AR ST ER
sements qu’elle m’a vu faire et qui sont faciles,
—Oui...oui, mon bon ami, je les ferai très bien, et sans rien oublier, répondit l’enfant,
Henri partit,
La journée se passa sans amener le tt incident qui mérite d’être si-
Marthe était nerveuse, vréoccupée sans savoir pourquoi, allant et venant sans raison, agitée, inquiète, tressaillant au moindre bruit, semblant attendre quelque chose, mais ignorant ce qu’elle attendait, cequi ne T'empéoha pas de s’acquitter avec une grande adresse de la tâche qu'Henri Savanne lui avait confiée avant son départ,
Vers neuf heures, après avoir aidée sa grand’mère à se mettre au lit, l’enfant se coucha et s’endormit aussitôt, comme le magnétiseur le lui avait ordonné.
A onze heures, la suggestion fit son œuvre,
Marthe sortit de son sommeil naturel pour entrer dans un état de somnambulisme absolument lucide,
Elle se leva, s’habilla, alluma une bougie à la flamme vacillante de la veilleu.
se eb monta chez Mme Soilier,
Véronique dormait,
L'enfant l'éveilla,
Vite Te.sen VITtO..ssovocoll faut que tu t’habilles, grand’mère.., lui dit-elle...
M. Henri vient de m’ordonner de te conduire à lui,
C'est pour te guérir,
—Mais il me semble que c’est à peine si j'ai dormi, ma mignonne... répliqua À étonnée, Quelle heure est-il
onc
—Plus de dix heures, Dépêchous-nous M. Henri nous attend,
Et, inconsciente, sous l'empire de la suggestion, elle aidait l’aveugie à se vêtir,
Au bout de peu d'instants elle fat prête,
Marthe la prit par la main, lui fit des.
cendre l'escalier, et, après avoir éteint la boug e, la conduisit hors du chalet.
—Uù me mènes-tu, mon enfant ? demande Mmé Soillie,
—Où M, Henri nous attend.
nn ,
Privée de ses yeux, le voile étendu sur sesprunelles lui enlevant toute no.
tion de la lumière extérieure, la pauvre femme ne s’apercevait pas que les ténèbres l’entouraient..... Pouvait-elle supposer d’ailleurs que l’enfant lui men.
nr te l cent fois non ! Tout excepté cela |!
La petite fiile, ayant pris la clef dans la resserre, avait ouvert la grille et entraînait l’aveugle sous les arores du côté du pont du chemin de fer,
Un train de marchaadises y passait en ce moment avec un formidable tapae ge.
Véronique s’arrêta,
—Mais quel chemin prenons-nous donc ? fit-eile, vaguement inquiète,
—Le chemin qu'il faut suivre pourarriver où je te conduis. Viens, grandmère,
Elles continuèrené d'avancer.
Devant elles, à quelque distance, une forme humaine, vague comms une o%.
bre, marchait sans bruit sous les arbres, et par instants disparaissait pour reparaître un peu pius loin.
—Ii faut monter l'escalier du paro, grand’mère, dit la petite file quand on arriva aux marches rapides tailées dans le sol, qu'elle avait gravi la nuit précédente, donne-.moi la main,
Véronique monta et fit halte un iustant sur la dernière marche pour reprendre haleine,
— Nous sommes presque arrivées, re prit l’entant,
Et elle l’attira,
Elles franchirent le passage à niveau et s'engagèrent sur le bas-côté de la voie.
Un atteignait le pont métallique,
Marthe avait saisi d’une main la ram.
pe de fer qui la longe des deux côtés et de l’autre elle guidait l’aveugie,
Elles firent ainsi environ cioquaute pas puis Marthe s'arrêta brusquement,
Minuit sonnait, corame la veille,
Véronique compta les coups,
…(J’est midi, —- dit-elle.
L'enfant avait dévaué se main desails de l'aveugle et, obéissent à la sugges.
tion, elle fermait ses yeux et ses onreil-
les pour ne rien voiret ne rien entendre, Ÿ —Marthe...—murmurs Mme Sollier.
A peine venait-elle de prononcer le nom de l'enfant que du milieu de le voie un bomme aplati entre les rails et. qui semblait une tache noire se dressa, bondit vers l’aveugle, la saisit par derrière à bras.le.corps, la souleva avec une force herculéenne, et la faisant : basculer, la lança pardessus le garde-fou du pont,
Veronique n'avait pas même eu le temps de se débattre. s Ælle poussa un cri déchirant, et le bruit sourd de son corps tombant dans la Marne monta jusqu'aux creilles d’C’Brien, eo. :
Marthe, plus que jamais sous l’empi.
re de la suggestion n'avait rien vu, rien entendu. ;
—Celui aui viendra à bout d'expli.
quer cela sera un rude malin ! — mure mura le magnétiseur,
Et, chargeant sur son épaule l'enfant toujours endormie du sommeil hypnotique, il prit, en l’emportant, le chemin de sa demeure,
Au moment où la pauvre Marthe con.
duisait inconsciemment sa grand'mère à la mort, une des fenêtres de la villa Savanne s’éclairait, : à :
Henri, revenant de Paris, rentrait dans sa chambre. .
En moius de dix minutes, O’Brien, chargé de son léger fardeau, avait T'EgRe
6 son logis.
el ouvrit le porte du jardin qu'il traversa, puis celle du pavillon, déposa l'enfant eur un lit préparé depuis la veille dans une chambre du sous-s0],
alluma une bougie et la mit auprès de lit
En voycnt la petite fille sans mouvement, plus semblable à une morte qu’à une vivante, il eut peur pendant un ins.
tant, k
La suggestion avait.elle brisé cette | frôle nature ?
Venait-il de tuer Marthe ?
Bien vite la réflexion le rassura, F
L'œuvre de la suggestion continuait.
—Au sommeil hypnotique venait de succéder le sommei ‘naturel, selon l'or.
dre donné la veille parle magnétiseur,
—J'ai réussi |—murmura celui-ci avec Un geste de triomphe,—tout est fini !—Cette enfant qui est un sujet ox.
traordinaire, unique peut-être m'appartient et personne ne viendra me l’enlever | PATATE — Les eaux de la Marne roulent le cadavre de la grand’mère.— Demain matin, Robert me comptera mon argent, et demain soir, après avoir hypnotisé de nouveau la petite fille pen.
t son sommeil, en route pour l'Italie ! — Malgré le tapage que va faire cette double disperition, je défie bien tous les policiers du monde de me met-
tre la main au collet 1...
Il jeta un dernier regard sur Marthe, puis sortant de la chambre, il ferma à double tour la porte du sous.s0l et alla 86 reposer lui-même.
Le cri sinistre poussé par Mme Sol.
lier tandis qu’elle traversait le vide avant de s’engloutir dans la Marne, ce cri vibrant lugubrement au milieu du silence de la nuit, avait été entendu Par quatre personnes qui remontaient en canot le cours de la rivière pour :e rendre au barrage de Joinville.
Une seule de ces quatres personnes maniait les avirons — Les autres Caue saient à voix basse,
Ce cri retentissant presque au-dessus de leurs têtes les fit frissonner.
Le rameur cessa de ramer,
—Quelqu’un vient de se jeter du haut du pont....…...dit un des promeneurs nocturnes.
—C'est id........tout près de nous...— balbutia une jeune femme glacée d’ef.
froi,
—Un crime peutêtre..…..fit le ra.
meur.
Tous prêtèrent l'oreille, Ils entendirent distinctement l'eau
clapoter sous les efforts maladroits d’un.
Corps se débattant, puis une voix Tes « que éteinte, prononçant, ou plutôt râalant ces mots :
—À moi !......à moi !..... Au secours ?
TE Ésséséedn [=]
venait de selon l'or.
iguétiseur, a celui-ci —tout est 1 sujet ex.
> m'apparme l’enlee \1d’mère.— comptera près avoir > fille pen.
our l'Itava faire léfie bien | Ie Môts
F Marthe, ferma à olet alla
me Sol.
le vide arne, ce lieu du entendu ontaient, pour 3e
rsonnes 08 Caue
-dessus
ter du > pros
Jus, .— > d’ef.
le ra.
: l’eau is d’un
r'OS « ? râ=
“OUrS >
—Rames !...Ramesz vite, Berthaut 1...
Sous le pont 1....—£t du courage!
Vous qui appeles 1.....Du courage ! On vient à vous !
Véronique venait de s'accrocher dé.
sespérément à une corde qui s'était trou.
vée sous sa main et qui reliait ensem.
ble deux fiches de pêcheurs.
Elle reconnut la voix qui venait de Parler et cria :
—AÀ moi, Magloire ! à moi !
Magloiie—car c'était bien lui—se mit à trembler de la tête aux pieds, secoue par une émuition terrible.
Il venait de roconnaître la voix de Véronique, comme elle avait reconnu ia sienne,
Le canot contenait Berthaut l'inspec.
teur de la sûreté, son ancien collègue Rossigneul, Magloire et la Marie, deve.
nue Mme Magloire,
Ainsi que cela avait 6t6 convenu à Saint-Ouen, ils s'étaient réunis le 16 juin, chez Caraton, ie cousin de la Marie, quai de Chennevières, au Goujon à Deux Têtes.
Berthaut, revenu la veille au soir de son expédition en province, n’avait point oublié l'invitation,
A la suite de divers repas amplement arrosés, On s'était attarde chez Curaton de manière à manquer le dernier train partant dela Varenne.Saint-Hilaire,
Rossigneul avait alors proposé d'aller coucher à Joinville, dans sa péniche, en remontant en bateau jusqu’au barrage, proposition originale, acceptée aves en thousiasme,
Nos quatre personnages arrivaient juste à temps pour porter secours à Mme Sollier.
Berthaut qui tenait les rames donna une poussée vigoureuse, et le canot arriva avec la rapidité de ia foudre près des fiches auxquelles se cramponnait, à bout de torces, la malheureuse Véroni.
que,
La Marie était plus morte que vive,
—Courage ! courage ! Nous voici cria de nouveau le Manchot, tandis que bien tablement l’aveugie ropébait :
—À moi Magloire ! |
Berthaut lâcha les avirons et s’accro.
cha à une des fiches,
Rossiguenl, se penchant sur les bor:is du canot, avait saisi le bras de Mme
—Peses sur l’autre bord pour maine tenir l'équilibre | commanda.t-11 à Ma.
gloire et à sa femme. A moi, Berthaut,
L'inspecteur lâcha la fiche ec vint done ner à Rosigueul le coup de main de.
mandé,
Il était temps,
Véronique venait de perdre connais.
sance,
Les deux hommes la hissèrent à bord, n0n sans peine, et l’étendirent au tond du canot où elle resta inerte, évanouie,
Bérthaut reprit les rames et remit d’aplomb l’embarcation.
— Qu'est-ce que cela siguitie ? se de.
manda-t-il... Qu'est-ce qui vient de 8e passer ?
Mag:oire s'était mis à genoux auprès de l’aveugle et lui soulevait la tête.
—Pour sûr ce n'est pas Mme Nollier qui s’est jetée à l’eau volontairement...
dit-il... He n’a pu sortir toute seule de l’endroic où eile etait pour venir jus.
que là... Et la petite Marthe, ia pauvre cherie, qu’est-elle devenue ÿ Pour sûr il y à uu crime |
— Voyons, voyons, répliqua Rossigneul il ne faut pas s'emballer,..Pensons d'a.
bord à ce qu'on va taire de cette pauvre iemme, ie
—Éiie n’est pas morte au moins ? de.
manua la Marie,
— Non, non, évanouie seulement...
C'est à peine 81 elle a bu uue petite gouite...,..hames de manière à ga gner ia berge en amont, monsieur Ber.
thaut, s’il vous plaîc. Nous alions ia pore ter dans le chaies où elle devrait êcre en.
core, chez M, Savanne,
—Uhes M, Savanne, le juge d’instruce tion {À s’écria l'inspecteur de 1x sûreté stupéfait,
: —UVui.,
— Mais comment ça se fait.il ?
— Voici,
Si, en quelques mots, Magivire 6x.
pliqua Les mouts de la préseuce de l’a.
Lines Chez le magistrat avec sa petite-
ile,
—0Ob ! oh ! murmura la. pohcier, dé.
ner enaerrhonennnene poterie none
cidément il y a du louche;là.dedanr..… beaucoup delouche. .
Et il se mit à remer avec énergie
La pleine lune, levée depuis quelques instants déjà, éclairait les coteaux et les berges,
Magloire, interrogeant dn regard la côte du Parc Saint-Maur qu'il avait si souvent parcourue avec #0n orgue, reconnut, au sommet de la colline, les toits d’ardoise de la villa Savanne,
—À gauche, appuyez à gauche, mon.
sieur 7 out di dit-il au brave inc.
. pecteur....… atordes au petit ponton près du débarcsdère où vous voyez un canot amarré.
En quelques coups d’aviron Berthaut atteigvit le point désigné.
Roesigaeul, qui ne souffiait mot, mais qui réfléchiessit rérieusement à ce qui se pastait, sauta d’un bond sur l'ém.
bsrcadère.
Berthaut amarra l’embarcation.
On fit descendre la Marie, puis on souleva et on sortit le corps inanimé de Véronique qu’on étendit sur le gazon touffu bordant la contre-sllée,
Magloire, qui connaissait les lieux, s’approchs de la grille.
Elle éteit ouverte.
Le cœur serré perune argo'sse iräicible, le menchot courut au chalet dont la lune se levant à l'horizon éclairait Ja façade.
La.clef se trouvait à la serrure de la porte,
: Il ouvrit et il entra dans Ja chembre du rez.de.chaussée, ’
A deux reprises il appela Marthe,
Marthe ne pouvait lui À cam
Sur la cheminée, la veilleuse brélait
u k À la flamme de cette veilleuse, il al-
luma la bougie que la petite-fille avait étsinte avant de quitter le chalet avec sa d'mère, puis, retournent auprès de la gril'e il cria à Berthbaut et à Ros.
signeul :
—Apportez-la !...vite !
Les deux hommes prirent Véronique dens En À Les etla : ps ag 4
es suivait, en e à une
terreur folle. ’
Magloire les conduisit au premier étage en les éclairant,
Les vêtements de l'aveugle ruisselaient,. +
On la déshabills et on la coucha.
Elle continuait à'ne donner a’autre si.
gne de vie qu'une respiration très fai.
ble soulevant sa poitrine.
—La petite fille n’est pas là 1— demanda Berthaut,
—Non,—répondit Magloire,
— Décidément toujours cela me paraît bigrement louche,
— C’est mon AViBooo06000.—9 PPUYA Rossigneul dont la physionomie intelligente était devenue sombre ;—il faut prévenir
M. Savanne de ce quise passe.— Qui est:.
ce qui s’en charge ?
—Moi,—fit Magloire— Je connais les aîtres,
Et, s’élançant hors du chalet, il gravit avec une agilité peu commune les allées rapides du petit parc.
Henri Savanne, nous le savons, était rentré juste au moment où Véronique entraînée par Marthe sortait.
Il avait dîné et passé la soirée chez son chef de clinique, recevant de lui toutes les indications qu'il devait strictement suivre pendant la nouvelle période du traitement préparatoire de l'a.
veugle,
pe fois dans son appartement, au lieu de se coucher, il s'était assis devant sa table de travail pour consulter quelques ouvrages des maîtres,
T1 faisait très chand.
Vou'ant se donner un peu d'air respirable, le jeune homme avait ouvert use de res fenêtres donnant sur le parc.
Soudain il fut interrompu dans sa lecture par un bruit lointain de voix,
T1 se mit à Ja fenêtre,
Les voix, affaiblies par la distance, semblaient venir du côté du chalet.
Un”peu sprès, il entendit des pas ra.
pides mwartelant le sable des allées et se rapprochant de l’habitation.
PA ra. à par ph ombre des ar e ge à gravir les degrés de terrasse,
—Qui valà demanda Henri très
ge ue. vagnement inquiet,
#, ne PA LL 8 manchot l'anian ltetlsss le à
tp dr a ant
PPS Cf nine are a ca ER F
ES nr
SsPe
vers la fenêtre éclairée : laquelle se trouvait le neveu du juge d'instruction,
— C'est moi... moi, Magloire... — r6.
pondit.il, — Venes,.. venez vite, monsieur Henri... on a commis un crime au chalet,
—Avertisses votre oncle... Véronique est morrante et Marthe a disparv..,
Henri frisonna.
— Attendes-moi,..— di],
Et il s’éloigna de la fenêtre qui ren.
tra dans l'obscurité.
Le jeure homme était descendu, et sans même frapper à la | entrait dans la chsmbre de Daniel,
Celui.ci dormait.
Il le réveilla,
— Que se passe-t.il donc ?—s'écria le
juge d'instruction, ve yant son visage ef.
ré.
Henii lui répéta ce que Magloire ve.
uait de lui apprendre,
En quelque secondes Daniel Savanne
ut bebillé et prét à suivre sen neveu.
Magloire les attendait, et pendant le trajet de Ja villa au bas du parc il leur explique brièvement ce que nos lecteurs savent déjà.
L'oncle et le neveu éprouvaient un sentiment de stupeur et de soufirance indicible,
—Un crime!..un crime ici !...—ré.
pétait le juge d’instruction. —Est-ce croyable 1 Hit.ce possible ?
Arrivés au chalet ils montèrent aussi.
tôt à la chambre de l’aveugle.
Celle.ci était toujours évanonie.
Henri lui prodiguases soins pour la ranimer tandis que Daniel regardait avec étonnement Berthaut et l’ancien inspecteur dela sûreté, qu'il connaissaient, dont il a | ce les mérites, et dont il regrettail a retraite anticipée.
Berthaut et Rossigneul p'antent leur présence en complètant le récit de Magloire,
—£t Marthe, la petite. fille de Véro. nique, qu’est-elle devenue ?— demanda le magistrat avec angoisse,
Ln grille donnent sur la berge était ouverte—j1épliqua le manchot ouvert ainsi le chalet. La maison était vide lorsque nous sommes entrés,
—%on Dieu...Mon Dieu que s'estil |
dor c passé ici ? — murmura Daniel dont l'angoisse grandissait,
— Véroniaue va vous répondre, mon oncle, = fit Henri. Elle revient èelle...
En cflet} grâce aux soins du jeune homme l’aveugle reprenait ses sens,
Elle entendit parler auprès d’elle,
— Marthe... Marthe es {u là 1— bal.
butia-t.elle d’ure voix faible.
— Meribe, n’est pass là,— répondit Hepri—Mais vos amis Y EONtooosrs, Magloire, sa femme, mon oncle, moi et d’autres encore.—Vous alles nous ADe prendrece qui s’est paré ici "de quelle tentative atominable vous avez été victime et quels en sont les auteurs Sr. Cela nous fera” peut-être deviner ce que marthe est devenue...
éronique s'était soulevée sur son lit, baletante,
—Marthe...fit.elle d’une voix pleine de sanglote... mais c'est elle qui m'a conduite...c’est elle qui m’a entrainée en me disant que vous m'attendiez, monsieur Henri...que vous alliez me
Uérirsosessse. J'ai marché longtemps tou fours guidée par Marthe qui me tenait a main.... Puis deux bras m'ont saisie soulevée, lancée dans le vide ; je suis tombée de très haut et j'ai senti l’eau glacée m’epgloutir..., J'ai cri au se.
cours,..J’ai entendu la voix de Magloire et jai perdu connaissance.
Une impression de profonde épou.
vante envahissait les âmes à mesure que parlait Mme Soliier,
Quand elle eut achevé Henri prit la parole,
—Des détails... des détails plus pré.
cie,—fit-1, —C'est. Marthe, dites-vous, qui vous a conduite hers de cette de.
meure ?
— Oui, c’est elle.
Et Vércnique raccnta !out ce qui s'était pasré depuis le mement où sa pee tite.fillk avait interrompu son rome
Daniel Savanne, hors de lui, s’écria :
— C'est épouvantable j...—I] me semble que je vois clair dans ce monst-nss— complot I—Les misérables qui ont AU,
171 EING OÙ 6f 8189 À
lu vous tuer sontles assassins de Ri. chard Vernière !...ils connaissaient qu’en vous rendant la vue ou vous don.
nât la possibilité de les 1ivrer à la justi.
<e 1— out oela s'enchaîine......tout cela s'explique !...—Mais Marthe, complice de ces scélérats, c’est inadmissible, c’est impossible 1 Jamais personne ne croi.
ra, que Marthe obéissait à ces hommes <n vous conduisant à l’endroit où vous deviez mourir |...
—Ceia est cependant... —balbutia l’a.
veugle en éclatant en sanglots, Pour.
Quoi l’enfant m’a-t.el'e menti ? Pour.
quoi n’est.elle pas ici ?
—Parce qu’on l’a fait disparaître, ré-.
pliqua le juge d’instruction, ….]l y a là un mystère qu’il faut é.
Cileoocsooe it ire..... et jour de Dieu ! nous l’éclaircirons |... On!
n’enlève pas une enfant comme Marthe sans qu’il soit possible de retrouver ses traces... On s’est servi d’elle.........à son insu, jen jurerais.....… pOur commettre un crime, mais on ne l':7ra pas tuée ensuite.
—Qui sait ?—murmura tt, — ces gens-là sont capables “+ :::, méme de tuer un enfant...
—Non | non !...--répliqua ! isgloire, —je ne veux pas l’admettre !.. 116 voix intérieure me dit que Marthe n’est pas morte et que’lle nous apprendra com.
ment elle est devenue, sans le savoir, complice d'un crime...
Rossigneul intervint.
Monsieur le juge d'instruction veut. il me permettre de lui adresser une observation ?—demandact.il,
—Faites, —répondit Daniel, — je sais que vous âtes de bon conseil, :
—E£h bien ! je suis de i’avis de Ma.
ire, — on n’a pu tuer l'enfant, et j'a- Jouterai, étant donnée l'heure où s'est commis le crime, que le coupable n’a pu quitter ce pays, qu’il devait habiter depuis quelque temps pour préparer mieux l’assassinat,et qu’ausritôt la cho.
se faite, ila emporté l'enfant dans sa demeure...
—Soit !—dit Berthaut,— mais, une fois ches lui, qui l’empêchera de la supprimer ?
—À ceia je ne puis répondre, ne sa-
chant rien. em re rit Rossigneul,—A monsieur le jage d'instruction, mainte.
nant, de pren
ner l'ordre de surveiller les es, de faire opérer des recherches tou.
tes les propriétés dont les locataires peuvent être suspects...
—Oui....Oui..—appuya Magloire, — il faut chercher partout !...—Si Marthe est enfermée dans une des maisons du Paro, si on le retient prisonnière m sa volonté, je saurai bien, moi lui comprendre qu’on la cherche...lui faire entendre un signal auquel elle pourra répondre |! Je saurai bien la délivrer, la chérie !
Brisée, anéantie, Véronique venait de s’évanouir de nouveau,
—Silence !...commanda Henri—lais.
sez-moi seul veiller sur la pauvre fem.
me...—Après ce nouvel évanouissement le sommeil viendra.
Tout le monde à l'exception d'Henri quitta la chambre de Mme Sollier et sortit du chalet,
—Marte......dit alors Magloire à 8a femme.....tu ne peux pas rester debout jusqu’au jour... L'ami Rossignoul va te conduire chez lui et te donner une chambre......Demain matin tu prendras le premier train et tu retourneras à Saint-Ouen... Moi, je demeure
—Surtout, pas un mot de ce qui s’est passé cette nuit !........fit Daniel Savan.
De,,.j0 VOUS le recommande...
signeul...je vous en prie, madame Ma.
gloire.
—Pas un mot, répondit l’ancien ins.
pecteur de la sûreté.
—Pas un mot, répéta la Marie,
—Vous, Berthaut, je vous garde,
—À vos ordres, monsieur le juge d'instruction,
Un accompagna Rossigneul et la Marie jusqu’au canot, et lorsqu'ils fu.
rent embarbués M. Sevanne, suivi de Magloire et de Berthaut, prit le chemin de la villa où Ils entrèrent tous les trois,
Le magistrat était maintenant très calme,
Il donna des ordres écrits à Barthant ét au manchot,
ses mesures, de don. |
Une demi-heure plus tard, ils quit.
- taient l’un et l’eutre la villa, et pre.
aaient des directions diftérentes.
Daniel pu seul dans son cabinet, ré-
Ses soupçons pour le double crimequi venait de se commettre ne uvaient s'arrêter que sur les assassins e Richard Vernière,
Qui donc, excepté eux, auraient eu in.
térêt à la mort de l’ex-gardienne de l’u.
sine de Saint-Ouen.
Mais quels étaient.ils, ces misérables ra tout ce qui se passait chez
ui
Et le juge d’instruction se creusait
ement le cerveau pour trouver le mot de l'énigme.
Cinq heures sonnaient au moment où Magloire revint à la villa, suivi du com.
ire de police de Joinville et des brigadiers de gendarmerie de Saint.
Maur, de la Varenne, de Champigny et de Joinville,
Un certein nombre de gendarmes et de gardiensde la paix les escortaient et prirent place sur la terrasse de l’ha.
bitation.
Quelques instants après, le chef de la sûreté, accompagné de Berthaut et de plusieurs agents, se présentait à la grille qui lui fut ouverte aussitôt,
Tous les chefs de service se réunirent dans le cabinet du magistrat,
Celui-ci leur expliqua pourquoi il les avait mandés. à
Le chef de la sûreté prit alors la di.
rection des surveillances qui devaient être établies dans le Parc.Saint-Maur et
8 les gares de toutes les localités voisines, F
Gendarmes, gardiens de la paix et a.
g&ents de police eurent leurs postes désignés, auxquels chacun d'eux se hâta de se rendre,
Le chef de la sûreté et le commissaire de Joinville devaient rester. en perma.
nence à la villa Savanxs où tous les rap-
Le premier train de la Signe de Brie.
Varenne.
Saint-Hilaire à 4h. 49, à Champnionv à
$h, 54, au Parc à 4h, 58, à Joinville à 5h, 6,
Il arrivait à Paris à cinq heures
trente-cinq minutes, , 0’Brien s'était levé dès l’aube, ayant à peine dormi,
t intention était de prendre le
premier train stoppant à ja gare de hampigny.
Après s'être fait une tête Douvelie et Avoir Pris un costume sous laquel il 6.
tait ‘ible de le reconnaître, il se
pur - ; partir, ependant, avant de quitter la villa des Marronniers, il descendit au sous.
ip où il avait enfermé la petite Mar.
L'enfant dormait toujours, mais d’un sommeil singulièrement agité.
i, ses paupières entou.
rées d’un pl ju bistre, offraiess les
indices d’une grande fatigue,
Le magnétiseur s’approcha d'elle à Pas lents, et très légèrement, comme il avait fait la veille dans le chalet de la jui Savaune, il lui posa un boigt sur le ront,
La respiration devint régulière.
Pendant quelques secondes 0’Brien maintint son doigt en Contact avec l’6.
piderme brülent ps fièvre,
—Dormez / dit-il en même temps,
Aussitôt un calme profond remplaça legiation de la petite fille.
douple tour la porte du SOUs-s0], quitta la villa et se dirigea vers la gare de Cham pigoy. ;
Le train allait Passer,
Il prit un biliet simple pour Paris et quelques instants après il était en route.
; gredin se disait avec une joie in.
ense :
—Ce n’est gnère avant neuf heures
truction ne transmettera aucun ordre à préfecture... C'es, seulement
demain lundi que les agents seront en.
voyéés dans toutes les directions pour chercher là piste de Véronique ct de Marthe, —Or, lundi, je en Suisse d'ou je gagnerai directement l'Italie.
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SCIENCES rs" Corporation
re
Il rrriva à Paris de trop binne heure, pour pa pes à aller trouver immédiatemont Robert Vernière, sl Diailleurs il n'avait point l’intentiant de serendre à Neuilly, dècidé à pren.
dre toutes les précautions possible aa fem trace de son passage ns put
:rélevés, n'imperte où par la police.
ee Par dépêche il assignerait un rendes.
vous à Robert, et il était bien sûr que le £tätrioile-évourait lui apporter son ergents à 160 -VS6ulétiént il fallait attendre l'ouver.
hi des bureaux de poste.
FAOBtiét entré déta un café de la place de la Bâsüfie‘ét'te fit servir une tas.
sé:v # choco e
auèci
Ayant absorbé ce’dëjgnner sommaire, “rétriges ‘vérs là fre du P..M.-.M.
tPl sé rerise sur hhôures de dé.,
art di tés poût la Suisse
\1 Fe pour l'Italie,
it l'a neuf heures du 8i e08D 61119 &i à: À
; Dhedss Ai! cofitendit 'iiérveille ; mais ii ne voulait pas revenir à Paris prendre 6e train:-Lh''dgmétida si RE TS e ’ar-
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