ACTE DEUXIÈME
MADEMOISELLE LÂNGB.
Est-ce possible ?
Ah ! par exemple !
MADEMOISELLE LANGE
G'esl toi, toi qui me chansonnes sur la place publique ?
CLAIRETTE
Moi ?
MADEMOISELLE LANGE
N'as-tu pas été arrêtée pour avoir chanté ?
CLAIRETTE
Si; mais la chanson ne parlait pas de toi !
MADEMOISELLE LANGE
Elle ne parlait pas de mademoiselle Lange ?
CLAIRETTE
Lange, c'est donc toi?
MADEMOISELLE LANGE
Cette surprise!
CLAIRETTE
A la pension, tu t'appelais Henriette Jolivar.
MADEMOISELLE LANGE
J'ai changé tout cela... Lange est mon nom de théâtre... mais, ma chère Clairette, pourquoi chantais-lu en pleine rue une chanson séditieuse, et en toilette de mariée encore ?
CLAIRETTE
Ah ! c'est toute une histoire 1 On voulait me marier maigre moi.
MADEMOISELLE LANGB,
Avec Pomponnet?
CLAIRETTE
Tu le connais?
MADEMOISELLE LANGB.
C'est mon perruquier.
CLAIRETTB.
Ahbahl
52 LA FILLE DE MADAiME ANGOT
MADEMOISELLE LANGE
Continue.
CLAIRETTE
Or, je ne pouvais ni '.'('poiiser, ni le refuser.
MADEMOISELLE LANGE
Ni le refuser ?
CLAIRETTE
D'abord, parce qu'un beau jeune homme que je crois préférer...
MADEMOISELLE LANGE
Que tu crois?
CLAIRETTE
Que je préfère, si lu veux.
Oui... je comprends mieux.
CLAIRKTTE.
Eh bien, ce beau jeune homme m'avait juré de se tuer si je me mariais.
MADEMOISELLE LANGE
Et tu as cru cela, enfant ?
CLAIRETTE
Oh ! si tu le connaissais!... H n'a peur de rien; et puis ce ce n'est pas tout... ce mariage m'était ordonné par ces braves gens de lahalic qui m'ont élevée.
MADEMOISELLE LANGE
Je me souviens Tes pères et tes mères, ils se portent bien.
CLAIRETTE
Pas mal, merci, enfin pour sortir d'embarras je n'ai trouvé uu'un moyen, c'est de me faire^ arrêter.
MADEMOISELLE LANGE
Ah! ah! en voilà une idée.
CLAIRETTE
Comme nous en avions à notre grande pension du faubourg iu Rouie.
MADEMOISELLE LANGE
Oui... à cette époque... nous pétions gaies, naïves, innocentes... jeparle pour moi.