SCÈNE IX ANGE PITOU, LARIVAUDIÈRE
ANGE PITOU, entrant au pioment où sort Loucliard.
Enfin, ils se séparent I
LARIVAUDIÈRE, à part.
Diable, comment entamer ?...
ANGE PITOU, à part.
Eh bien! est-ce que celui-là ne va pas s'en aller?
LARIVAUDIÈRE, à part.
Bah! avec de l'or! (Allant à lui.) N'est-ce pas au chansonnier populaire, au célèbre Ange Pitou, que j'ai l'honneur
ANGE PITOU
Oui, citoyen,
LARIVAUDIÈRE, souriant.
Recevez mes félicilations. [J'estime fort votre talent et je partage vos convictions.
Ah! Et OÙ prenez-vous mes convictions?
LARIVAUDIÈRE.
Dans vos chansons !
ANGE PITOU
Pcuh!
LARIVAUDIÈRE.
Elles sont admirables !
ANGE PITOU
Grand merci!
LARIVAUDIÈRE.
Se moquer des ridicules, signaler les abus, flétrir les intrigants, c'est bien, c'est beau, c'est brave; et tenez, à ce propos j'ai peul-ctre à vous donner un sujet de chanson.
ANGE PITOU
Ça ne m'étonne pas. De nos jours l'inlrigue donne beaucoup de sujets.
LARIVAUDIÈRE.
Vous avez entendu parler des nouvelles amours de la favorite avec le financier Lavaujon.
ANGE PITOU
Vous croyez ?
Je connais toute celle intrigue, et si vous voulez faire une chanson là-dessus...
NGE PITOU
Elle est faite.
LARIVAUDIÈRE.
Déjà?
ANGE PITOU
Il y a trois jours, avant ma dernière arrestation, je comptais même sur elle pour me faire arrêter de nouveau.
LARIVAUDIÈRE. '
Ah bah ! déjà faite !
ANGE PITOU
Par exemple, nous ne sommes pas du tout d'accord...
LARIVAUDIÈRE.
Comment?
ANGE PITOU
Vous accusez de cette intrigue cet imbécile de LavaujoUj et moi j'en accuse ce coquin de Larivaudière!
LARIVAUDIÈRE.
Hein ! vous osez dire?..
ANGE PITOU
Oh! je suis bien renseigné. Mademoiselle Lange, la comédienne du théâtre Feydeau, est pour l'instant la favorite