‹ La fille de Madame AngotChapitre 47 sur 108 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Oh I la pension !

ENSEMBLE

La pension!

DUO

ENSEMBLE

Jours fortunes de noire enfance Où nous disions : mama:i, pipa, Jours de b *nhcar et d'innocence Ah ! que vous êtes loin déjà !

MADEMOISELLE LANGE

Te souvîens-lu quand tu m'as racon!(5

Ta position sans égale, ^ue j'ai bien vite» en cachette, acheté

Toute l'histoire de la halle.

CLAIRETTE

Et le cathéchisme poissard Qu'en nous retirant à l'écart, Avec innocence et cynisme Nous débitions à qui mieux mioux,

MADEMOISELLE LANGE

C'est même le seul cathéchisme Que nous sachions bien toutes deux !

ENSEMBLE

Jours fortunés, etc., etc.

MADEMOISELLE LANGE

Maintenant que je suis puissante, On fait des chansons conlrc moi

Et c'est, hélas ! moi qui les chante, C'est moi qui dis du mal de toi !

MADEMOISELLE LANGE

Je ne t'en veux pas, petite, Mais dans ce bienheureux temps,

Je t'aurais répondu, vite Sur le ton de tes parents:

(Les poings sur les hanches.)

Eh ! dis donc, Mam'zelle Trognon, - Si tu chantes sur ce ton Nom d'un nom, (bis) Je te crêpe le chignoa I...

CLAIRETTE

Et moi, je t'aurais répondu:

(Même jeu.)

Tiens, voyez donc c'te vertu Qu'a les bras et les jamb' nus, Est-c' que ça n'srait pas Vénus ' Qui viendrait d' sortir des eaux Pour effrayer les moineaux ?

ENSEMBLE

Ah! vraiment C'est charmant !

MADEMOISELLE LANGE

Ca vaut mieux, en vérité, Que rton de la bonne société.

Ah ! ah ! ah ! ah !

CLAIRETTE

Ah ! ah ! ah I ah !

ENSEMBLE

Jamais rien n'é^^alera Ah! ah! ah! ah! ah! ah! ah 1 ah !

Ce langage-là.

MADExMOISELLE LANGE.

Te souviens-tu de cetle circonstance Un journous apprîmes encor Que le père Angol était mort Trente mois avant ta naissance ?

CLAIRETTE

Et toi, te souviens-tu, ma chère, D'une histoire plus singulière ?

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