SCÈNE Vin larîvaudière, louchard
larîvaudière.
Ehî ebî nous effarouchons des tourtereaux
LOUCHARD, regardant à gauche.
Mais cet homme qui se sauve c'est lui!...
Qui? lui?
LOUCHARD
Celui dont nous parlions, Ange Pitou .
larîvaudière.
Le chansonnier réactionnaire?
LOUCHARD
Lui-même, j'en suis sûr!
LARIVAUDIERE.
Ainsi, Ton ne m'avait pas trompé, il est libre!,..
LOUCHARD
Que voulez-vous?... cela tient du prodige!.. Nous avons
beauTarrôler, lo conduire au bureau central, le i rainer devant 1' s juges, le claquemurer dans un cachot; il se moque de tout cela, les juges l'acquittent ou son cachot s'ouvre; je crois que cet homme est le diable!
LARIVAUDIÈRE.
Oui, le diable ; et il est libre, c'est grave, c'est très-grave.
LOLCHARD.
Pourquoi faire à ses chansons l'honneur de si fort les écouter?
LARIVAUDIÈRE.
D'abord, parce qu'elles sont très-dangereuse. Chansonnier rractionnaire et nomade, il ameute contre le Directoire toute la populace des halles et-des carrefours. Mais ce n'est pas ça qui m'inquiète, j'ai su par un de mes valets que j'avais chargé de le faire parler qu'il est intruii de mes relations avec mademoiselle Lange.
LOUCHARD
Comment il saurait?
LARIVAUDIÈRE.
Ne me disais-tu pas que c'était le diable? Et comprends-tu ce qu'une chanson faite par lui en ce moment sur mes amours avec la favorite de Barras pourrait amonceler d'orages sur ma tête!
LOUCHARD
Diable ! diable ! diable 1
LARIVAUDIÈRE.
Mon projet était d'alier le voir dans son cachot au Petit- Chatelel, j'avais même trouvé un moyen de lui donner le change.
LOUCHARD
Ah vous aviez trouvé
LARIVAUDIÈRE.
Tu sais que j'ai pour rival et compétiteur dans mes entreprises financières cet imbécile de Lavaujon? C'était sur lui que je voulais faire tomber les soupçons de cet Ange Pitou.
LOUCHARD
Eh ! mais...
LARIVAUDIÈRE.
Ail besoin môme, j'aurais payé son silence, mais à présent
LOUCHARD
Ma foi, l'occasion vous sert à merveille, Ange Pitou revient de ce côté.