‹ La fille de Louis XVIChapitre 4 sur 11 · V.-M.-H. Hutin-Hue · texte numérisé non relu

V.-M.-H. Hutin-Hue

7 messidor an III de la République française (25 juin 179a1).

En trois jours Mme Hue réitéra quatre fois sa requête : la dernière de ses lettres a également été conservée :

Au Cen Bergoing, président du Comité de Sûreté générale,

Je viens pour la quatrième fois vous demander réponse à l'adresse que j'ai présentée au Comité pour être placée auprès de Marie-Thérèse-Charlotte Bourbon. Je sens que beaucoup d'affaires peuvent vous empêcher de vous occuper de ma pétition ; mais mon impatience redouble par le retard et par l'idée accablante que cette jeune et malheureuse personne languit, de plus en plus, par le défaut des soins et des consolations qu'elle recevrait d'une personne qui serait admise à partager et à soulager sa solitude et ses malheurs.

Salut et fraternité.

Hue.

Décadi, 10 messidor, l'an III de la République française (28 juin 1795) *.

1 Souvenirs du baron Hue publiés par le baron de Maricourt, son anière-petit-fils. page 193.

* Ibid., p. 194.

La demande de Mme Hue resta sans réponse; le Comité, — bien renseigné d'ailleurs, — savait que son mari, après avoir vécu, à la prison du Luxembourg, les mois de la Terreur, s'était mis, aussitôt libre, en relations avec le prétendant, alors réfugié à Vérone, et était, à Paris, l'un des agents du roi exilé. Or, c'était un parti pris d'éloigner de la jeune princesse tous ceux qui, de près ou de loin, touchaient à la politique ou qui pouvaient servir d'intermédiaires entre elle et son oncle.

Deux autres lettres parvinrent au Comité, presque en même temps que celle de Mme Hue : la première était de Mme Freminville, une ancienne femme de chambre de Madame Royale.

Aux représentants composant le Comité du Sûreté générale.

Citoyens représentans,

Attachée depuis sa naissance à la fille de Louis Capet, uniquement occupée d'abord des soins de son enfance, puisdeson éducation. j'ai vécudansla retraite au milieu du monde, quoique très jeune alors, partageant tout mon temps entre elle et mes trois filles. Je vous demande avec confiance une permission de voir cette jeune personne persuadée qu'on peut citendre d'un gouvernement juste tous les adoucissements au malheur, et sûre que ce sera une grande consolation pour elle que de revoir une personne qui, tendrement attachée à elle, le sent encore plus depuis se 3 malheurs. Si ma demande ne vous paroissoit pas susceptible d'âtre accordée en ce moment, j'aurois toujours eu la satisfaction de profiter de la liberté de

manifester des sentimens d'une généreuse sensibilité. Je vous prie d'observer que de toutes les personnes qui ont donné leurs soins à l'enfance et à la jeunesse de la fille de Louis Capet, aucune ne s'est trouvée comme moi par sa place et les circonstances dans le cas de ne la pas quitter pendant treize ans et par conséquent d'en être autant aimée.

Fhéminville,

rue de la Michaudière n°, 8\

La seconde lettre était signée de Mme de Mackau, naguère gouvernante de la jeune princesse dont elle n'avait été séparée qu'au matin du 10 août 1792, alors que l'émeute grondait autour des Tuileries. Mme de Makau était fort âgée : après avoir été emprisonnée, elle s'était réfugiée, avec sa fille, Mme de Soucy, à Vitry-sur-Seine ; c'est de là qu'elle adressa cette lettre touchante au Comité de Sûreté générale.

La Citoyenne Mackau aux représentants du peuple composant le Comité de Sûreté générale.

Citoyens,

Tant que la destinée des Enfants retenus au Temple étoit liée à la Politique, j'ay commandé le silence aux sentimens qu'inspirent les soins de l'Education; actuellement que la Convention paroit très disposée à adoucir le sort de l'Enfant qui reste, en mettant auprès d'elle des personnes capables de contribuer à sa consolation, je crois devoir mettre sous les yeux

1 Archives nationales F7 4392. Pièce n° 28, citée par Beauchesne.

du Comité les titres que j'ay près d'elle; je l'ai élevée depuis le moment de sa naissance; vers l'âge de sept ans, elle a été confiée particulièrement à moi et à ma belle-sœur la Citoyenne Soucy, pour sa première éducation l'une et l'autre en qualité de sousgouvernante; mais au commencement de 1789, elle m'a été remise entre les mains uniquement; sous Tunique dépendance des auteurs de ses jours, et n'ayant de compte à rendre qu'à eux, de tout ce qui intéressoit son éducation, sa santé, et ne la quittant pas d'un moment, ce qui a duré jusqu'au 10 aoust, époque de notre séparation. J'ose croire que personne n'est plus sûre des vœux de l'Orpheline pour notre réunion, d'après l'attachement que mes soins et ma tendresse lui avoient inspiré pour moi; et plus à même de répondre par ce sentiment aux vœux de l'humanité à son égard; plus fondée aussi à inspirer confiance, par une conduite et une résignation qui ne s'est point démentie un seul instant au milieu de Tindigence où j'ai été réduite, et des dangers que j'ay courus, laquelle conduite m'a mérité (j'ay lieu de le croire) les égards même des Comités révolutionnaires.

Laissée à Paris lors du voyage de Varennes (que j'ignorois parfoitement) et au moment d'être massacrée à cette époque, je n'ai due la vie, qu'au zèle et à l'activité de la garde nationale du quartier Saint- Jacques où je m'élois retirée ; exposée aux mêmes dangers le 3 septembre à la Force, où j'ai été jugée et sauvée par le peuple, il ne manque à ma vie, que de consacrer encore, mes derniers instants, à une

enfant qui a été le principe, et la cause innocente, de mes maux et de mes pertes. J'ay été fort incommodée, mais j'espère être en état sous peu de jours daller savoir la réponse et les ordres du Comité. Salut et fraternité.

Veuve Mackau.

A Vitry-sur-Seine. 18 Messidor, l'an 3° de la République (6 juillet 1795) K

Plus favorisée que Mme Hue et Mm0 Fréminville, Mme de Mackau obtint l'autorisation de rendre visite à la princesse qu'elle avait élevée : elle dut se présenter au Temple au commencement de septembre 1795, car un journal de Paris, le Messager du Soir, manifestement bien informé de ce qui se passe à la tour, publie, dans son numéro daté du 17, ce joli tableau de l'entrevue de Marie-Thérèse avec son ancienne gouvernante :

La fille de Louis XVI a reçu Mme de Mackau, avec qui elle a passé une partie de la journée. Cette dame, déjà avancée en âge et dont une détention très longue a considérablement altéré la santé, paraissait souffrante et avait de la peine à se soutenir. La fille de Louis XVI prit son bras, qu'elle passa dans le sien, et l'aida ainsi à marcher. Mme de Mackau avait à la main un grand chapeau blanc : elle voulait s'en servir pour se garantir du soleil, qui l'incommodait beaucoup; la fille de Louis XVI, s emparant alors de ce chapeau, l'éleva en l'air de la main qu'elle avait de libre et le tint en opposition du soleil, afin que

1 Archives nationales, F7 4392. Pièce n° 26. Citée par Beauchesne.

Mme de Mackau n'en souffrît pas. Depuis que cette jeune infortunée a la liberté de quitter la tourelle, elle se promène ordinairement dans le jardin, depuis cinq heures jusqu'au soir. Mme de Mackau devait ne s'en aller qu'à sept heures; mais s'étant sentie indisposée, elle ne put rester au grand air; la charmante prisonnière alla se renfermer avec elle dans la tour pour lui faire société et lui donner tous les soins qui pouvaient dépendre d'elle. C'était la première fois que Marie-Thérèse-Charlotte de Bourbon voyait Mme de Mackau depuis trois ans, un mois et un jour1.

Si la visite, on le voit, fut agréable à la prisonnière, elle le parut moins, sans doute, à Mme de Ghanterenne : que s'était-il passé? Mmede Mackau avait-elle commis quelque indiscrétion et prononcé un mot de nature à atténuer l'espoir obstiné que Madame Royale conservait encore touchant la survie de son frère? Ne faut-il voir, au contraire, dans la lettre qu'on va lire, que l'irritation d'une femme dont l'influence se sent amoindrie de la rencontre de sa pupille avec les nobles femmes qui ont entouré son enfance? Ce qu'on peut assurer, c'est que cette sorte de relations inquiétait Mme de Chanterenne : elle écrivit en ces termes au Comité de Sûreté :

Au Temple, le 6° jour supplémentaire, l'an 3e de la République

(12 septembre 1795).

Citoyens Représentans.

Marie-Thérèse-Charlotlearcçulacitoyenne Mackau,

1 Messager du Soir du 1"r jour complémentaire de l'an III, 47 septembre 1795. Cité par Aulanl. Reaction thermidorienne II, p. 243.

admise auprès d'Elle d'après la permission du Comité, avec les démonstrations de la joie la plus vive; celle que cette estimable femme a témoigné de son côté ne laisse pas d'équivoque sur son tendre attachement pour son intéressante Elève. Cette jeune détenue paroit sensible, Citoyens Représentans, aux adoucissemens qu'on apporte à sa situation, par la facilité qui lui est procurée de voir et d'entretenir des personnes qui lui sont chères; son cœur est maintenant satisfait à cet égard, elle m'en a fait l'aveu, en m'assurant que la présence de toute autre personne que celles qu'elle voit lui seroit à peu près indifférente. Je pense donc qu'il seroit à propos d'éviter de renouveller sans objet l'occasion de ces scènes d'attendrissement qui pourraient nuire à la santé de Marie- Thérèse, ou tout au moins produire le fâcheux effet de détruire peu à peu le calme et la sérénité que mes soins avaient obtenu de sa raison et de son courage. Je m'en rapporte néanmoins, Citoyens Représentans, à votre sagesse pour prendre ou non en considération cette simple réflexion que d'après mes propres et particulières observations j'ai cru devoir vous présenter ; je ne doute pas que votre décision ne soit conforme aux vues de bienfaisance et d'humanité qui vous dirigent et dont Marie-Thérèse-Charlotte est bien digne d'être l'objet; je ne me lasse pas de vous répéter que cette jeune infortunée désire vivement la fin de sa captivité dont les bontés du Gouvernement semblent lui permettre l'espoir ; son affection pour moi répond toujours au tendre intérest que j'ai pour elle et

qu'il est difficile de ne pas éprouver lorsqu'on la

connoit.

Salut et fraternité.

Hillaire Chanterenne1.

Cette lettre captieuse ne visait pas seulement M*e de Mackau, mais aussi M- de Tourzel; car la ci-devant gouvernante des enfants de France avait également réussi, après bien des démarches, à pénétrer au Temple \

Mme de Tourzel ainsi que sa fille Pauline, du même âge crue Madame Royale, connaissaient la tonnelles y avaient séjourné, avec la famille de Louis XVI, dnrant les premiers jours de la captivité et n'en étaient sorties que pour être écrouées à la Force. Depuis lors toutes deux avaient passé bien des mois dans les prisons de Port-Libre et des Bénédictins anglais, an faubourg Saint-Victor, puis e les s'étaient cachées dans un taudis, à Vinceanes, ou elles vécurent pendant quelque temps.

Quand elle obtint enfin l'autorisation de voir 1a jeune princesse, - c'était dans les premiers jours de septembre 17953 Mme de Tourzel s'informa auprès d'un membre du Comité de Sûreté générale « si Madame avait connaissance de toutes les pertes qu'elle avait faites ». Le Conven-

• Archives nationales. F7 4392. Pièce n° 3.

* M- de Tourzel a raconté ces démarches par le détail, dans ses Mémoires. T. Il, P- 311.

» M- de Tourzel ne donne pas la date de sa première entrent avec la princesse ; mais en parlant de la lettre que Madame Royale ^vit\Tn oncle, elle no/e : Cette lettre fut écnte e W« du jour où je la vis pour la première fors Or, la lettre es ; ttaw* du ïô septembre. Néanmoins M- la princesse de Bearn (Pauline 'I ou Z l 'dans ses Souvenirs de Quarante ans, prôeise que, lors de t seZdeLte au elle fit arec sa mère au Temple. ***** JHfi mie lettre, - lettre qu'on trouvera après, - évidemment ecnte !e jour même et celle-ci porte la date du 6 septembre.

tionnel répliqua qu'il n'en savait rien. En arrivant à la prison, Mnie de Tourzel, après avoir présenté à Lasne et à Gomin son autorisation, demanda à voir en particulier Mme de Chanterenne. Celle-ci assura « que Madame était instruite de tous ses malheurs ». Malgré cette afïirmation catégorique, il ressort du texte même des Mémoires de Mme de Tourzel et plus encore de celui des Souvenirs de Quarante ans. écrits sous la dictée de Pauline, que, ni la mère ni la fille ne considéraient à cette époque le décès du dauphin comme un fait avéré. Huit jours avant que fût répandu dans Paris le bruit de la mort du jeune prince, Mme de Tourzel avait, en effet, appris de Hue, toujours en relations secrètes avec les prisonniers, que l'enfant était très bien portant1. La nouvelle avait donc étrangement surpris et ému l'ancienne gouvernante ; mais elle conservait « quelques doutes sur sa réalité2 »; de si grands doutes, que, au Temple même, elle tenta, en feuilletant le registre journal de la prison, d'acquérir, sur ce point, une certitude !. Ce fait a été maintes fois signalé et il est inutile d'y revenir.

1 Mémoires de Mme de Tourzel,. II, 311.

■ Idem, p. 328.

3 Madame me dit : « Si vous aviez la curiosité de feuilleter le registre qui est sur cette table, vous y verriez le compte rendu par les commissaires depuis notre entrée au Temple. Je ne me fis pas prier et je me mis sur-le-champ à feuilleter et à examiner ce registre, Je m'attachai d'abord à examiner ce qui regardait notre jeune roi. J'y vis tous les progrès de sa maladie, les détails de ses derniers moments et même ceux qui concernaient sa sépulture. Quand j'eus fini cette triste lecture et que je commençais à reprendre ce qui concernait la famille royale, Gomin entra dans la bibliothèque, et. me voyant le registre entre les mains, il s'emporta violemment, me reprocha très aigrement l'imprudence de ma conduite et me menaça de B'eu plaindre. Madame, avec sa bonté ordinaire, s'avoua coupable de m'a\oir donné le registre, et lui dit qu'il lui ferait de la peine de pousser les choses plus loin. La peur de se compromettre lui tournait la tête, et il appela son confrère Lasne pour savoir s'il

Ce qui semble plus probant, c'est le soin que prit dans ses Souvenirs, Pauline de Tourzel, qui accompagna fidèlement sa mère dans ses visites au Temple, de ne point, une seule fois, faire allusion à la mort du jeune prince, non plus qu'à la conviction qu'en aurait eue Madame Royale. — « Auguste et malheureux enfant, écrit-elle, quelle devait être sa destinée1... Le premier usage que nous fîmes de notre liberté fut... de porter à Madame quelques consolations. Elle était seule : le Roi, la Reine, Madame Elisabeth, tout avait péri autour d'elle, tout avait disparu2... Nous ne savions pas, en nous rendant au Temple, si Madame connaissait toutes les pertes qu'elle avait faites... Étions-nous destinées à lui apprendre qu'après avoir perdu son père, elle avait aussi perdu la reine, sa mère et Madame Elisabeth*?... Madame nous parla aussi du jeune roi, son frère, et des mauvais traitements qu'il subissait journellement4... » Rien de plus. Il faut conclure, de ces réticences, que ni Mme de Chanterenne, ni Mme de Mackau, ni Lasne, ni Gomin, ni Mme de Tourzel, ni Pauline, sa fille, n'avaient fourni à Madame Royale de témoignages décisifs sur la mort de son frère.

pouvait accéder à ce que Madame désirait. Lasne lui conseilla de ne rien faire qui pût lui faire de la peine, et de se contenter de me faire promettre de ne dire à personne que j'avais vu le registre et rien de ce qu'il pouvait contenir, etc. »...

Sans insister sur l'inquiétude du pusillanime Gomin, il faut faire remarquer qu'il eût été bien singulier que Mme de Tourzel découvrît dans un registre officiel autre chose que des constatations officielles. Il reste acquis que, même après plusieurs visites à Madame, l'ancienne gouvernante n'était pas certaine de la mort du dauphin, et qur. par conséquent, elle n'avait pas trouvé la princesse instruite de Ions ses malheurs.

* Souvenirs de Quarante ans, p. 238.

1 Idem, p. 245.

3 Idem, p. 246.

* Souvenirs de Quarante ans, p. 246.

et qu'elle se berçait encore d'espérances, — d'ailleurs imaginaires, peut-être.

Combien devaient être tragiques, pourtant, ces entretiens : Marie-Thérèse ne savait rien de la Révolution ; presque tous ceux qui avaient entouré sa famille, à Versailles et aux Tuileries, tous ceux dont les noms jadis lui étaient familiers, avaient disparu. Un tel? On ne sait pas. Et celui-ci? Mort sur l'échafaud. Et cet autre? Massacré. Elle apprit ainsi en quelques heures de conversation tant de catastrophes et de ruines qu'elle en amassa pour toute sa vie une provision d'horreur et d'épouvante. De là, sans nul doute, date la répulsion que, plus tard, elle ne pourra vaincre pour tout ce qui lui rappellera la sanglante époque. Elle s'était intéressée, dès les premiers jours, au sort dune de ses compagnes d'enfance, Mlle Lambriquet, fille d'un serviteur de la Famille royale, naguère attaché à la maison de Monsieur*. On se renseigna : Lambriquet avait été guillotiné ; sa fille avait disparu : on ne pouvait pas découvrir sa retraite2.

Par contre, Madame retrouva une de ses anciennes femmes de service, Mme Varennes, et sa nourrice, Mme Laurent3. Elle eut aussi à subir les assiduités d'un person-

1 Jean Lambriquet, « valet de chambre de la ci-devant cour de Capet et du ci-devant Monsieur », compris dans la fournée du 14 juillet 1794 (25 messidor an II). V. Wallon. Tribunal révolutionnaire, V, p. 34.

* Archives du département des Affaires étrangères. Vienne, 3'64.

3 a J'ai été assez heureuse pour pouvoir donner à S. M. la Reine, pendant sa captivité et jusqu'à ses derniers moments des preuves démon entier dévouement... J'avais même sollicité du Conseil de la Commune la permission d'être enfermée au Temp'e avec S. A. R. Madame la duchesse d'Angoulême; mais cette grâce me fut refusée

nage étrange, la prétendue comtesse Stéphanie-Louise de Montcairzain, qui se disait sa cousine, étant née, certifiait-elle, des relations du prince de Conti avec la duchesse de Mazarin, sans qu'il lui fût possible d'établir, autrement que par des présomptions vagues, son auguste et irrégulière origine. De ces deux noms, Gonti-Mazarin, Stéphanie avait composé l'anagramme dont elle s'affublait : Montcairzain. Depuis 1787 elle avait fatigué de ses réclamations la Famille royale : elle prétendait que, le 9 août 1792, — un peu tard, — Louis XVI l'avait reconnue pour sa parente et promue surintendante de la maison de la reine, à la place de Mme de Lamballe. Les événements du lendemain avaient empêché le roi de contresigner cette nomination. Depuis lors, la comtesse de Montcairzain n'avait pas manqué une occasion de se réclamer du sang royal; elle eût bien voulu, pour prouver son illustre naissance, périr sur l'échafaud : cette faveur lui fut refusée ; mais, dès que s'ouvrirent les portes du Temple, elle fît valoir son cousinage et harcela les Comités jusqu'à ce que l'autorisation lui fût accordée de se rapprocher de son infortunée parente. Le récit que cette aventurière a laissé de ses entrevues avec la fille de Louis XVI fournit de précieux détails et vaut, à ce titre, d'être cité intégralement :

(V. le Journal de Paris du 27 janvier 1793). » Archives nationales 0:<5il. Après le 8 juin 1795, M,u0 Laurent obtint la permission d'entrer au Temple. Mémoires historiques sur Marie-Thérèse-Charlolte de France, publiés par J.-M. Gazier. A l'époque de la Restauration, Mmo Laurent habitait 20, rue du Faubourg-Poissonnière; elle sollicita un emploi dans la maison du roi pour son futur gendre, M. de ftfonforand, lils d'un capitaine au régiment de Conti-Dragons, et petit-fils de M. Rouhette, bâtonnier des avocats au Parlement de Paris. Archives nationales, 03621.

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