SCÈNE VU MADEMOISELLE LANGE, ANGE PITOU
MADEMOISELLE LANGE, en poissarde, le reconnaissant.
Ah ! ma foi... j'ai du bonheur.
ANGE PITOU
Elle!
MADEMOISELLE LANGE
Je craignais de me trouver seule dans un pareil endroit.
ANGE PITOU
Seule... vous avez doute?..
MADEMOISELLE LANGE
Non, mais ne vous apercevant pas sur la route, j'entrais ici un peu craintive; je suis exposée à tant d'intrigues, à tant de perfidies, et comme je ne connaissais pas votre écriture...
ANGE PITOU
Mon écriture.
MADEMOISELLE LANGE
Enfin, vous voilà... je suis rassurée. Eh bien! vous voyez, fai suivi de point en point vos instructions, que pensez-vous de mon costume ?
ANGE PITOU
11 e^l ravissant et vous rend mille fois plus jolie, mais je ne me l'explique pâ§»
MADEMOISELLE LANGE
Vous ne vous l'expliquez pas, quand c'est vous-même qui m'avez écrit de la mettre pour me rendre à ce rendezvous.
Moi !
MADEMOISELLE LANGE
Et je n'ai pas eu de peine à comprendre qu'en effet pour v'enir ici... Ah ! vous avez choisi un singulier endroit.
ANGE PITOU
Mais c'est vous qui l'avez choisi.
MADEMOISELLE LANGE
Moi!
ANGE PITOU
Dans ce charmant billet que je sais par cœur,
MADEMOISELLE LANGE
Un billet que je vous ai écrit, moi ?
ANGE PITOU
Vous en repentez-vous ?
MADEMOISELLE LANGE
Non, mais je serais curieuse de le connaître...
ANGE PITOU
Vous ne VOUS en souvenez plus! Oh ! alors, écouter' DUO.
ANGE PITOU, lisant, ^
Cher ennemi que je devrais haïr.
Que je devrais faire punir, Je dois vous l'avouer, car feindre est inutile Pour vous, mon faible cœur brûle d'un feu nouveau. A neuf heures ce soir, soyez à Bellevillp,
Au bal de Calypso ;
En m'y trouvant moi-même,
Oubliez nos abus,
Et ne haïssez plus,
La femme qui vous aime!