‹ La fille de Madame AngotChapitre 83 sur 108 · SCÈNE VU MADEMOISELLE LANGE, ANGE PITOU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU MADEMOISELLE LANGE, ANGE PITOU

MADEMOISELLE LANGE, en poissarde, le reconnaissant.

Ah ! ma foi... j'ai du bonheur.

ANGE PITOU

Elle!

MADEMOISELLE LANGE

Je craignais de me trouver seule dans un pareil endroit.

ANGE PITOU

Seule... vous avez doute?..

MADEMOISELLE LANGE

Non, mais ne vous apercevant pas sur la route, j'entrais ici un peu craintive; je suis exposée à tant d'intrigues, à tant de perfidies, et comme je ne connaissais pas votre écriture...

ANGE PITOU

Mon écriture.

MADEMOISELLE LANGE

Enfin, vous voilà... je suis rassurée. Eh bien! vous voyez, fai suivi de point en point vos instructions, que pensez-vous de mon costume ?

ANGE PITOU

11 e^l ravissant et vous rend mille fois plus jolie, mais je ne me l'explique pâ§»

MADEMOISELLE LANGE

Vous ne vous l'expliquez pas, quand c'est vous-même qui m'avez écrit de la mettre pour me rendre à ce rendezvous.

Moi !

MADEMOISELLE LANGE

Et je n'ai pas eu de peine à comprendre qu'en effet pour v'enir ici... Ah ! vous avez choisi un singulier endroit.

ANGE PITOU

Mais c'est vous qui l'avez choisi.

MADEMOISELLE LANGE

Moi!

ANGE PITOU

Dans ce charmant billet que je sais par cœur,

MADEMOISELLE LANGE

Un billet que je vous ai écrit, moi ?

ANGE PITOU

Vous en repentez-vous ?

MADEMOISELLE LANGE

Non, mais je serais curieuse de le connaître...

ANGE PITOU

Vous ne VOUS en souvenez plus! Oh ! alors, écouter' DUO.

ANGE PITOU, lisant, ^

Cher ennemi que je devrais haïr.

Que je devrais faire punir, Je dois vous l'avouer, car feindre est inutile Pour vous, mon faible cœur brûle d'un feu nouveau. A neuf heures ce soir, soyez à Bellevillp,

Au bal de Calypso ;

En m'y trouvant moi-même,

Oubliez nos abus,

Et ne haïssez plus,

La femme qui vous aime!

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