ACTE DEUXIÈME
Oh I la pension !
ENSEMBLE
La pension!
DUO
ENSEMBLE
Jours fortunes de noire enfance Où nous disions : mama:i, pipa, Jours de b *nhcar et d'innocence Ah ! que vous êtes loin déjà !
MADEMOISELLE LANGE
Te souvîens-lu quand tu m'as racon!(5
Ta position sans égale, ^ue j'ai bien vite» en cachette, acheté
Toute l'histoire de la halle.
CLAIRETTE
Et le cathéchisme poissard Qu'en nous retirant à l'écart, Avec innocence et cynisme Nous débitions à qui mieux mioux,
MADEMOISELLE LANGE
C'est même le seul cathéchisme Que nous sachions bien toutes deux !
ENSEMBLE
Jours fortunés, etc., etc.
MADEMOISELLE LANGE
Maintenant que je suis puissante, On fait des chansons conlrc moi
Et c'est, hélas ! moi qui les chante, C'est moi qui dis du mal de toi !
MADEMOISELLE LANGE
Je ne t'en veux pas, petite, Mais dans ce bienheureux temps,
Je t'aurais répondu, vite Sur le ton de tes parents:
(Les poings sur les hanches.)
Eh ! dis donc, Mam'zelle Trognon, - Si tu chantes sur ce ton Nom d'un nom, (bis) Je te crêpe le chignoa I...
CLAIRETTE
Et moi, je t'aurais répondu:
(Même jeu.)
Tiens, voyez donc c'te vertu Qu'a les bras et les jamb' nus, Est-c' que ça n'srait pas Vénus ' Qui viendrait d' sortir des eaux Pour effrayer les moineaux ?
ENSEMBLE
Ah! vraiment C'est charmant !
MADEMOISELLE LANGE
Ca vaut mieux, en vérité, Que rton de la bonne société.
Ah ! ah ! ah ! ah !
CLAIRETTE
Ah ! ah ! ah I ah !
ENSEMBLE
Jamais rien n'é^^alera Ah! ah! ah! ah! ah! ah! ah 1 ah !
Ce langage-là.
MADExMOISELLE LANGE.
Te souviens-tu de cetle circonstance Un journous apprîmes encor Que le père Angol était mort Trente mois avant ta naissance ?
CLAIRETTE
Et toi, te souviens-tu, ma chère, D'une histoire plus singulière ?