ontété apportés par me Vernière dont l’admirable générosité a constitué la part de votre nièce avec un tiers de ces capitaux !
—Abeurde et insensé, soit ! Mais cela se ditesosse
Que vous importe ?
Cela m'irrite, ça m'oftense,
—Ii n'existe aucun moyen de fer.
mer la bouche aux méchants et aux envieux.
Il en existe un.
—Lequel
C'est vien simple !...Pour contrain-
dre au silence les bavards malfsisants, il suffra de marier Philippe de Nayle, mon beau.fils, à la fille de mon frère, A-
Daniel ne s'attendait pas à cette conclusion.
11 tressaillit e6 devint un peu pâle.
Robert continua :
—Vous aves pe servi de père à ma nièce, puisque ichard, resté veuf absorbé par ses crands travaux, ne pou-
vait s’ocouper de la pauvre enfant...
Il était donc bien juste ques la réue nion du conseil de famille vous ayes connaissance de notre désir de voir Aline devenir comtesse de Nayle.
Après un moment de silence, Daniel reprit d’une voix 6mue :
—Je vous remercie do votre confiane
ce, Je suis touché de la démarche que vous faites auprès de moi........ÆElle me
prouve toute votre amitié.…...Devenir -
comtesse de Nayle, en épousant un charmant jeune homme, qui sera pose sesseur, un jour, d’une grande fortune, c'est un rôve à contenter les plus ambitieuses, et je suis couvaincu que 0e rêve la pauvre Aline ne l’a pas faits, Puisque vous voulez bien me consulter au sujet de vos projets, permettes-moi de vous faire observer, mes chers amis, comme le ferait sans aucun doute le conseil de famille, que Philippe de Nayle est bien jeune pour prendre femme, Songes donc qu’il n’a pas vingt ans et qu’Aline n’en a que dix-huit.
Les exemples de mariages. acoome-
lis dans de semblables conditions sont innombrables...répliqua vivement Robert,
— À vingt ans, Philippe a toutes les qualités sérieuses d’un homme appuya Mme Vernière.
1 en a le caime, il en a la raison, il en a l’amovur du travail,c'est vrai, dit M, Savaune... Mais il ne connaît rien de la vie.
Amélie reprit :
—Ne serais je pas là, moi, pour veile ler sur eux et pour assurer le bonheur de ce jeune ménage ?
—Certes, madame, vous avez un cœur admirable, un vrai cœur de nière; une sollicitude que rien ne saurait lasser, mais dans les mariages de ce genre, combien souvent ne voit-on pas ia désillusion arriver trop vite, accompagnée de la laswitude.....,Etpuisil faudrait avant tout savoir si les jeunes gens se plaisent et s’ils seraient heureux de s'unir,
itesooce
—Philippe aime Aline ! s'écria Mme Vernière. Son rêve d’avenir est en elle tout entier, :
enfant...
yant la réue vous ayes de voir I.
yle.
ice, Daniel
tre confiane
narche que ...E1l0 ME
Devenir :
pousant un Li sera pOse ide fortane, es plus amnou que ce pas fait.ooo.e Le consulter rmettes-moi chers amis, n doute le ippe de Naydre femme, yingt ans et it.
Ages. ACOODIaditions sont ivement Ro-
a toutes les ame fait.sosee
a la raison, il st vrai, dit M, ît rien de la
ji, pour veile r le bonheur
us avez un œur de nère; e saurait lass de ce genre, on pas ia déaccompagnée uis il faudrait unes gens 86 t heureux de
| s'écria Mme air est en elle
Il vous l’a dit ?
—Cent fois, et avec queile ardeur !
ut” Aline, l’avez.vous consul-
#m—Non... Et nous n’aurions pas cru pouvoir et devoir le faire avant de vous avoir mis au courant de nos désirs.
—Alors vous ne connaissez rien de l’6tat de son cœur, —C'est vrai... Mais eu supposant ge ne l’ait point encore donné à bilippe, pourquoi repousserait-elle une union qui ferait la joie de tous ?
Excepté le sienne peut-être, dit Da-
niel ‘ Robert et Amélie tressaillirent.
—Pourquoi cetto supposition Î..... demanda Mme Vernière avec un commencement d’inquiétude...Est-elle purement gratuite, ou se base-t-elle sur quelque chose ?
—Chère madame, je vous dois un aveu, un aveu que je ne saurais retarder plus longtemps.
Amélie et son mari échanzèrent un re rapide,
ur inquiétude grandissait.
Daniel continua :
—En supposant que le cœur d’Aline soit libre, vous vous trompez.
—Ne l’est-il donc plus ?.. demanda Robert,
— Aline est la fiancée de mon neveu Henri Savanne,
—Sa fiancée, répéta Mme Vernière ae vec stupeur.
Robert était devenu très pâle.
—Elevés l’un auprès de l’autre...
ges Daniel.........mon neveu et la
e de Richard se sont aimés dès leur enfance d’une aflection qui plus tard est devenue de l'amour... Aujourd’hui ils s’adurent..….... Ils ont échangé leurs paroles......lls se sont faits le serment d’être l’un à l’autre... VOue dries-vous, vous qui les aimes, tenter de désunir deux cœurs, de briser deux existences 1... Non, n'est-ce pas 1...
Votre confidence d’aujourd’hui m'a mis dans la nécessité de parler, mais j'allais dans quelques jours, cher monsieur Vérnière, m'adresser à vous. tuteur d’Aline, et vous demander oflicie!isnent sa main pour mon neveu.
Amélie et Robert étaient attérés.
Le fratricide pensait :
—Cet Henri Savanne se rencontrera donc partout, comme un obstacle sur mon chemin /
Amélie se disait :
Comment Philippe supportera-t.il ce coup imprévu et terrible ?
Daniel ne pouvait s’illusionner sur l'effet douloureux que ses paroles ve:
naient de produire.
—Je vous afllige, je le vois bien, —-ditil avec une émotion profonde, —croyes
ueje le regrette de toute mon âme,mais il vaut mieux que je vous aie, moi-même appris la vérité. .—11 est plus qu'inutile de faire naître dans le cœur de nos enfants des jalousies. .. . d'élever des colères peut-être des haines qui fatalement nous désuniraient.. Je tiens à ce que nous restions amis, et permettes-moi d'espérer que vous n’y tenes pas moins que moi
En prononçant ces derniers mots, Daniel s'était levé.
Il tendait une de ses mains à Amélie et l’autre à Robert.
Nil'un nil'autre ne pouvaient mal accueillir une explication donnée avee tant de franchise, de loyauté, de cordiae
té.
Robert fit contre mauvaise fortune bon cœur.
Vous avez raison, cher monsieur Savanne,—dit-il en serrant la main du magistrat, —Rien ne peut et rien ne dois altérer notre bonne amitié qui m'est, comme à vous, si précieuse. —Philippe va soufirir certainement, beaucoup souffrir, mais comme c’est un garçon plein de bon sens et de délicatesse, qui aime Henri Savanne comme un frère, il ne lui en voudra pas d'être plus heureux que lui, et il oubliera son rôve...…..
Pauvre Philippe ...— MUrMUrAIt Amélie les yeux pleins de larmes, il connaîtra bien jeune le chagrin...
Maintenant, écoutes-moi, mes chers amis, —reprit le magistrat, — car moi aussi j'ai une communication à vous faire... Vous ignores, certainement, l’un de mes prénoms.-—Je m'appelle Daniel.Landry Savanne, ei dans ina famiiie on a choisi le jour de la Saint Landry
pour me souhaiter ma fête, parce que c’est aussi le jour de ma naissance. — Malthide, Aline et Henri ont pris l’ha.
bitude de se réjouir d'avance de cette solennité toute intime ... — Or, cette année, nous avons résolu de choisir ce jour pour célébrer votre nomination dans la Légion d’honneur..…….
C’est ici qu’on se réunira pour porter la santé du nouveau chevalier...
Faites vos invitations comme je ‘ ‘3 les miennes, et soyez très large, ma salle à manger est très grande.....,,—Je vous prie seulement de me faire savoir combien vous m’smèneres de convives...... C’est convenu, n’est.ce pas ?
Vous acceptes ?
—Ah ! certes! et de grand cœur 1 — répondit Robert,
—Comment vous remercier ? murmu.
ra Mme Vernière très émue.
—En ne me remerciant pas.—On dé.
jeunera et on dinera je vous en pré- VIODS,.
—Le jour !—demanda Amélie,
—Samedi prochain...—Nous aurons le dimanche pour nous reposer en famile e.
La cloche annonçant le déjeuner re.
tentit.
—A table |! dit M, Savanne en offrant son bras à Mme Vernière,
Robert sortit le dernier du cabinet de travail et avant de sortir, il jeta un coup d’œil au bureau,
Les clefs étaient sur les tiroirs,
Avant d’entrer dans la salle à manger au seuil de laquelle Daniel Savanne avait dû quitter le bras d'Amélie pour donner un ordre, Robert se trouva pen.
dant une ou deux secondes seul avec sa femme,
—Je n’ai pas insisté, vous l’aves vu, je ne le pouvais pas... —-lui dit-il tout bas, d’une voix sourde que la colère contenue faisait trembler, — mais mes idées sont toujours les mêmes... — Je veux que le mariage d’Aline et de Phi.
Uppe se fasse 1...
: Amélie regarda son mari avec inquiéude,
Le son de sa voix l’épouvantait. ;
Elle vit ses yeux étincelants,
—Mais, en revenant sur ce sujet, — murmura-t-elle, —nous aurons tout le monde contre nous.....,
—Peu importe... — répliqua Robert, et ilrépéta :—Je veux que ce mariage se fasse | vous entendez je le veux 1.
et il se fera l......
Mme Vernière allait sans doute de.
mander une explication,
Elle n’en eut pas le temps,
Daniel les rejoignait.
Les jeunes gens, qui se promenant dans lc parc avaient entendu l'appel de la cluche, venaient d'apparaître...
Philippe aurait bien voulu questionner sa mère.
Il la regarda,
Elle eut aux lèvres un pâle sourire,
On croit volontiers ce qu’on espère.
Philippe ne comprit pee ce qu'il avait de nâvrant dans l'expression de ce sourire.
Il se persuada que son bonheur était assuré,
Pendant la durée du repas, Robert se montra tel qu’il était habituellement, et même en le rega:'dant avec attention, le plus habile observateur n'aurait pu de.
viner qu’une tempête grondait sous son crâne,
Il parlait, mais tandis qu’il semblait se donner tout entier à la conversation,
- 88 pensée était ailleurs.
Elle allait dans le cabinet du magis.
trat, elle se concentrait sur ce bureau dont l’un des tiroirs renfermait la preuve matérielle de son crime,
Robert croyait entendre encore ja voix d’O'Brien lui disant :
—Puisque vous saves où est votre breloque, soyez adroit, travaillez, repre.
nez-la |
Et, mentalement, il répondait à cette.
voix :
—Oui, je serai adroit et je la repren.
‘drai.
Après le déjeuner ôn passa sur la ter. É
rasse,
Aussitôt après qu'on eut pris le café.
Robert se leva.
er monsieur Savanne, fit.il, je
viens de me rappeler qu'hier j'ai oublié
vantait.
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iqua Robert, ») ce mariage le veux !..
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ris le café.
e, fit.il je j'ai oublié
d'écrire une lettre un peu pressée...— Vous aves une boîte dans les environs,
—À la gare de Champigny, à dix minutes d'ici,
sal pourrais-je trouver de quoi écrire
—Dans ma chambre, répéta Mme Vernière.
—Ne prenez pas la peine de monter deux étages, dit Daniel Savanne. Entrez dans mon cabinet, vous trouverez sur mon bureau encre, plumes et papier ; le jardinier ira porter votre lettre à la gare.
Voulez-vous que je vous accompagne pour vous installer ?
—Gardez.vous bien de quitter ces dames... fit Robert... Je connais les aitres......Merci de votre permission. Dans quelques instants je vous re-
indrai, Pet il s’éloigna.
En gravissant lez marches de l’escalier conduisant au premier étage et en entrant dans le cabinet du juge d’instruction il souriait d’un étrange sourire et ses yeux brillaient,
Le plan édifié par lui en quelques instants avait réussi.
Comme c'était simple.
Il ne lui avait fallu ni beaucoup d’audace, ni beaucoup d'adresse, et il touchait au succès.
À peine assis devant le bureau, il dis.
posa une feuille de papier, trempa une plume dans l’encre, mais la replaça sur l’écritoire sans en faire usage,
I mit la main sur la clef de l’un des tiroirs qu’il ouvrit.
Le premier objet qui frappa ses yeux fat la breloque détachée de sa chaîne de montre,
La saisir, la glisser dans la poche de son gilet et refermer le tiroir, tout cela fut fait avec une rapidité prestigieuse.
—Je la tiens donc enfin, cette preuve qui m'épouvantait, murmura-t-il avec une expression de triomphe. Véronique restera toujours aveugle ! je n’ai plus
rien à craindre !
Reprenant alors la plume il traçga sur une enveloppe cette suscription :
Monsieur Chesnaye, rue d’Aboukir, n° 24, Paris,
Dans cette san rv ds il glissa une feuille de papier plié, humecta la gomme et cacheta,
L'adresse était de fantaisie et l’enve- Joppe ne contenait que du papier blanc, Le tout resterait au rebus de l’hôtel des Postes,
Il lui manquait un timbre.
Le jardinier en prendra un dans un Arras de tabac en allant à la gare, se
it-il (]
Et tranquille, il descendit l'escalier en répétant.
—Plus rien à craindre !... Je auis saue
Vé.
Sa lettre à lamainil regagna la terrasse Où se trouvaient encore tous les hôtes de la villa.
—Merci encore, cher monsieur Savanne..... .fit-il. .j’ai trouvé dans votre cabinettoutce qu'il me fallait, sauf un timbre........J0 vais prier votre jardinier de s’en procurer un en allant mettre cette lettre à la poste.
—Inutile de déplacer le jardinier, in.
terrompit Philippe qui se leva. Je vais aller en me promenant jusqu'à la gare, et je saurai bien trouver un timbre chemin faisant,
—Va, s'il te plaît de marcher...
répliqua Robert..….l’essentiel pour moi c'est que cette lettre parte.
Et il donna l'enveloppe à son beau-
—Accompagnes donc M. de Nayle, mes enfants, cela vous fera prendre un peu d'exercice, dit Daniel Savanue à sa fille et à la nièce de Robert.
—Mais, nous ne demaudons pas mieux, père, fit vivement Mathilde en se levant à son tour, Il nous sera très agréable de tenir compagnie à M. Phi. .
liPPevss Vite, Aline, prenons des ombrelles, car aujourd’hui ie soleil est chaud, et partons.
Les deux jeunes filles coururent cher.
cher dans le vestibule, non seulement des ombrelles, mais de grands chapeaux de paille, et revinrent joindre Philippe .
qui les attendait jrs de la qe
Aussitôt dans l’avenue il offrit son bras à Aline,
La jeune fille ne pouvait refuser, quoi qu'elle eût préféré de beaucoup mar.
lui faire comprendre qu’Aline sst la fiancée de mon cousin...
Ce es elle le trouva,
chcz à côté de Mathilde, libre d'aller à droite et à gauche et de se pencher à sa fantaisie pour cueillir une violette nais.
sante.
Toujours, d’ailleurs, elle avait évité de se trouver en contact trop intime avec le a d'Amélie........Nous savons pour.
quoi
Or, le bras de Philippe accepté, c'était le tête à-tête......tête-à-tôte à ilest vrai, le jeune homme pourrait parler bas, avec une expansion
ui d'avance lui causait une sorte de rayeur.
lle leva sur son amie un regard chargé d’ennui,
Mathilde comprit,
Alors, moi,....fit-elle en riant avec la gaieté habituelle de son caractère...
alors, moi, je marcherai derrière à la distance réglementaire de trois pas, comme si j'étais la femme de chambre d’Aline,. Cela ne me va pas du tout, je vous en préviens, cher monsieur Phi.
i pre et il va vous falloir jouer le rôle plutôt ie 8 du panier à deux anses, see NAÏS à la campagne!
Etelle alla saisir délibérément, en tiant toujours, le bras droit de M. de Nayle, qui, tout en affectant d’avoir l'air enchanté, la maudissait de tout son cœur.
Un instant il avait espéré que cette promenade lui permettrait enfin de faire l’aveu de son amour.
Mais Mathilde semblait toujours prendre à tâche de se placer entre lui et son amie, comme si elle devinait ses pen.
sées les plus secrètes et voulait l’empécher de les exprimer.
C’est qu’elle les devinait, en eflet, et fidèle à la promesse faite à Henri, elle veillait sur sa fiancée,
On marchait lentement.
Philippe ne disait mot,
Aline se sentait gênée, contrainte.
Mathilde seule faisait tous les frais de la conversion, ou, pour mieux dire, elle monologuait, parlant de nimporte quoi, afin de ne pas laisser le silence s'établir.
Et tout eu bavardant, elle pensait :
Si je pouvais inventer un moyen de
Pour aller à la gare de Champigay on était obligé de traverser le passage à niveau du chemin de fer de grande Ceinture et de remonter vers la route qui suit la ligne du chemin de fer décrivant une courbe en cet endroit,
Après avoir franchi l’un après l’autre les pertillons du passage à niveuu, les trois promeneurs s’engagèrent sur le chemin dont nous venons de parler.
ü Mathilde avait repris le bras de Phi.
pe.
"las venait de tirer son mouchoir de la poche de sa robe, ne minuscule feuille de papier s'en échappa en même temps.
Ce petit feuillet blanc était couvert de caractères imprimés,
C'était celui que Marthe lui avait remis dans le fumoir, le jour où le docteur Sermet et le chef de clinique des Quins0-Vingts s'étaient réunis à la villa Sa.
un afin de parler de Véronique Sol.
er.
En tête se voyaient ces trois mots :